Le Différend entre César et le Sénat. Paris, 1879, in
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déjà acquis cette maîtrise d'esprit et de langue qui se rattachait à un tempérament de volonté ferme et d'équilibre réfléchi. Tout cela fit de tous ses volumes des modèles d'exposition objective, calme, mesurée, limpide et sagace. Et je ne crois pas que, depuis la Cité antique et la Gaule romaine, nul ne soit ailé plus loin que Guiraud dans Tintelligence du monde classique.
Dans les dernières années de sa trop courte vie, une évolution se marquait en lui, où se complétait sa noble intelligence. Les découvertes et les collections archéologiques l'intéressaient chaque jour davantage, et il se rendait compte qu'un bas-relief, par exemple, peut valoir autant qu'un texte. Il s'occupait de plus en plus des faits eux-mêmes, guerres et révolutions, et on en verra la preuve dans la dernière édition de son excellent manuel d'Histoire romaine*. Enfin, il suivait avec passion (et ses conversations de chaque jour le montraient à ses amis) les études de sociologie comparée, il rendait hommage aux résultats nouveaux qu'elles apportent, et quelques-uns des derniers comptes-rendus qu'il donna à la Revue critique attestent l'éveil continu de sa curiosité vers les questions de race, de sol, de milieu, d'organisme social, de tempérament national. Et l'on eût retrouvé l'indice de ses mille recherches dans le livre qu'il préparait sur l'histoire de la propriété romaine 2. — Il est mort bien avant d'avoir achevé ce livre. Cette mort a été pour la science une perte infiniment plus grande que la presse ordinaire ne l'a senti. Guiraud disparu, c'est une glorieuse page de l'érudition française qui se ferme, et c'est une force de notre Université qui s'en va. Car il était bien une force pour le haut enseignement du pays, non pas seulement par les leçons que recevaient ses élèves et l'exemple qu'il leur donnait, mais encore par la probité de son travail, la franchise de sa pensée et de sa parole, ses colères contre tout ce qui était flatterie, réclame, bassesse et complaisance. Camille Jdlliai«.
— M™« la marquise Argonati Visconti a donné à l'Université de Paris, en mémoire de son père, Alphonse Peyrat, une rente annuelle de 1,000 francs pour la fondation d'un prix triennal en faveur du meilleur ouvrage en français qui aura été publié dans les trois dernières années sur l'histoire de la France moderne et contemporaine. Ce prix sera décerné par un jury composé de quatre professeurs de l'Université de Paris, d'un délégué de l'École des hautes études et de délégués des Sociétés d'histoire moderne, de l'Histoire de .la Révolution et de l'Histoire de la Révolution de 48. Il sera décerné pour la première fois en janvier 1908.
— L'Académie des inscriptions et belles-lettres a attribué la plus grosse part du prix Bordin (études grecques et latines) à M. Paul Mon-
1. Paris, Alcali, 1903, in-12 (édition complètement remaniée).
2. Un très court chapitre en a paru dans la Revue des Études anciennes^ 1904, p. 221 et suiv. (la Propriété primitive à Rome).
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cBAux pour son ouvrage l'Afrique romaine. Elle a partagé lé prix Saintour entre MM. Homo, Essai sur U règne de l'empereur Aurélien; Merlin, l'Aventin dans Vantiquité; Audollent, Defixionum tabellae, et BouBOUET, l'Administration financière du sanctuaire pytkique au IV^ s, av. J,'C. — Elle a attribué le prix Estrade-Delcros à M. Joseph Halbyt pour l'ensemble de ses travaux.
•— Le 45« Congrès des Sociétés savantes de Paris et des départements s'est tenu à Montpellier du mardi 2 au vendredi 5 avril. On trouvera dans le Journal officiel des 5, 6 et 7 avril un résumé des communications qui y ont été présentées. Les plus importantes, parmi celles qui intéressent les études historiques, sont les suivantes : Section d'histoire : MoREL. Les calendriers perpétuels en usage dans les diocèses de Beauvais, Noyon, Senlis aux xm«-xvi« s. — Requin. L'emprisonnement de Laugier-Sapor, évéque de Gap, d'après des pièces de procédure inédites (1426), — H. Hâusbr. La Cronique du roy François /", 1515-1542 (œuvre d'un habitant de Sens, qui écrivait après 1535; sans intérêt pour l'histoire générale). — Sabarthès. Les origines de l'abbaye de Saint-Ghinian (Hérault). — Arnaud d'Agnel. Étude sur les possessions de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille dans le bas Languedoc. — Labandb. Ghartes de fondation du prieuré de l'abbaye de Montmajour à Estoublon (utiles pour l'histoire de Montmajour). — L. André. Les mss. de la reine Christine à la bibliothèque de la Faculté de médecine de Montpellier (papiers et lettres de Christine). — Ghaillan. Le commerce des draps en Languedoc. — R. Faqe. H. de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne (bibliophile, père de Turenne). — Ph. Queyron. La gavacherie de Monségur. — E. Glouzot. Utilité des recherches de météréologie rétrospective; méthode à suivre. — L. Guiraud. Le procès de Guillaume Pellicier, évéque de Montpellier. — Coquelle. Relation inédite de la sédition de Montpellier (29 juin-3 juillet 1645) par l'intendant de Languedoc. — P. Gaghon. Note sur les modes de représentation et de députation aux États de Languedoc du xvi« s. à la fin du XVII" s. (origine féodale et coutumière du droit de représentation). — P. Coquelle. La mission d'Alquier en Suède (1810-1811; rupture de Napoléon avec la Suède). •— J.-B. Lavialle. L'épuration de l'armée sous la Restauration, d'après une correspondance inédite. — L. Thomas. Note sur la population du bas Languedoc à la fin du xiii* s. et au commencement du xiv« (d'après les enquêtes et estimations faites en vue d' « asseoir » sur les terres du domaine royal les rentes concédées par le roi). — Bazeille. Les billets de confiance dans le département de l'Orne (1791-93). — J. Béranoer. La société patriotique de Rouen (1791-93) et les billets de confiance. — Granibr. La société populaire de Marsillargues. — G. Fleury. Les administrations municipales de canton dans l'ancien district de Mamers (jusqu'au 18 brumaire). — Vi ALLES. Gambacérès (biographie complète). -— P. d'Arbois de Jubainville. Les registres des bureaux de contrôle de l'ancien régime, aux Archives de la Meuse, — A. Vast. Le voyage de Louis XVI à
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Varennes (dépenses occasionnées par ce voyage). — Db l'ëstoile et £. Desbat. Les origines des armées révolutionnaires et impériales dans l'Ariège. — Section de géographie historique et descriptive : A. Paw- LOwsKi. Les transformations du littoral français : le Taimondais vendéen et la Tranche aux Sables-d*01onne. — J. Foubnier. Les différends entre le Languedoc et la Provence au sujet de la propriété du cours du Rhône (documents des xji«-xvui« s. importants pour la géographie historique). — H. GoRBiBR. Le consulat de France à Canton au xviii« s.
— Malavialle. L'île Otinchia de la carte d'Andréa Bianco et la prétendue découverte de l'Amérique par les Portugais avant Christophe Colomb (l'île Otinchia est une île fantastique). — Malavialle. Sources de la mappemonde hydrographique de WaidseemûUer (1516) en ce qui concerne l'Afrique. — A. Ôiauvioné. Géographie historique et descriptive de la Sologne. — Section des sciences économiques et sociales : Bligny-Bonduraud. Les cahiers de la sénéchaussée de Nîmes en 1789.
— P. MoDLDf. La vente des biens nationaux à Aubagne [Bouches-du- Rhône] (ces biens n'ont guère été morcelés). — J. Benzagar. Enquête sur la Banque royale de Law dans l'élection de Bordeaux. — P. Boyé. Les eaux et forêts en Lorraine au xviii« siècle. — E. Deville. La crise monélaire au xvm« s. (projets soumis à l'Assemblée nationale en 1789- 1792 pour remédier à l'insuffisance de la monnaie de billon). — J. Cha- VAHON. Une grève d'avocats sous Henri IV (1602). — J. Adhbr. Histoire de l'école centrale de Toulouse de 1796 à l'an XII. — F. Framdon. Le collège d'Uzôs (1566-1903). — L. Blazy. Notes sur les collèges de l'ancien archidiocèse d'Arles à la veille de la Révolution.
— Par arrêté en date du 14 février, M. A. Aulard a été nommé président de la Commission supérieure des Archives nationales, communales et hospitalières, en remplacement de M. Albert Sorel, décédé.
— Sur l'initiative de M. Pichon, ministre des Affaires étrangères, une commission vient d'être instituée pour préparer la publication d'un recueil de documents diplomatiques relatifs à la guerre de 1870. Cette commission, présidée par M. Deluns-Montaud, chef de la division des archives du ministère des Affaires étrangères, est composée de MM. Joseph Reinach, A. Aulard, Emile Bourgeois, L. Farges et 6. Mandel.
— Au cours de l'année dernière, il a été institué au ministère de la Guerre un Comité technique des archives, présidé par M. le général Zimmer, sous-chef de l'Ëtat-major général de l'armée, qui comprend, outre les représentants des services intéressés, le chef de la section historique, M. le commandant Desbrière, et un délégué du ministre de llnstruction publique, M. Camille Bloch, inspecteur général des archives. Ce comité vient de proposer au ministre de la Guerre, qui les a approuvées, d'excellentes mesures qui favoriseront le travail des historiens. En voici le résumé d'après la France militaire du 26 février 1907 : c Saisi des desiderata de la Commission extraparlementaire des
archives instituée au ministère de l'Instruction publique, le ministre de la Guerre vient de compléter par de nouvelles dispositions les règles concernant la communication aux chercheurs et aux historiens des documents antérieurs à 1848 intéressant l'histoire et déposés dans les diverses archives militaires, soit à Paris, soit en province. A l'administration centrale, un grand nombre de documents du plus haut intérêt, qui étaient jusqu'alors dispersés dans les divers services, vont être versés à la section historique de l'Ëtat-major de l'armée, où ils pourront être consultés dans les formes ordinaires. De plus, il a été établi un inventaire des archives des sections techniques de l'artillerie et du génie; les personnes désireuses d'en prendre connaissance et de consulter les archives dont il s'agit y seront admises en faisant passer leur demande d'autorisation par l'intermédiaire du général sous-chef d'Ëtat-major de l'armée. La section historique de TÉtat-major de l'armée mettra également à la disposition des mêmes personnes les inventaires des archives des corps d'armée et gouvernements militaires qui contiennent de nombreux documents de la plus haute valeur. Copie de ces inventaires sera d'ailleurs déposée aux archives départementales, et la communication des pièces sera autorisée par les généraux commandant les corps d'armée. On pourra enfin consulter à la section historique de l'Etat-major de l'armée les catalogues des affaires de la justice miUtaire terminées, antérieures à 1814. Certaines de ces affaires présentent un réel intérêt historique, et les généraux commandant les corps d'armée pourront en autoriser la communication, sous réserve des précautions nécessaires pour sauvegarder les intérêts des familles. »
— La Direction des Archives a entrepris un État sommaire des papiers de la période révolutionnaire conservés dans les archives départementales. D'après le cadre de classement de 1874, ces papiers sont distribués dans la série L (administrations du départe ment^ des districts et des cantons) et dans la série Q (domaines nationaux). C'est de la série L seulement que s'occupe le présent État, On y trouvera deux choses : d'abord les registres dans lesquels ont été consignés les procès-verbaux des diverses assemblées administratives qui se succédèrent à la tète des départements, des districts et des cantons de la France; ensuite, une masse plus ou moins considérable de dossiers contenant, par exemple, les arrêtés des représentants du peuple en mission, les papiers relatifs aux élections, aux émigrés, aux subsistances, aux levées de troupes, à l'exercice du culte, etc.; d'un côté ce qu'on a dit, de l'autre ce qu'on a fait. Ce ne fut pas un mince travail que de coordonner les informations fournies par l'archiviste de chacun de nos quatre-vingtsix départements; si résumé qu'il soit, cet État sera un précieux guide pour les historiens de la Révolution en province. Il sera complet en deux volumes. Le tome I contient l'état des départements de Ain à Loire-Inférieure; une table générale se trouvera à la fin du tome II.
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— M. Henri Omort a fait tirer à part son article sur les Nouvelles acquisitions du département des manuscrits [à la Bibliothèque nationale], pendant les années 1905-1906 (Leroax, 1907, 80 pages); cet inventaire sommaire est extrait de la Bibliothèque de V École des chartes, année 1907, p. 5-74 ; mais l'auteur y a joint une liste des catalogues du département des manuscrits à la Bibliothèque nationale.
— M. Charles Sbionobos, qui a pris une part des plus actives à la réforme récente des programmes historiques de notre enseignement secondaire, expose ses idées à cet égard dans une très intéressante brochure intitulée : VHistoire dans renseignement secondaire, qui sert d'introduction à son Cours d'histoire (Paris, A. Colin, 1906, in-16, 55 p., non mis dans le commerce). Il insiste avec raison sur l'utilité de l'histoire pour la formation intellectuelle de l'enfant : l'histoire peut et doit devenir un des meilleurs moyens de développer chez l'enfant les facultés d'analyse et de comparaison, en même temps qu'elle éveillera en lui les idées d'enchaînement et d'évolution. M. 8. donne d'excellentes indications sur le choix des devoirs d'histoire. L. H.
— L'édition que M. Ph. Lauer a donnée des Annales de Plodoard dans la Collection de textes pour servir à Vétude et à l'enseignement de Vhistoire (fasc. 39. Paris, A. Picard et fils, 1906, in-8», Lxvm-307 p.) mérite mieux que la simple mention qui en a été faite dans le dernier bulletin des publications relatives au moyen âge français (t. XCIII, p. 94). On ne possédait jusqu'ici de ce texte essentiel que des éditions vieillies et pour lesquelles une partie seulement des manuscrits avait été utilisée : la dernière en date, celle de Pertz, était depuis longtemps reconnue insuffisante. Celle de M. Lauer, qui repose sur un classement judicieux des sept manuscrits connus, accompagnée de notes historiques abondantes et d'un index très développé, comble donc une lacune importante. Elle est précédée d'une introduction où la biographie de Flodoard est retracée avec précision. On y trouvera, en outre, d'intéressantes considérations sur les manuscrits des Annales, transportés successivement de Reims à Dijon, puis en Normandie. M. Lauer, qui a repris, il y a quelques années, à son compte l'hypothèse suivant laquelle les Annales nous seraient parvenues incomplètes du début et auraient primitivement débuté en 893, maintient ici sa théorie, tout en reconnaissant par ailleurs, non sans se contredire quelque peu, que la numérotation grecque, qui était le seul argument nouveau qu'il eût versé au débat, ne pouvait rien prouver. Nous craignons aussi qu'il n'ait mal saisi (p. Lix) la portée d'une note de notre Recueil d*annales angevines el vendâmoises où nous disions que les Annales dites de Renaud et les Annales de Vendôme, qui indiquent sous l'année 917, d'après une source commune perdue, le début de l'œuvre de Flodoard, ne pouvaient être invoquées à l'appui d'une théorie qui suppose des Annales débutant en 893. Les courtes annales rédigées dans les églises et les monastères de l'Anjou et du Vendômois étant d'ordinaire datées seulement au moyen
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dédaignes de renvoi qui les rattachent à des années notées d'avance sur les calendriers en marge desquels elles sont écrites, une erreur de deux ans n'a rien de surprenant; une erreur de vingt-six ans est inexplicable. L'archidiacre Renaud, auteur présumé des annales perdues de Saint-Maurice d'Angers, avait donc, croyons-nous, sous les yeux un manuscrit (mutilé ou non) de Flodoard débutant, comme les manuscrits actuels, à Fan 919. Mais ce sont là des points secondaires qui montrent seulement combien sont délicates et complexes toutes les questions qui se rattachent à la critique des sources. L. H.
— Vous ne saviez sans doute pas, même après les études de M. Lefranc, pourquoi Rabelais, moine défroqué, avait c goûté à TËvangile » et s'était ensuite dégoûté du calvinisme? M. le D' Binet-Sanqlé, qui ne lit point la Revue des Études rabelaisiennes, mais qui a c établi l'observation physio-psychologique » de maître Alcofribas, vous l'apprendra doctoralement, et vous révélera les horrifiques mystères de la suggestion religieuse (les Lois psychophysiologiques du développement des religions, Uévolution religieuse chez Rabelais, Pascal et Racine. 1 vol. de la Ribliothèque de VÉcole de psychologie. Maloine, 1907, in-18, 400 p.). Vous verrez chez lui (et c'est un plaisir que je craindrais de déflorer en l'analysant) ce que sont les triangles, doubles triangles, trapèzes et rectangles de suggestion religieuse (il y a des figures), sans parler des c hiérosyncrotèmes ». Il ne vous laissera pas ignorer qu'en 1620 c l'Église catholique était... beaucoup plus puissante qu'elle ne l'est aujourd'hui >, que Pascal était lié avec « un nommé Auzoult >, — dont il me semble qu'il est assez question dans les articles de M. Mathieu, — ni que Pascal eut des hallucinations. Vous regretterez que c les idées religieuses, semées » chez Pascal, « véritables agents morbides», l'aient empêché de (c déployer l'incomparable talent d'écrivain que révèlent... les Provinciales ». Et, si d'aventure vous avez la faiblesse de croire que les a néfastes » idées religieuses ne furent pas étrangères à la composition des Provinciales, c'est que vous n'entendez rien à la psycho-physiologie. Si l'ancien élève de Port-Royal est, après Phèdre, devenu dévot, sachez que c'est là c un bel exemple de Faction à longue échéance des suggestions religieuses ». Apitoyez-vous avec M. Binet sur le sort infortuné de M"« Racine : « Gomme beaucoup de dégénérés, elle mourut subitement, le 15 novembre 1732 » ..., à quatrevingts ans I Me direz- vous que vous accepteriez, à ce prix, la dégénérescence? C'est que vous ne savez pas, comme M. Binet-Sanglé, parler savamment de Ghristoforo Colombo, de Plinius, de Galenus, de Benedictus de Nursia, de Gérard Praet fils, que les Barbares nomment Érasme, et de leschou bèn-Iossef, que les bonnes femmes appellent Jésus. Car, apprenez-le, hommes de peu de foi, c la traduction des noms propres est irrationnelle. Elle a Finconvénient de jeter le doute sur la nationalité des hommes et la situation des lieux ». Et voilà pourquoi M. Binet-Sanglé, dans l'espoir que « son exemple sera suivi », nous emmène à a Venezia » et môme, ce qui est original, à
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« Turino ». Irez- vous encore, après avoir appris qae la suggestion religieuse a pour causes la surémotivité, la suramativité, la surcraintivité et autres surperlicoquentieuses fariboles, irez-vous indiscrôtement demander pourquoi ces dégénérés furent parfois de grands hommes? Voici comme Ton yous répondra : c Si Biaise Pascal, mathématicien et physicien de premier ordre, si Ârnauld Tavocat et Jean Domat, juristes avertis, si Pierre Nicole, érudit éminent, si Etienne Pascal, administrateur habile, si Jean Racine et Louis Racine, poètes de valeur (sic pour Jean Racine!), purent être des dévots, c'est qu'ils demeurèrent fermés aux phénomènes psychologiques et sociologiques qui fournissent l'explication rationnelle de la genèse et du développement des religions. > Les pauvres! ils n'ont pas connu les trapèzes et les doubles triangles !
— M. Fortunat Strowski ne les connaît pas davantage. Il se contente (Histoire du sentiment religieux en France au XVIh siècle. Pascal et son temps, i" partie : De Montaigne à Pascal, Pion, 1907, in- 18, 286 p.) d'analyser avec finesse le réveil du stoïcisme chez Montaigne et les premiers traducteurs d'Ëpictète, chez du Vair et Juste Lipse. En face du courant stoïcien, il voit couler le courant libertin, si véhémentement dénoncé par le P. Garasse, et il nous conte les aventures peu édifiantes de ce pauvre diable, — mauvais diable, — de Yanini. Il montre comment du libertinage de mœurs sort le libertinage d'esprit, c'est-à-dire ces idées hardies, laïques et libératrices, qui trouveront dans la Sagesse de Charron quelques-unes de leurs plus parfaites expressions. Contre ces c débordements » philosophiques se dessinent les multiples réactions religieuses, celle de Vincent de Paul, celle des Jésuites, celle de Port-Royal. De cette crise capitale dans l'histoire de la conscience française, le témoin essentiel sera Pascal, en qui nous retrouverons du Descartes (M. Mathieu dirait : trop de Descartes) et du Gassendi, de l'Ëpictète et du Montaigne. H. HR.
— Avec la meilleure volonté du monde, il est impossible de prendre pour un livre d'histoire un ouvrage revêtu du Nihil obstat, de 1' c imprimatur » et d'une c protestation » dans laquelle l'auteur accepte d'aisance « le jugement de l'Église à l'autorité de laquelle il est pleinement soumis ». Le Vénérable Père Eudes (iôOî^iôSO), de M. Henri Joly (coll. les Saints, V. Lecoffre, 1907, iri-206 p.), est une hagiographie qui échappe à la critique. Contentons-nous de dire que «c les spoliations et l'exil des protestants » y sont considérés comme une conséquence de c la dissolution de la Compagnie du Saint-Sacrement »; sans doute que les pieux confrères se seraient opposés à la révocation. — M. Joly dit que, parmi les œuvres de la Compagnie, M. Allier aurait dû citer • les syndicats jaunes t ; mais c'est ce que M. Allier n'a pas manqué de faire. H. HR.
— M. R. Rbuss a publié de nouveaux extraits des Mémoires inédits du Strasbourgeois Jean Ëverard Zetzner. Les deux précédentes bro-
iiii CHftOinQlTB ET BIBLI06RAPHIB.
chures extraites du même manuscrit étaient intitulées : Idylle norvé^ gienne d'un jeune négociant strasbourgeois et Londres ei V Angleterre en 1700. Celle-ci nous conduit à Lyon et en Espagne et est intitulée : Un voyage d'affaires en Espagne en 1118 (Strasbourg, Noiriel, 67 p.). Elle offre un intérêt pittoresque, peut-être supérieur aux précédentes, tant par les renseignements fournis par Zetzner sur la vie privée, les mœurs et l'Inquisition espagnoles que par le très curieux récit des difficultés et des périls avec lesquels il fut aux prises sur la Méditerranée, infestée par les pirates barbaresques. Mais, ce qui est peut-être plus intéressant encore, c'est le détail des affaires commerciales qui amenèrent Zetzner à Lyon et en Espagne pour tàcber de rentrer dans une partie des créances qu'il avait sur un banquier banqueroutier : le Lyonnais Rotmund. Un économiste qui dépouillerait complètement les Mémoires de Zetzner y trouverait certainement de précieux renseignements sur la banque, les affaires de change et en général sur le commerce. Il y constaterait qu'au xviii* siècle la contrebande n'avait aux yeux des hommes les plus scrupuleux que le caractère d'une opération commerciale comportant de plus grands risques que les autres. Ces Mémoires montrent au vif l'état d'effroyable insécurité du commerce et des routes de terre et de mer. En France même, on ne voyageait pas sans la quasi-certitude d'attaques de brigands. G. M.
— M. Amédée de Gaix de Saimt-Aymour vient de publier sur Julien Girard de Rialle (1906, in-S», non mis dans le commerce) une notice qui est un modèle de simplicité élégante et de précision émue. On sait tous les services que Girard de Rialle a rendus à l'histoire et aux historiens comme chef de la division des archives du ministère des Affaires étrangères; ce qu'on savait moins bien, et ce que M. de Gaix nous rappelle, c'est la part très importante prise par Girard de Rialle aux études d'histoire religieuse, de linguistique et de littérature populaire. Si l'administration ne l'avait enlevé trop têt à la science, — à laquelle, du reste, elle l'a ramené ensuite, — Girard de Rialle aurait marqué sa place au tout premier rang dans ce genre de travaux. Gela valait les pages charmantes et bien informées que lui a consacrées M. de Gaix. Geux qui ont connu, — c'est-à-dire apprécié et aimé Girard de Rialle, — ne seront pas moins heureux d'y retrouver l'homme à côté du savant, car chez lui la bienveillance et la délicatesse égalaient l'intelligence et le savoir. L. Farqbs.
Publications NonvBLLBS. — Inventaires. — Dehaisnes et Finot, Inventaire sommaire des arch. dép. du Nord; série B : Chambre des comptes de Lille, t. I, 2* partie. Lille, impr. Danel, in-4*, v-567 p. — Guigv£. Invent. somm. des arch. départ. Rhône; série E, supplément, t II. Lyon, Georg, in-4o, 412 p.
Documents. — Archives historiques du départ, de la Gironde, t. XLI. Paris, Picard, in-4*, xxxi-409 p. — /. de Boislisle, Mémoriaux du Cionseil de 1661, t. IL Paris, Laurens, in-8% 401 p. (Soc. hist. de France). -— E. Cazalas, Mémoires du général Bennigsen (1806-1807). Paris, Lavauzelle, 2 vol. in-8*, LXxxvu-333 et x-368 p. — P. Champion, Gronique MarUniane; édition critique
CflRONIQUB BT BIBLIOGRAPHIB. 213
d*une interpolation originale pour le règne de Charles VII restituée à Jean Le Clerc Paris, Champion, in-8% lxxix-133 p, — L, de Contenson, Mémoires du comte de Souvigny, t. I (1613-1638). Paris, Renouard, in-8*, 373 p. (Soc. hist. de France). — H. CourteauU. Le LÎTre des syndics des États de Béam ; 2* partie. Paris, Champion, in-8*, viu-234 p. (Arch. hist. de la Gascogne). — E. et J. Halphen. Journal inédit d'Amauld d'Andilly (1627). Paris, Champion, in-8*, 96 p. — G, Laurent Cahiers de doléances pour les États généraux de 1789; t. I : Bailliage de ChAlons-sur-Mame. Épemay, impr. Villers, in-8*, xxxii- 872 p. (Doc. sur l'hist. écon. de la Révol.). — X. Pingaud. Correspondance de Lecoz et de Grégoire (1801-1815). Besançon, impr. Dodivers, in-8*, 125 p.
HiSTOiRB G^N^RiiLB. — /. Boulençer. Sous Louis-Philippe; les Dandys. Paris, OUendorf, in-8*, ix-436p. — il. Bourguet. Études sur la politique étrangère do duc de Choiseul. Paris, Pion, in-8*, iv-242 p. — E, Daudet, Histoire de l'Émigration pendant la RéYolution française, t III. Paris, Poussielgue, in-8*, 543 p. — Ph. Gonnard. Les origines de la légende napoléonienne. Paris, Calmann-LéTy, in-8'. — G. Hanotaux. Histoire de la France contemporaine (1871- 1900); t. III : la présidence de Mac-Mahon; la constitution de 1875. Paris, Soc. d'éd. contemp., in-8*, 737 p. — /. Hansen. Ambassade à Paris du baron de Mohrenheim (1884-1898). Paris, Flammarion, in-16, xii-203 p. — M. Herhette, Une ambassade persane sous Louis XIV. Paris, Perrin, in-8*, 404 p. — G. Morfond, Politique extérieure et coloniale de la France de Louis XIV à Napoléon et ses conséquences jusqu'à nos jours. Lerallois-Perret, l'auteur, in-16, xxii- 258 p. —A. RegnauU. La France sous le second Empire. Paris, Messein, in-18, 358 p. — /. d'Ussel. Études sur l'année 1813; la défection de la Prusse. Paris, Pion, in-8*, x-444 p. — Histoire écoNOMiQUB. H, Falk, Les pririlèges de librairie sous l'ancien régime. Paris^ Rousseau, in-8*, iu-191 p, — À, Picard, Le bilan d'nn siècle (1801-1900), t. V. Paris, Le Soudier, in-8*, 474 p. — Histoire RBU6IBUSB. Du Bourç, Monseigneur Du Bourg, évéque de Limoges (1751-1822). Paris, Perrin, in-8*, 475 p. — L'Église de France pendant la Révolution de 1793. Limoges, impr. Rippe, in-8*, 296 p. — L'Épiscopat français depuis le Concordat jusqu'à la Séparation (1802-1905). Paris, libr. des Saints-Pères, in-4*, xvi-720 p. — E, Mangenot, Dictionnaire de théologie catholique, fasc. 21. Paris, Letouzey, in-8*, col. 961 à 1280. — Histoire militaire. E, Bonnal, Les royalistes contre l'armée (1815-1820). Paris, Chapelot, 2 vol. in-8*, x-406 et xn-397 p. — H. Coutanceau ei C. de La Jonquière, La campagne de 1794 à l'armée du nord ; 2* partie : opérations, t. I. Paris, Chapelot, in-8*, xiu-819 p. — Coutrot, Marion et Marlier, Souvenirs de la campagne de 1870-1871. Ch&lons-sur-Marne, impr. de 1' a Union républicaine », in-8*, 117 p. — La guerre de 1870-1871; l'armée de Chàlons, II : Nouart-Beaumont. Paris, Chapelot, 2 vol. in-8*, 253 et 349 p. -^ A, Mony. Notes d'ambulance (août 1870-février 1871). Paris, Pion, in-16, ii-495 p. — E. Picard, 1870; la perte de l'Alsace. Paris, Pion, in-16, iv-380 p. — Id. La campagne de 1800 en Allemagne, t. I. Paris, Chapelot, in-8*, xv-513 p. — Id, et L, Jouan, L'artillerie française au xvui* siècle. Paris, Berger-Levrault, in-8*, 155 p. — Biographies. R. Bazin. Le duc de Nemours. Paris, Émile-Paul, in-8*. — G, Lenâtre, Les fils de Philippe-Égalité pendant la Terreur. Paris, Perrin, in-16, 300 p.
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779 p. — a, Duhlanchy, Monographie historique du village de Génicourt- sur- Meuse. Bar-le-Duc, impr. Contant-Laguerre, in-8% 176 p. — J. Falk, Notes chronologiques sur les délibérations municipales (1789-1906) de la ville de Vienne (Isère). Vienne, Ogeret, in-8% 77 p. — P. d« Fontaine de Resbecq, Cussac (Haute-Vienne). Une page d'histoire. Rochechouart, impr. Dupanier, in-8% 102 p. — O. François. Etude historique et archéologique sur le Mont- Aimé. Chftlons-sur-Mame, impr. de 1' « Union républicaine t, in-8% iv-219 p. — H. George. Histoire du village de Davayé en Maçonnais. Paris, Dumoulin, in-8% vi-325 p. — 0. Hoffmann, L'Alsace au xviii* siècle, t. III. In-8*, 544 p. (Bibl. de la Revue de l'Alsace, XI.) — E. HurauU. La cathédrale de Ghàlons et son clergé à la fin du xiii* siècle. Ghàlons-sur-Mame, impr. Martin, ln-8*, viii-t06 p. — E. Lemarchand. Le château rojal de Vincennes de son origine à nos jours. Paris, Daragon, in-8", 350 p. —A. Leroux. Le sac de la cité de Limoges et son relèvement (1370-1464). Limoges, Ducourtieux, in-8*, 83 p. — E. Maugis. Essai sur le recrutement et les attributions des principaux offices du siège du bailliage d'Amiens de 1300 à 1600. Paris, Picard, in-8% iii-90 p. — Méresse. Histoire du Gâteau. Gambrai, Deligne, in-8% x\i-269 p. — J. Moret. Histoire de Saint-Menoux. Moulins, Grépin-Leblond, in-8*, x-534 p. — Chr. Pfister. Tableau de Nancj et de la Lorraine pendant le règne de Léopold (1697-1729). Saint-Dié, impr. Gunj, in-8*, 110 p. -^ À. de Truchis de Varennes. Généalogie de la maison de Truchis. Dijon, impr. Jobard, in-4', xiy-536 p.
Allemagne. — M. Franz-Xaver yon Funk, professeur d'histoire ecclésiastique à la Faculté catholique de Tûbingen, est mort en cette ville, le 24 février dernier, à Tàge de soixante-sept ans. Ses travaux sur Thistoire ancienne du christianisme et notamment sur les premières collections canoniques en langue grecque, son Lehrbuch der Kirchcngeschichte, dont la 4« édition parut en 1901, ses Kirchengeschichtlichen Ahhandlungen und Untersuchungen (2 vol., 1897-1899), ses articles du Theologische Quartaîschrifî dénotent une science et une indépendance d'esprit que l'école protestante elle-même se plaisait à reconnaître.
— - Jusqu'à présent, les catholiques allemands n'ont guère paru que dans l'opposition au mouvement d'études et d'idées qui se rattache en France à la question biblique. M. T. ënoert, dans sa dernière publication, sur les temps primitifs d'après la Bible (Die Vrzeii der Bibel; I. Die Weltschôpfung. Mùnchen, Lentner, 1907, gr. in-8», 53 p.), prend une attitude résolument scientifique. On ne peut que louer ses considérations générales sur le caractère de l'ancienne littérature biblique, et l'impossibilité de constituer une exégèse sérieuse en partant du concept traditionnel de l'inspiration scripturaire. Son commentaire du premier chapitre de la Genèse, avec comparaison des mythes babyloniens, est très érudit et judicieux. Alfred Loisy.
— Les publications du Séminaire d'histoire ecclésiastique dirigé par le professeur Knôpfler, à l'Université de Munich, méritent aussi d'attirer l'attention. Nous en avons reçu trois fascicules : Die Dauer der ôffentlichen Wirksamkeit Jesu, par M. L. Fbndt; Die Beicht nach Casarius von Heisterbach, par M. A.-M. Kcenioer; Mensa und Confessio, I. Der Altar der vorkonstantinischen Kirche, par M. F. Wieland (Mûn-
CHBONIQUE BT BIBLIOGRAPHIE. 245
chen, Lentner, 1906, in-S®, vin-i48, x-107, xvi-i67 p.). Bien qu'il maintienne l'historicité da quatrième Évangile, M. Fendt en écarte le témoignage en supposant, fort gratuitement, que l'ordre des récits n'est point chronologique; et, comme il a commencé par montrer combien les données des Synoptiques et celles de la tradition sont incertaines, on ne voit pas trop pourquoi il affirme, pour conclure, que le ministère de Jésus a duré un peu plus d'un an. Sa dissertation est très érudite, mais elle manque de pénétration et de clarté. Celle de M. Kœniger est beaucoup mieux conduite : importante contribution à l'histoire du sacrement ecclésiastique de la pénitence, par l'analyse des écrits d'un moine cistercien qui a vécu dans la première moitié du xm« siècle. Le travail de M. Wieland présente aussi un véritable intérêt pour l'histoire de l'ancienne liturgie chrétienne et fait désirer la continuation annoncée. La conclusion de cette première partie est négative : pas d'autel dans les basiliques chrétiennes avant la paix de l'Église ; mais l'auteur montre fort bien comment, par l'évolution de la croyance et du rite, la table qui servait à la cène eucharistique tendait à devenir l'autel qu'elle fut bientôt. A. L.
— M. A. DoRNER, professeur à l'Université de Kônigsberg, a voulu représenter en une puissante synthèse l'évolution des croyances chrétiennes depuis les origines jusqu'à nos jours (Die Entstehung der christlichen Glaubensîehren, Munchen, Lehmann, 1906, gr. in-8o, vi-315 p.). n s'agit moins de l'histoire des croyances que de la philosophie générale de cette histoire. Partant de son idée générale de la religion, la vie de Dieu dans l'humanité, l'auteur montre comment le christianisme, sous ses diverses transformations, a été la réalisation, de plus en plus parfaite et consciente, de ce principe, que le dogme grec de la christologie a essayé de définir par rapport à l'intelligence croyante; que le dogme occidental de la grâce a voulu préciser à l'égard de la volonté; que la réforme protestante a mis en sa vraie place dans la conscience individuelle. Les recherches actuelles sur l'essence du christianisme marquent le dernier point de l'évolution, et l'on ne nous dit pas qu'il y ait rien à prévoir au delà. Système trop absolu peut-être pour encadrer naturellement toute l'histoire du christianisme et en même temps trop étroit dans son application. L'Évangile de Jésus ne proclame pas l'incarnation de Dieu dans l'humanité; et, d'autre part, l'on pourrait entrevoir comme dernière conséquence logique de l'idée fondamentale reconnue par M. Dorner une conception religieuse que le christianisme aura contribué à produire, mais qui n'aura plus rien de spécifiquement chrétien. A. L.
— La septième édition de Daelmann-Waitz, Quellenhunde der deutschen Geschichte, publiée il y a quelques mois par M. Ërich Branden- BUR6, avec la collaboration de MM. Herre, Hilliger, Meyer et Scholz (Leipzig, Dieterich'sche Verlagsbuchhandlung, 1906, in-8®, xvi-1020 p.), marque un progrès considérable sur les éditions antérieures. La biblio-
2^16 CHEONIQUE ET BIBLIOG&APHIB.
graphie a été soigneusement revue et complétée et quelques améliora^ lions de détail ont été apportées dans la division de l'ouvrage. Le seul regret qu'on serait tenté d'exprimer, c'est que, par suite des longs délais qu'a exigé l'impression, la bibliographie s^arrôte, pour une grande partie du volume, au début de Tannée 1904. Mais ce regret même serait vain, les auteurs promettant dans leur préface un supplément qui doit paraître incessamment. Si consciencieux cependant qu'ils aient été, ils ont laissé échapper un certain nombre de publications qu'on s'attendrait à voir citées dans l'ouvrage : parmi les omissions les plus regrettables, en ce qui touche le moyen âge, nous relèverons (livre II, chap. iv) celle de VBssai sur Vorigine de la noblesse en France de M. Guilhiermoz (1900), qui ne semble pas suffisamment connu de la plupart des érudits allemands, celle du volume consacré à la correspondance de Gerbert (n^ 3544) par M. Jules Lair, dans ses Études critiques sur divers textes des !• et 11^ siècles (1899), celle enfin des Études sur le règne de Hugues Capet et la fin du !• siècle de M. Ferdinand Lot (1903), qu'il eût fallu rapprocher de ses Derniers Carolingiens (no 3551) et qu'il eût fallu également indiquer (en raison de l'Appendice IX), ainsi que plusieurs travaux sur les Fausses Décrétales, — notamment ceux d'Hinschius et de M. Simson, — à propos des Gapitulaires de Benoît le Lévite (n^ 3219). On s'étonne aussi, dans le chapitre consacré aux instruments bibliographiques, de ne pas trouver mention pour la France, à côté de la Bibliographie de Vhistoire de France de M. Monod (no 947), du Répertoire méthodique de l'histoire moderne et contemporaine publié annuellement par MM. Brière et Garon depuis 1898. Enfin, dans rénumération des revues d'histoire générale (n®* 1019-1046), il nous parait étrange de ne faire figurer que des revues allemandes, puisque, dans les autres subdivisions de l'ouvrage, on indique les principaux livres ou recueils étrangers, intéressant môme indirectement l'histoire de l'Allemagne. L. H.
— Dans une brochure intitulée Der frànkische Vicecomitat (s. 1., 1907, in-4o, 87 p., hors commerce), M. W. Sigkel, professeur à la Faculté de droit de Strasbourg, a tenté de dégager les caractères généraux de l'institution des vicomtes à l'époque franque. Son travail, qui repose sur des dépouillements considérables, pour lesquels un grand nombre de publications, môme locales, ont été mises à profit, constitue une importante contribution à l'histoire de l'administration carolingienne. Dans une première partie, l'auteur cherche à déterminer l'époque et les régions où l'on rencontre des vicomtes en France et donne la liste des noms qu'il a relevés. Il étudie ensuite le mode de nomination de ces fonctionnaires, qui sont, en principe, choisis uniquement par les comtes, dont ils sont les substituts. Dans une troisième partie, il étudie leur compétence, fort variable, suivant que le vicomte se borne à assister le comte ou à le représenter dans un district déterminé ou encore à le remplacer en permanence dans un comté, si le comte réside ailleurs. Dans une quatrième partie, M. Sickel
CHBONTQUE ET BIBLIOGRAPHIE. 247
étadie plus spécialement le ressort du vicomte. Enfin, il termine son travail par un chapitre sur les vicomtes d'Italie. L. H.
— La seconde partie du t. n des Inventare des Grossherzoglieh Badisehen General* Landesarchivs (Karlsruhe, Miiller'schen Hofbucfahandlung, 1907, in-So, p. i-viii et 195-394) vient de paraître. Elle est consacrée aux Baden-Durlach et se termine par un index général.
— Ije t. XV du Meyers grosses Konversations-Lesnkon vient de paraître (Leipzig- Wien, Bibliographisches Institut, 1906). Il va de Ôhmichen à PlakatschrifUn, Signalons-y Tarticle Ôsterreich, qui est accompagné de cartes historiques, les articles Palàstina, Persien, etc.
Antriclie-Hongrie. — Le premier fascicule des Studien zum àlte' ren ôsterreiehischen Urkundenwesen, que publie M. Oskar v. Mitis (Wien, Verlag des Yereines fur Landeskunde von Niederôsterreich, in-8», 77 p.), contient un résumé très clair de l'histoire de l'acte privé et plus spécialement de la charte-notice en Basse-Autriche dans les premiers temps du moyen âge. Pour l'analyse des caractères intrinsèques de ces actes, l'auteur s'inspire beaucoup des travaux de M. Oswald Hedlich; mais il y ajoute des considérations intéressantes sur l'abandon progressif de la charte-notice, que tendent de plus en plus à remplacer, à partir du xii* siècle, des actes en forme, authentiqués par des sceaux. Ce n'est là toutefois, semble-t-il, qu'une introduction à un travail plus étendu que M. 0. von Mitis ne saurait tarder à nous donner. Nous nous réservons d*y revenir avec plus de détails quand l'ouvrage sera complet. L. H.
Belgique. — Les Archives générales du royaume ont acquis récemment à Home des correspondances très intéressantes pour l'histoire du xviu* siècle belge ; nous citerons comme particulièrement importantes les lettres du prince de Méan, évoque de Liège, et du cardinal de Frankenberg au nonce Brancadoro.
— L'administration des Archives générales du royaume de Belgique, à Bruxelles, vient de faire paraître le 1. 1 de ses Inventaires sommaires. Il est consacré aux Inventaires sommaires des archives des anciens gouvernements des Pays-Bas (Bruxelles, impr. E. Guyot, 1906, in-S»). Il se compose de la réunion de 11 fascicules paginés à part et d'étendue fort inégale. En tète de chacun d'eux, une introduction, courte d'ordinaire, mais substantielle, donne quelques renseignements sur l'origine et la constitution du fonds inventorié. On remarquera spécialement celle que M. A. Gaillard a mise en tète de l'inventaire des archives de la secrétairerie d'État et de la Guerre : c'est, en 35 pages, un excellent historique de cette institution. L. H.
— Le t. VI du Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque royale de Belgique, par le P. van den Gheyn, se rapporte à l'histoire des ordres religieux et des églises particulières (Bruxelles, Lamertin, 1906, xi-778 p.).
248 CHROlflQUE ET BIBLIOGRAPHIE.
— Le volume contenant les Actes du Congrès international pour la reproduction des manuscrits, des monnaies et des sceaux, tenu à Liège en août 1905, a paru à Bruxelles (Misch et Thron, 1906, in-S®, xxvin- 338 p.). Voici la liste des rapports qui y ont été insérés : X. Da Gunha. La législation portugaise sur la reproduction des manuscrite. — A. Gaillard. Les procédés de reproduction des sceaux. — G. Sdrt. Organisation d'un bureau international d'échange des reproductions. — M. Lhoest. Étude des différents papiers à employer comme support des photocoUographies, photogravures et phototypogravures. — P. Bero- MANS. Les tentatives antérieures d'entente internationale pour la reproduction des manuscrits. — M. Paou. L'état actuel des publications de fac-similé de chartes et autres documents d'archives. — L. Stainier. Étude sur les procédés techniques les meilleurs et les plus économiques à recommander pour la reproduction des manuscrits, des monnaies et des sceaux. — D. van de Gasteele. L'utilité des reproductions photographiques au point de vue des expéditions officielles de documents d'archives. — F. Alvin. Les procédés de reproduction des médailles et des monnaies. — P. Frangottb. Description d'une méthode photographique permettant de reproduire des manuscrits et autres documents dans le but d'obtenir des positifs par projections lumineuses et des agrandissements destinés à l'enseignement. — P. van den Yen. L'organisation de systèmes pratiques de reproduction des manuscrits dans les grandes bibliothèques publiques. — A. Bayot. L'état actuel des publications de fac-similé de manuscrits.
— M. D.-D. Brouwers a publié le t. II des Mémoires de Jean, sire de Haynin et de Louvignies, i465-i477 (Liège, Gormaux, 1907, 267 p.).
— MM. Gh. De Lannot et H. Van dbr Linden ont fait paraître le 1. 1 de leur Histoire de Vexpansion coloniale des peuples européens (Bruxelles, Lamertin, 451 p.), qui a obtenu le prix de 25,000 francs fondé par le roi des Belges. Le premier volume est consacré au Portugal (Gh. De Lannoy) et à l'Espagne (H. Van der Linden) ; on y étudie les grandes phases de l'expansion, l'administration des colonies, le régime économique, la civilisation portugaise et espagnole dans les colonies, les résultats de la colonisation pour la mère patrie.
— Les amis et les admirateurs de Léon Van der Kindere ont entrepris de réunir en volumes les petits travaux du maître dispersés dans les revues et les recueils académiques.
— Les collègues et amis de M. G. Kurth, professeur émérite à l'Université de Liège et directeur de l'Institut historique belge à Home, ont décidé de lui offrir un volume de Mélanges.
Grande-Bretagne. — Feu le prof. F. Y. Powell, mort le 8 mai 1904 à l'âge de cinquante-quatre ans, a laissé de fidèles amis. L'un d'eux, Olivier Elton, s'est proposé d'en raconter la vie à l'aide de ses souvenirs personnels et surtout de nombreuses lettres écrites par Powell ou le con-
CHROfaQUE ET BIBLIOORIPHIB. 249
cernant. La Vie et la Correspondance remplissent tout un volume ; un second est formé d'articles historiques et d'œuvres littéraires que Powell avait semés un peu partout (Frederick York PowelL A life and a selec* Uon from his letters and occasional wriiings. Oxford, at the Clarendon Press, 2 vol., xvi-462 et xvx-464 p., 1906). La partie biographique, traitée avec beaucoup de tact, est d'un grand charme; elle nous fait connaître et aimer Thomme lui-même, avec son intelligeuce si souple, sa culture si étendue, sod cœur si chaud et toujours resté si jeune. Chemin faisant, on y rencontre des noms connus, dont plusieurs illustres : Freeman, Green, Greighton, pour ne parler que des morts; mais aucune de ces figures disparues n'apparaît dans ce livre avec un relief aussi vivant et une grâce aussi touchante que l'ami le plus intime, le principal inspirateur de Powell : Gudbrand Vigfusson, l'auteur célèbre des Origines islandicae. Curieuse collaboration que celle de ces deux hommes si différents : le Scandinave un peu fruste, comme si son commerce littéraire avec les plus anciennes sagas islandaises avait fait revivre en lui l'âme de ses plus lointains ancêtres; l'Anglais si raffiné, d'une culture littéraire si moderne, séduit par tout ce qui était vie, mouvement, lumière. Powell a consacré le meilleur temps de sa vie à traduire l'œuvre de son ami, mais de si originale façon que les deux noms ne sauraient plus être séparés. Traducteur, Powell l'était d'ailleurs avec délices : il s'est diverti plus d'une fois à faire passer dans sa langue les œuvres de poètes français tels que Verlaine, Mallarmé, auxquels il avait voué une admiration enthousiaste. Le tome II présente un moindre intérêt; il se compose surtout d'écrits de circonstance qui perdent une part notable de leur valeur quand on les relit après un long intervalle; peutêtre cependant ceux qui se rapportent aux légendes de la Germanie païenne garderont-ils plus longtemps leur fraîcheur et comme leur nouveauté. Ch. B.
— La librairie Giard et Brière a mis en vente le tome I de V Histoire eonstittUionnelle de l'Angleterre par William Stubbs, traduite par M. G. Lefebvre, avec une introduction et des notes par M. Ch. PsTrr- Ddtailus (Bibliothèque internationale de droit public, 1907, xn-920 p. Prix : 16 fr.). Cette traduction met un livre encore excellent, bien qu'il commence à vieillir, à la portée de nos étudiants d'histoire, trop souvent ignorants de la langue anglaise. M. Petit-Du taillis a d'ailleurs mis l'ouvrage au courant de la science, soit en renvoyant, dans les notes mises au bas des pages, aux éditions plus récentes ou plus autorisées des documents allégués par Stubbs, soit en traitant lui-même de certaines questions qui, dans ces dernières années, ont été l'objet de vives controverses. Les notes additionnelles, qui remplissent les 130 dernières pages du volume, sont consacrées aux sujets suivants : 1» l'évolution des classes rurales en Angleterre et les origines du a manoir » ; 2^ le Folkland. Existait-il une « terre publique > chez les Anglo-Saxons? 3» « Twelfhyndman » et f Twyhynd-man »; une théorie nouvelle (celle de F. Seebohm) sur la solidarité familiale chez les Anglo-Saxons ;
220 GHBONIQUB ET BIBLIOORAPHIE.
le « burh-geat setl »; 5« radoabement du chevalier; les inflaences réciproques de la civilisation anglo-saxonne et de la civilisation franque (d'après Thypothèse de Guilhiermoz) ; 6* les origines de TÉchiquier; 70 la société anglaise à l'époque féodale. Le système des tenures et les origines de la tenure en service militaire; S^ Torigine des villes en Angleterre ; 9« Londres xii« siècle ; iO« les deux procès de Jean sans Terre (fragilité des conclusions présentées par M. Guilhiermoz et MW« Norgate); 11° une « charte inconnue des libertés »; 12o la Grande charte. ~ Les gens de métier auront profit à lire ces notes qui témoignent d*un sens aiguisé des institutions anglaises. Gh. B.
— Le Gaspard de Coligny, Admirai of France, de M. A. W. Whitbhbad (Londres» Methuen, 1904^ in-8«, 387 p., 27 fig. Index) est remarquable à plus d*un titre. D'abord, à la différence des érudits français, Fauteur ne s'est pas contenté d'utiliser les analyses incomplètes et souvent fautives et les traductions parfois erronées des Calendars; il s'est reporté aux originaux. Gela lui a permis de jeter quelque lumière sur l'histoire si controversée du traité de Hamptoncourt. De la discussion très serrée et, en partie au moins, convaincante à laquelle il se livre, il ressort bien que Gondé et Goligny avaient donné au vidame de Chartres un blanc-seing : ils étaient donc fondés à dire que celui-ci avait dépassé leurs instructions, ce qui semble d'ailleurs conforme à la vérité, et même à prétendre qu'ils avaient ratifié le traité sans en connaître exactement le contenu. Ils seraient surtout coupables d'imprudence. — D'autre part, M. Whitehead a étendu ses recherches d'archives non seulement à la France, mais à l'Italie : il nous présente un Goligny inconnu, le Goligny des jeunes années, à propos de son voyage en Italie (1546-47) et de son amitié avec Strozzi. On peut dire de toute la première partie (avant 1559) qu'elle est très neuve. ^ M. Whitehead expose des vues intéressantes sur l'histoire de la réforme française. — Au sujet des entrevues des premiers jours d'août 1472, il aurait dû utiliser les textes du fonds Simancas que j'ai signalés dans mon François de la Noue, — Puisqu'il nous donnait une agréable étude sur le château de Ghàtillon-sur-Loing, je regrette qu'il n'ait pas touché à la question du château de Tanlay, lequel passe pour avoir appartenu à Goligny : il y a là, notamment, une fresque italienne représentant des personnages de la cour en divinités de l'Olympe, peinture dont la liberté et la crudité toutes païennes trancheraient vivement sur l'austérité huguenote. Mais est-elle antérieure à 1572, et Goligny a-t-il quelque chose à y voir? — M. Whitehead fait état, avec raison, du Voyage, de l'Admirai devers T Empereur, fragment des souvenirs sur la cour de Henri II publiés en 1834 dans la Revue rétrospective et ensuite dans les Archives curieuses, l^* partie, t. III, cette fois sous le nom de Giaude de l'Aubespine. M. Whitehead dit simplement : c written by de l'Aubespine. » Il aurait dû ajouter que l'attribution à Giaude est radicalement impossible. J'avais songé d'abord à Sébastien de l'Aubespine, quoique celui-ci se soit trouvé en 1554 non pas, comme l'auteur de la relation, à Goire, mais à Soleare;
CHRONIQUE BT BIBLIOGRAPHIE. 224
de plus, Fauteur est favorable à Goligny, ce qui semble exclure tous les TÂubespine. Après avoir consulté M. Hott, si au courant des moindres déplacements de -nos agents auprès des ligues, je crois pouvoir affirmer qu'il s'agit de Jean des Monstiers, sieur du Fraisse. J'ajoute que ces souvenirs sont en réalité des notes écrites par du Fraisse pour rectifier et compléter une bistoire imprimée de Henri II. H. HH.
— Le Michel de VHospital and his policy de M. A. E. Sbaw (Londres, H. Frowde, 1905, in-8o, 154 p.), est un bon travail d'étudiant, où sont utilisées les recbercbes de M. Dupré-Lasalle.
— Pour faire suite à l'inventaire des Reports de la Royal Commission on historical manuscripts donné dans la Revue historique, t. LXXV, p. 251 et suiv. — Report on mss, in the welsh language, t. II, 1'* partie (1902). — Calendar ofthe mss. of the most hon, the marquis of Salisbury, preserved at Hatfield House, t. IX, X et XI (1902, 1904, 1906). Ces volumes se rapportent aux années 1599, 1600 et 1601 ; ils intéressent au plus haut point l'histoire des relations extérieures de l'Angleterre; les affaires du comte d'Essex y occupent aussi une grande place. — Report on the mss, of Mrs, Ptankland-Russel-Astley, of Chequers Court, Bucks (1900); ces papiers forment trois groupes : 1<» correspondance des familles Russell et Frankland, la première étroitement apparentée à celle des Gromweli (1657-1697) ; 2° papiers des familles Gutts et Revett (1687-1708), la plupart relatives aux opérations militaires dans les Pays-Bas; 3® lettres du colonel Gbarles Russell (1742-1754); plusieurs se rapportent à la guerre de la succession d'Autriche. Noter, en outre, le « Note-book » de Sir John Groke, « speaker » de la Ghambre des communes; on y trouvera la substance de plusieurs discours que ses fonctions l'appelièrent à prononcer devant la reine Elisabeth et devant Jacques I», 1595-1607. — Report on mss. in vaHous collections, t. I (1901) : mss. de la Corporation de Berwick-upon-Tweed (depuis le XVI* siècle) : mss. de la ci-devant Corporation de Barford, au comté d'Oxford (cette corporation a été dissoute en 1861 ; les archives sont devenues la propriété d'un M. Cheatle, fils du dernier alderman); archives judiciaires du comté de Wilts (quater sessions, 1577-1665); archives épiscopales et capitulaires de Ghichester; archives capitulaires de Gantorbéry (suite aux rapports V, VIE et IX de la R. Commission) ; archives du comté de Worcester (xvii* siècle) ; archives de la Corporation municipale de Lostwithiel (presque toutes modernes); archives capitulaires de Salisbury, t. II (1903) : mss. de Sir George Wombwell (papiers de la famille Belasyse, vicomtes Fauconberg, alliée aux Fairfax ; quelques chartes provenant des abbayes de Byland et de Rievaulx. Lettres des vicomtes et comtes Fauconberg, xvu*-xvin« siècles, parmi lesquelles plusieurs de Laurence Sterne ; description de l'Angleterre en 1657); mss. de Miss Buxton, à Shadwell Court, Norfolk (intéressant pour rhistoire des Arundel-Norfolk au xvi« et au xvn« siècle) ; mss. de Lord Edmond Talbot (outre plusieurs chartes anciennes, on y trouve
222 CHROlflQUE ET BIBLIOGRAPHIE.
les papiers personnels et officiels de Sir Gilbert Talbot, qui fut gouverneur de Calais sous Henri Vil et Henri VIII) ; mss. du duc de Norfolk (zii«-xYii* siècles); mss. de Mrs. Harford, de Holme Hall, au comté dTork (xvii* siècle); mss. de Mrs. Wentworth, de Woolley Park, au comté dTork (xvii«-xviii« siècles). T. III (1904) : mss. de T. B. Clarke- Thornhill (intéressants pour l'histoire de Sir Thomas Tresham et du parti catholique sous Elisabeth) ; mss. additionnels de Sir Thomas Barre tt-Lennard (suite au Rapport XI, app. 4.; documents relatifs au procès de Loftus en Irlande); mss. de Pelham R. Papillon (lettres de Charles I«% de Cromwell, du prince d'Orange; M. Papillon compte parmi ses ancêtres Sir Henry et Sir W^alter Vane); mss. de W. Cleverly Alexander (lettre de John Noies à sa femme, pour lui raconter les cérémonies et réjouissances qui eurent lieu lors de la création du prince Henri comme prince de Galles, juin 1610). — Report on the mss. of Colonel David Milne Home ofWedderburn Castle (1902) (concerne surtout rhistoire de la famille écossaise des Home de V^edderburn, qui remonte au temps des rois Guillaume de Lion ; quelques documents concernent le prieuré de Coldingham). — Calendar of the mss, of the marquess of Ormonde, preserved at Kilkenny Castle. Nouvelle série, t. I-n (1902-1906). Collection fort importante pour Thistoire de Tlrlande sous les Stuarts au xvii« siècle. — Calendar of ilie Stuart papers helon^ ging to His Majesty the king, preserved at Windsor Castle, t. I et II (1902-1904). Ces papiers, provenant du roi Jacques HI, dit le Vieux- Prétendant, de son fils Charles-Edouard et de Henri, cardinal d'York, ont été achetés par le prince Régent en 1804 et en 1819. — Calendar of the mss. of the marquis of Bath, preserved at Longleat, Wiltshire, t. I (1904). Collection d'un intérêt très varié pour l'histoire intérieure de l'Angleterre au xvn« et au xvin« siècle. — Report on the m^s. of Mrs. Stopford'Sackville of Drayton House, Northamptonshire, t. I (1904). Ce sont des lettres, rapports et autres documents officiels provenant de Lord George Sackville, 1755-1784. — Report on the mss. ofthe earl of Mar and Kellie, preserved at Alloa House (1904). Les archives de cette puissante famille écossaise commencent vers le milieu du xiv* siècle ; mais elles ne prennent une importance générale qu*à partir de John, cinquième lord Ërskine, premier comte de Mar, qui fut régent d'Ecosse. Les documents analysés ou publiés forment trois groupes principaux relatifs, Tun à Jacques VI (I" d'Angleterre) et à Charles !•', l'autre à Jacques II, le dernier à la reine Anne et à TUnion des deux royaumes d'Ecosse et d'Angleterre. — Report on american mss. in the Royal Jnstitution of Great Britain, t. I et II (1904-1906). Ces papiers proviennent du quartier général des généraux anglais qui ont commandé en chef pendant la guerre de l'Indépendance; ils forment actuellement une collection de 62 volumes. — Report on the mss. of J. B. Portescue, preserved at Dropmore, t. IV (1905) et V (1906). Très important recueil de pièces relatives aux négociations secrètes qui aboutirent à la formation de la 3<> coalition, à la campagne de 1799 et aussi
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à la guerre civile en Irlande de 1798. — The mss. of the duhe ofRutland, preserved at Belvoir Castle, t. IV (1905). Ce volume comprend trois sections : lo Chartes anciennes et cartulaires, avec des notes, par J. H. Round (celles du xii« siècle publiées à peu près in-extenso); 2« correspondance relative à Texpédition des Anglais contre PÉcosse en 1549; 3» livres de comptes de la maison des comtes de Rutland; ces derniers appartiennent au xvi« et au xvii« siècle. — The mss, of the House of Lords, t. III (4905), relatif aux années 1697-1699. — Report on mss. in the welsh language, t. I, 3' partie (1905), Peniarth; t. II, 3* partie (1905), Panton, Gwrtmawr. — Report on the mss. oftheearlof Verulam, preserved at Gorhambury (1906). Il n'y a presque rien dans ces archives qui se rapporte à la famille du fameux chancelier de Jacques I***; ce sont surtout des papiers de la famille Grimston, dont un, Sir Edward, était, au moment de la prise de Calais par les Français, contrôleur de la ville et de ses dépendances. La plupart se rapportent aux affaires intérieures du xvii* et du xviii* siècle. — Report on the mss. of the marquess of Lothian, preserved at Blickling Hall, Norfolk (1905). Outre quelques documents anciens des xii^'-xv* siècles (entre autres le rôle de l'aide levée dans le comité de Norfolk pour la chevalerie du Prince Noir), on trouve dans cette collection les papiers de la famille Hobart, en particulier ceux de John Hobart, second comte de Buckarghamshire. Ces derniers, qui présentent un intérêt générai, se rapportent à l'ambassade du comte à Saint-Pétersbourg, 1762-1765 (publ. en partie déjà pour la Camden Soc, 1900, 1902), aux colonies américaines et aux affaires dlrlande, 1771-1792. — Report on the mss. of Lady Du Cane (cf. Rev. hist., LXXXVIII, 449). — Report on the mss. of the earl of Egmont, vol. I, l'* et 2* parties (1905). Correspondance de la famille Perceval sous les deux premiers Stuarts et jusqu'à la Restauration. — Report on frandscan mss. preserved at the Con^ vent, Merchani's Quay, i)ti2)/m (1906). Documents appartenant au collège irlandais de Saint-Isidore, fondé à Rome en 1625 et transféré à Dublin en 1872. Le premier gardien du collège fut Luc Wadding, le célèbre historien des Frères Mineurs. On trouvera ici une bonne partie de sa correspondance, fort intéressante pour l'histoire religieuse pendant le second quart du xvii« siècle. — Calendar of the mss. of the dean and chapter of Wells, vol. I (1907). Cet inventaire, où a été en partie refondu celui de J. A. Bennett (1885), porte seulement sur trois registres, où sont transcrits des documents du xiii« et du xiv« siècle. — Le 16* rapport de la Commission (1904) donne une sorte de résumé de toute la collection up to date.
Russie. — La science russe a fait une perte considérable en la personne de M. Vasili Ivanovitch Modestov. Il était né en 1839 dans le gouvernement de Novgorod. Il est mort à Rome dans le courant du mois de février. Il acheva ses études à l'Université de Saint-Pétersbourg et se consacra surtout à la littérature latine et à l'histoire romaine. En 1865, il présenta pour le grade de magister (licencié) une
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dissertation sur la Vie et l'œuvre de Tacite, et, en 1869, il obtint le titre de docteur avec un travail sur l'Écriture à Rome à Vépoque des rais, travail qui a été traduit en allemand. Il enseigna tour à tour la littérature romaine aux Universités de Kazan, Kiev, Odessa, Saint-Pétersbourg. Tout ensemble philologue érudit et publiciste ingénieux, il collabora à un certain nombre de journaux, notamment au Golos (la Vois) et à la Gazette russe de Saint-Pétersbourg et publia un grand nombre d'articles dans la Bévue de l'Instruction publique de Saint-Pétersbourg. Plusieurs séries d'essais ont été réunis en volumes : VAllemagne (1888), la France (1889), l'Italie oonUmporaine (1893). Depuis une dizaine d'années, il avait pris sa retraite, il s'était établi à Rome. Il étudiait particulièrement la question des origines italiotes. Il a résumé ses recherches dans un grand ouvrage qui a été traduit en français : Introduction à l'Histoire romaine (traduction Michel Delines, in-4«, libr. Alcan) et qui est précédé d'une préface de M. Salomon Heinach. Tout en faisant quelques réserves sur les idées de l'auteur, notre savant confrère se plaît à louer c l'immense utilité du travail de M. Modestov dont la place est, dit-il, marquée désormais et pour longtemps dans toutes les bibliothèques hidtoriques et ethnographiques. La science sans épithète et la science italienne en particulier lui doivent une vive reconnaissance, l'une pour l'avoir enfin dotée d'un instrument de travail commode et digne de confiance, l'autre pour avoir mis en œuvre et en pleine lumière ses belles découvertes, pour l'avoir tirée de la demi-obscurité où elle semblait condamnée à se mouvoir ». Au moment même où M. Modestov était subitement frappé, M. Gagnât lui donnait dans le Journal des Savants (cahier de février 1907) un témoignage de sympathie auquel il eût certainement été très sensible. Il avait toujours rêvé d'entrer en rapport avec les savants français et de s'imposer à leur estime. Il meurt en vue de la terre promise. L. Leoer.
Erratum.
P. 80, n. 4^ supprimer les mots : f Balao, au reste, indique la date exacte. »
L'un des propriétaires-gérants, G. Monoo.
Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupelbt-Godvbrnbur.