De Lyon à la mer. Coût croissant des projets
— Pour le Rhône, en aval de Lyon, les projets successivement présentés ofiTrent une augmentation constante de la dépense prévue. Le projet Céard de 1808 prévoit 46 millions ; le projet Krantz de 1873 prévoit 90 millions ; le projet Denèfle, 170 millions; M. Barlatier de Mas prévoyait d'abord 400 millions; ce nombre fut ensuite porté par l'administration à 525 millions, et c'est un prix d'avant-guerre.
Cette croissance constante n'a rien qui puisse étonner. D'une part, les prix dé toutes choses ont augmenté ; d'autre part, et surtout, il s'agit de projets de plus en plus compliqués, cherchant à rendre possible la navigation par des bateaux de plus en plus grands.
190. Devis des Ponts-et-Chaussées. Devis de M. Arpiand. — Le détail du devis de radministration est annexe au procès- verbal de la séance de la Chambre de commerce de Lyon, du 10 juin 1909.
Nous en tirerons les renseignements sommaires qui suivent :
Coût de la, section Lyon-Givors. 91 .686.000 francs
— — Pont-de-risère à Mondra-
gon 144.332.000 —
Parties restant à exécuter : Givors au Pont-de-
l'Isère 170.006.000 —
A reporter 406.024.000 firancs
Report 406.024.000 francs
Parties restant à exécuter : Mondragon à Arles., 106.890.000* — — — rigoles d'alimentation de Donzère 11 .728.000 —
Total. . . , 524.642.000 francs
L'avant-projet était de.... 505.850.000 — Différence ■ 18.792.000 —
Cette diflërenee représente le coût des descentes au Rhône, dans l'hypothèse ou le canal serait exécuté par sections, ces descentes devant, du reste, demeurer utiles. Le coût de ces descentes est ainsi prévu :
Descente à Givors 7.800.000 francs
— Pont-de-risère 4.747.000 —
— à Mondragon 6.245.000 —
Total égal a la différence CI-DESSUS 18.792.000 francs
Les acquisitions de terrains sont prévues dans le devis pour la somme de 53.258.400 francs.
Les souterrains figurent au devis pour 83.813.250 francs. Les écluses, aqueducs d'alimentation de biefs et usines hydroélectriques, ouvrages de vidange de biefs, figurent pour 32.465.730 francs.
Une somme à valoir de 15 7o a été ajoutée au coût des travaux , ainsi que 3 **/o pour frais généraux.
Le devis ne paraît pas comprendre le coût de l'anaénagement des ports, sauf un bassin-port dans la section de Givors au Pont-de-risère, prévu pour 601.377 francs.
Les travaux prévus, autres que les souterrains, écluses et ouvrages déjà cités, se composent des terrassements, travaux à exécuter pour assurer les communications sur routes et chemins, pour l'écoulement des eaux, pour la déviation et rectification des voies ferrées, travaux d'étanchéité, de protection, de consolidation et d'assainissement des tranchées et remblais.
M. Armand, dans son rapport au Conseil supérieur des travaux publics, publié en juin 1919, évalue la dépense de son projet d'aménagement par barrages et dérivations à la somme de 495.150.000 francs s^i les écluses sont de 12 mètres, et à celle de 511.375.000 francs, si les écluses sont de 20 mètres. Au tarif d'après-guerre, M. l'Inspecteur général de la Brosse porte la dépense de l'aménagement de cette partie du Rhône à 750 millions.
L'exposé des motifs du projet de loi sur l'aménagement du Rhône, voté par la Chambre des Députés le 16 octobre 4919,
apprécie comme suit Tordre de grandeur dB la dépense à prévoir, en majorant de 100 V© les prix d'avant-guerre et en ajoutant au prix des travaux les intérêts intercalaires, les frais accessoires, les dépassements possibles. Ces prix s'entendent avec un ou deux barrages et une dérivation entre la frontière et Seyssel, 5 dérivations éclusées en amont de Lyon, 12 dérivations éclusées de là à- la mer, des usines hydrauliques à chaque dérivation, et des ouvrages permettant le passage de chalands de 1200 tonnes. L'évaluation comprend encore .les travaux nécessaires pour Taménagement agricole de 260.000 hectares de terrain à irriguer, avec les canaux primaires et les stations de pompage.
La dépense, ainsi calculée, sejait de 240 millions pour l'irrigation. Pour la navigation, elfe serait de 188 millions pour Tamont de Lyon, 100 millions pour Taval, . total 288 millions. L'aménagement de l'énergie coûterait 616 millions pour Tamont de Lyon, 925 millions pour l'aval, total 1541 millions. Le collecteur d'énergie unissant les usines génératrices et la ligne de transport de force à Paris coûteraient 200 millions.
Le total général est donc de 2 milliards 269 millions, soit deux milliards et demi avec les frais accessoires et les intérêts intercalaires pendant la construction.
191. Economies proposées par MM. Ler^Vallois et Chaxnbaud de la Bruyère. — M. le commandant Le Vallois estime, sans que nous ayons à ce sujet de chiffres précis, que son projet de canal à très longs biefs serait beaucoup moins coûteux que le canal à écluses de l'administration. Il propose d'établir 4 ou 5 biefs seulement sur les 270 kilomètres qui séparent Lyon et Arles, et 4 ou 5 plans inclinés avec élévateurs à bateaux, d'une hauteur de 30 à 40 mètres chacun environ.
Il ne semble pas que la réduction de prix obtenue par la suppression des écluses et de leurs accessoires puisse être bien considérable, puisque le devis des Ponts- et-Chaussées ne comprend ces travaux que pour moins de 33 millions; et il faut tenir compte du coût des ascenseurs sur plans inclinés.
D'autre part, il est possible que les très longs biefs de ce projet permettent d'adopter un tracé plus facile et moins coûteux que celui de l'administration, peut-être en évitant une partie des tunnels.
Nous avons vu que M. Chambaud de la Bruyère estime que son projet coûterait 300 millions, soit environ 200 millions de moins que le projet de l'administration. Mais nous avons résumé * l'argumentation de la Chambre de Commerce de Lyou