‹ La question des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 45 sur 84 · LE DEUXIÈME ARRÊTÉ MINISTÉRIEL · texte numérisé non relu

LE DEUXIÈME ARRÊTÉ MINISTÉRIEL

La publication du deuxième arrêté ministériel touchant les écoles du Manitoba, qui n’est rien autre chose que la révocation du fameux remedial order, est tombé comme un coup de massue sur le cabinet Bowell,

Sir Adolphe, qui était à Québec le jour où la Vérité a publié cet important document, en a perdu la tête, et il a cru, dans son étourdissement, que ce qu’il avait de mieux à faire dans la circonstance c'était d'en nier l’authenticité, et, de fait, il a nié, en présence de trois citoyens en vue, l'avoir jamais signé.

— Si un pareil ordre en conseil avait été adopté, a-t-il dit, j'en aurais eu connaissance, et j'affirme que je ne l'ai jamais vu.

Malgré son aplomb légendaire, sir Adolphe a tremblé devant la révélation de la Vérité, Il fallait, n'est-ce pas, qu'il fut bien certain du mépris que la publicité du deuxième r'emedial order devait attirer sur lui pour oser nier l'existence d'un document dont on pouvait si facilement se procurer un exemplaire à Winnipeg.

Il avait espéré, voyez-vous, que sa reculade du 27 juillet resterait ignorée pendant plusieurs mois encore, probablement jusqu'après les élections.

Comme il doit haïr la main qui nous a fait tenir la preuve de sa bravoure et de sa /oyauté dans toute cette affaire |

Pendant que Sir Adolphe niait avoir, comme on dit, tendu la perche à Greenway, la Minerve reproduisait le document en question sans en contester la paternité, et s'efforçait, en le commentant, de le faire trouver avantageux pour la minorité catholique du Manitoba.

Après l’ineffable M. Royal est venu l’incommensurable M, Joncas, qui a juré, la main sur le cœur de M. Demers, que le deuxième arrêté n'était pas la révocation virtuelle du premier. Après l’incommensurable M, Joncas est

‘arrivé, comme de raison, l’inexprimable rédacteur du Quotidien, qui a semblé — qu'on nous pardonne ce badinage-—-avoir été tenté de prétendre que le premier remedial order ne valait peut-être pas autant que le dernier.

Et pendant que tous ces farceurs s'évertuaient à prouver que dans notre

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province les nègres sont blancs comme neige, les journaux orangistes d'Ontario palpitaient de joie, en pouvant faire constater à leurs lecteurs que le 27 juillet MM. Bowell et consorts avaient, deux ou trois jours après la démission de M. Angers, signé un document qui disait implicitement à Greenway de dormir sur ses deux oreilles, que le gouvernement fédéral ne n'éveillerait plus pour régler la question des écoles séparées.

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