‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 100 sur 176 · Arcli. nat, W547, n · texte numérisé non relu

Arcli. nat, W547, n

6. M. Claretie rappelle, avec raison, qne c'est le même MartainTille qui, en 1820, lors de l'assassinat da dnc de Berry par Loa?el, désignera le duc Decazes comme complice du meurtrier et prétendra les avoir tus causer ensemble (les Derniers Montagnardt, p. 315).

260 R. GUTOT ET F. TH^IVARD.

garantissait l'exactitude >^ Puis vinrent les témoins maladroits et sincères, qui dirent ce qu'on ne leur demandait pas : Ignace Eck, le messager d'Auguis et de Legendre, qui raconta la mission d'espionnage dont il avait été chargé dans la Convention'; Lecourt-Yillierre, le commandant du bataillon Lepelletier, qui s'étonnait naïvement qu'on ne l'eût pas fait intervenir plus tôt, et dépeignit la colère de ses grenadiers devant la consigne d'inaction qu'ils avaient reçue ^; Raffet, enfin, ignorant et borné, mais honnête, qui déclara ne rien savoir des faits énoncés dans l'acte d'accusation, sauf en ce qui concernait Prieur (de la Marne), inculpé d'avoir crié : A moiy sans-culottes ! « disant que le propos qu'on lui impute avoir tenu, à lui déposant, est faux »^. Ces dépositions se prolongèrent pendant toute l'après-midi du 25 et la matinée du 26. Restaient les témoins à décharge. Dès le second jour du procès, les accusés furent invités à donner la liste de ceux qu'ils désiraient faire entendre. Romme en nomma trois, Duquesnoy neuf, Bourbotte trois, Soubrany et Forestier deux, Du Rov huit, Goujon, enfin, deux seulement : Sallengros et Lanjuinais. La liste ne comprenait que des noms de représentants du peuple. Le chef de brigade Capitain la fit passer à la Convention pour être notifiée aux intéressés^, et le président en donna lec^ture à la tribune. Génissieux proposa alors et fit voter que la Commission serait autorisée à convoquer personnellement chacun des députés dont le témoignage était requis. Cela parut inquiéter quelques membres de l'assemblée. Yernier, Charles Delacroix, Florent Guiot étaient cités et comptaient bien ne pas comparaître pour éviter des confrontations embarrassantes. Le vote qu'on venait de rendre semblait donner aux citations force de loi. Deavars, l'accusateur tardif de Peyssard, obtint le rapport du décret, motivé sur ce que la Commission militaire avait le droit de citer directement, sans autorisation spéciale. Chacun demeurait dès lors libre de ne pas répondre à l'appel du tribunal, et les thermidoriens usèrent largement de cette faculté. Ni Vernier, ni Delacroix, ni

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