‹ La question du canal de Beauharnois [microforme]Chapitre 14 sur 21 · Y, COUT DU CANAL DES CÉDRES · texte numérisé non relu

Y, COUT DU CANAL DES CÉDRES

MM. Lanthier et Masson nous disent que le canal de Beauharnois a coûté une somme fabuleuse ; qu'il a fallut élever des phares, construire des môles, des chaussées, des jetées en crand nombre, afin d’en rendre l'accès et le passage possibles. Encore, disent-ils, les naufrages y sont nombreux et ils concluent que tous ces faits démontrent que le choix de la rive sud en 1842 a été une grande faute.

En supposant pour un instant que le tableau qu'its fon des difficultés de la construction de l'ouvrage et de son fonclionnement ne soit pas surchargé, suffit:il pour engager je pays à perdre le fruit de toutes ces dépenses et à entreprendre la construction d’un nouveau canal au nord, au lieu de l'élargissement du canal actuel. Les sommes immenses, dont parlent ces messieurs, ont été payées ; c’est done autant de moins que la Puissance aura à rencontrer.

Ces messieurs ont la bonté d'offrir des consolations aux hahitans de Beauharnoïis. Ne vous alarmez pas, disentils, nous ne voulons pas fermer votre canal; nous voulons le conserver pour le petit commerce, Mais si l'entrée à Valleyfield est si désastreuse à la navigation, si elle est cause de tant de naufrages et mème de pertes de vie, comment pouvez-vous en recommander l'usage pour les plus faibles navires. Voilà la plus évidente des inconséquences et la preuve palpable de la faussselé des objections de nos adversaires.

Et encore, quel a été en vérité le coût du canal de Beanharmois? Le Ter juillet 1867, il coûtait $1,611,424.11, et dans cette somme étaient comprises 822.783 45, pour la construction. de chausées ou dams à Valleyffield et à l'Ile aux Chats, et $254,807.,31 pour les dommages causés par l’innondation des terres d'Hungry Baie. A la mème époque, ler juillet 1867, le canal de Lachine coûtait $2,587,552.85; celui de Cornwall, $1,933,152.69 ; et ceux de Williamsburg, $1,320,665. 54, Tousces canaux ont été construits à peu près dans le

même temps, et à part ceux de Lachine et de Williamsburg, ils ont rencontré presque les mêmes difficultés. Ceux de Willamsburg, ont été singulièrement favorisés par les immenses favantages que présentait la rive du fleuve, et c'est ce qui explique le chiffre comparativement moins élevé du coût de leur construction.

MM. Lanthier et Masson, qui ont tant de choses à dire et à contredire dès qu'il s'agit du canal de Beauharnoïs, se sont bien donné garde de nous parler du coût probable de leur canal des Cèdres. C’est un point qui vaut pourtant la peine d’être examiné et sur lequel ces MM. auraient dû éclairer le public. de ne suis pas ingénieur ; je n’ai pas même accès à Ja bibliothèque du Parlement, ni au bureau des ingénieurs du Département des Travaux Publics ; je trouve néanmoins dans le long document dont parle M. Lanthier, des estimés qui méritent l'attention publique.

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