‹ La question des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 51 sur 84 · CRISE MINISTÉRIELLE · texte numérisé non relu

CRISE MINISTÉRIELLE

SEPT MINISTRES DÉMISSIONNENT,

Le jour où les députés reprirent leurs sièges, Sir Adolphe Caron donna à la Chambre des Communes lecture du document suivant :

Avant que l'ordre du jour soit appelé, j'ai une déclaration importante à faire à la Chambre, Depuis la réunion du parlement, sept membres du cabinet ont offert au premier ministre leur démission, laquelle, après avoir été soumise au Gouverneur Général, a été acceptée par Son Excellence,

Voici les noms des messieurs dont la démission a été acceptée : l'honorable George E. Foster, ministre des Finances; l’honorable John Haggart, ministre des Chemins de Fer et Canaux; l'honorable sir Charles Hibbert Tupper, ministre de la Justice ; l'honorable William-Bullock Ives, ministre du Commerce ; l'honorable Arthur KR. Dickey, ministre de la Milice et de la Défense: l'honorable Walter H. Montague, ministre de l'Agriculture ; l'honorable John F. Wood, contrôleur des Douanes.

A la prochaine séance de la Chambre, j'espère pouvoir être en état d'annoncer définitivement l'attitude que le gouvernement a prise, ou qu'il entend prendre dans les circonstances. VA la gravité de la situation, je dois demander--car j je sais que, à moins d’avis, je ne puis que proposer un ajournement de die in diem—que lorsque la séance sera levée, aujourd’hui, elle soit ajournée pendant dix ou quinze jours, ce qui donnerait le temps d'étudier la nature grave des circonstances.

De son côté, l'honorable M. Foster fit cette déclaration :

M. l’Orateur, avant que la Chambre lève sa séance, j'ai un devoir que je dois remplir immédiatement; mais j'ajouterai, en même temps, que— d'accord avec les collègues qui ont pris la même attitude que moi—je ne me propose pas de m’engager dans une longue discussion sur le sujet dont il s’agit. Je ferai simplement aujourd’hui une déclaration pour faire connaître à la Chambre et au pays la j sition que nous avons prise ; je veux parler de la position prise par les messieurs qui ont cru devoir se retirer du cabinet, et j'exposerai brièvement les raisons qui ont motivé leur retraite.

Je dirai tout d’abord qu'il n'existe aucune divergence d'opinions entre nous et le premier ministre sur toutes les questions d'intérêt public, commerciales ou constitutionnelles, dont le gouvernement a eu déjà à s'occuper, ou sur lesquelles le gouvernement, sous ba diection du premier ministre actuel, a pris une a.titude.

Je dois dire aussi que nous restons fermement attachés aux prineipes et à la politique du parti libéral-conservateur. Nous voulons rester entièrement d'accord avec ces principes et cette politique dont nous avons été, avec d’autres, et dont nous voulons continuer d’être, les défenseurs autant qu nos talents le permettront, Rien n’a diminué la confiance que nous a toujours inspirée l’état sain et vigoureux du parti libéralk-conservateur ; rien jusqu'à présent n'a ébranlé notre conviction que ce parti est le champion d'une politique que la majorité de l'électorat considère comme essentielle au bien-être et au progrès du pays ; ou que, sous une para 4 ferme et prudente, ce parti, aux prochaines élections générales, triomphera de nouveau.

Bien que nous ayons, après bien des hésitations, consenti à faire partie d’un gouvernement ayant 1 M. Bowell comme successeur de sir John Thompson, nous avons néanmoins concentré loyalement tous nos effonts pour le rendre fort et efficace; mais nous avons regretté de plus en plus que les résultats obtenus n° aient pas répondu à ce que nous sa Fes heu d'espérer, ou aux efforts faits par nous,

Nous sommes d'avis que le parti libéral-conservateur devrait avoir à sa tête un gouvernement composé de ses meilleurs hommes ; que c’est "y une nécessité qui ne fut jamais plus grande que dans les circonstances actuelles, et qu'un gouvernement de ce genre devrait être formé sans délai, C'est ce

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que nous avons représenté à diverses reprises au premier ministre actuel, et le résultat a été que nous nous sommes trouvés en présence du parlement réuni avec un gouvernement dont le nombre des membres était incomplt,e Sans avoir aucune assurance que le premier ministre pourrait le compléter d’une manière satisfaisante. Dans ces circonstances, nous avons cru devoir nous retirer, afin, si la chose est possible, de préparer les voies à la formation d'un autre gouvernement dont le chef puisse obtenir la confiance de tous ses collègues, persuader le parti libéral-conservateur qu'il a à sa tête ses meilleurs hommes, enfin, convaincre le pays qu’il possède un gouvernement uni et capable de gouverner.

Nous déclarons avec la plus grande sincérité que : attitude que nous avons prise n’est motivée par aucune animosité ou ambition personnelle ; mais nous mettons de côté toute considération d'ordre secondaire, et ne sommes mûs que par le désir de protéger convenablement les plus grands intérêts de notre parti et du pays.

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