‹ La question des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 43 sur 84 · UNE RECULADE · texte numérisé non relu

UNE RECULADE

Nous publions dans une autre colonne, le texte du dernier arrêté en conseil concernant les écoles du Manitoba.

Avant d'apprécier cet important document, voyons d’abord ce qu'il contient.

Le gouvernement fédéral, se basant sur le jugement du plus haut tribunal de l'empire britannique, a adopté, le 21 mars dernier, ce qu’on est convenu d'appeler l’ordre remédiateur. C’est un ordre enjoignant à la législature de Manitoba de rendre justice à la minorité catholique, en remettant celle-ci en pleine et entière possession des droits et privilèges qu'elle avait antérieurement au 1er mai 1890, en ce qui concerne l'éducation.

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La législature du Manitoba a répondu au gouvernement fédéral par un refus péremptoire et des plus insultants dans la forme.

Ce refus, aux yeux de la loi, faisait perdre au Manitoba sa juridiction dans la matière, pour la transmettre au parlement fédéral auquel incombait le devoir d'adopter une législation réparatrice basée sur les lignes mêmes de l'ordre remédiateur.,

Cela ne fut point fait parceque le gouvernement fédéral eut peur de présenter aux chambres le projet de loi qu’il avait préparé,

Le ministère Bowell, au lieu d'accomplir son devoir, recula devant le fanatisme ameuté, modifia sa politique, et fit, le 8 juillet dernier, cette triste déclaration qui amena la démission de nos trois ministres français de la province de Québec,

Tout était remis en cause, et on décidait la réouverture des négociations avec la législature du Manitoba,

Pendant trois jours nos ministres furent hors du cabinet, revendiquant l'honneur de la parole donnée, les droits des opprimés, la justice de la plus sainte des causes.

Ce furent trois jours de gloire.

Mais le fanatisme triompha,

Le gouvernement se reconstitua, et, le 24 juillet — c'estila Minerve du 30 juillet qui nous donne cette date — adopta l'arrêté en conseil qui fut définitivement approuvé le 27, et dont nous empruntons le texte à notrt confrère de la Vérité.

MM. Ouimet et Caron acceptent la responsabilité de cet arrêté ministériel, puisqu'ils l'ont approuvé, comme l'indique leur persistance à demeurer dans le cabinet.

Le point saillant de cette nouvelle déclaration, c’est l'affirmation solennelle donnée par le gouvernement d'Ottawa au gouvernement du Manitoba, que l’ordre remédiateur du 21 mars dernier ne veut pas dire......ce qu'il dit,

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La seule chance de salut pour la cause de la minorité opprimée, c'est le refus possible, probable même, que la législature manitobaine opposera à la capitulation sans honneur et sans profit du pouvoir fédéral,

L'échec que va subir le gouvernement dans ses malheureuses négociations avec le cabinet Greenway, ouvrira-t-il enfin les yeux à ceux qui voulaient bien sacrifier les droits de la minorité pour sauver leur propre position? Nous l’espérons encore, nous l’espérons toujours, puisqu'il nous faut espérer contre toute espérance. Mais nous demandons à tous les amis de la cause d'unir leurs efforts et de faire comprendre aux ministres qu'ils sont déjà allés trop loin dans la voie des cmpromissions, et qu’il est temps, plus que temps, de mettre leurs actes d'accord avec les solennelles promesses qu'ils nous font d’un bout du pays à l’autre,

Nous ne voulons pas être les dupes inconscients de ces promesses, qui ne peuvent être sincères, en face surtout du dernier arrêté ministériel. Nous voulons le triomphe de la justice et du droit, et c'est pour l'obtenir que nous dénonçons aujourd'hui à l’opinion publique ce que nous croyons être une malheureuse et condamnable tentative de sacrifier la question des écoles au fanatisme qui hurle et à l'intérêt qui calcule.

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