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Le Rhône, de Genève au fort de l'Ecluse

A sa sortie du lac, à Genève, sous le pont du Mont-Blanc, le Rhône a un courant de 1 m. 50 à la seconde. Il est alors

1. Lenthéric, le RhônCy p. 33. M. Martel (Conférence à la Société d'Agriculture de Lyon) dit ceci : « On a indiqué que le débit des plus grandes crues est de 9:5 m. c. à Saint Maurice », et cite à cet égard M. Tavemier (Congrès de la houille blanche, i902, p. 187). Bien que Saint-Maurice ne soit pas Villeneuve, n'y a-t il pas une erreur quelque part?

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limpide, et son débit ne dépasse guère 600 mètres cubes à la seconde. Mais, à 2 kilomètres du pont du Mont-Blanc, il reçoit l'Arve, torrent irrégulier, souvent boueux, dont le débit peut dépasser celui du Rhône et atteindre 700 mètres cuj;>es. M. Fingénieur Goutagne signale, diaprés BaefT, une crue exceptionnelle, le 3 octobre 1888, où TArve débita 1.136 mètres cubes par seconde. Cette crue se fît sentir sur tous les ruisseaux et torrents du Chablais et du Faucigny.

Sans les barrages de Genève, qui permettent de conserver, en hiver, un débit de 150 mètres cubes, le Rhône ne donnerait, à Tétiage, à sa sortie du lac Léman, que 90» parfois même 50 mètres cubes. En été, le débit atteint 600 mètres cubes, parfois même 700 mètres cubes*.

Le Rhône, augmenté de l'Arve, trouve, après un parcours d'environ 30 kilomètres depuis Genève,, un obstacle naturel qui pose, comme nous le verrons, un problème difficile à résoudre pour la navigation. La vallée se resserre entre deux puissants massifs : à gauche, les montagnes du Vuache ou de Ghaumont, qui font partie des Alpes de Savoie, à droite le Grand Gredo^, qui termine la chaîne du Jura. Entre ces montagnes, le Rhône franchit une ce cluse d, gorge étroite où le fleuve a tracé son lit, entaillant la roche. Gelte gorge resserrée était un point stratégique important ; aussi est-elle dominée, à son entrée du côté de la Suisse^ par deux forts, dont le plus bas est devenu une simple caserne, alors que le plus élevé, utilisable comme défense, est retiré sur une terrasse de Téperon de la Sorgia. Leur nom de forts de m TEcluse » provient peutêtre d'une altération; il s*agit d'une a cluse », ou fermeture {cludOf ferçfier); peut-être s'agit-il aussi d'une écluse, au sens étymologique du.mot (excludere^ exclure, repousser, fermer le passage).

24. La Perte du Rhône. Pentes et débit* depuis Genève. — Un peu eu amont de Bellegarde, les eaux du Rhône ont creusé le rocher à tel point qu'elles y disparaissent presque complètement. M. de Saussure, avant l'annexion de la Savoie à la France, décrit ainsi le phénomène : « Avant d'arri- (i ver au lieu nommé la Perte du Rhône, ce fleuve coule dans « un lit profond qii'il s'est creusé dans les terres ai^ileuses. Ce «c lit redevient cependant plus large, et comme il est très égal (( et en penle douce, les eaux ne sont point agitées et coulent o( avec une tranquillité majestueuse. Mais lorsque le Rhône

i. Les chiffres extrêmes de 50 mètres cubes et 700 mètres cubes sont fournis par M. A. G. Maillet.

2. Orthographe de la carte d'Etat-Major; Grand Crêt d'Eau dans l'Atlas de Vidal-Lablache.

« arrive sur la barre de rocher qui passe sous les argiles, tout « à coup ce rocher manque sous lui; son lit prend la forme « d'un entonnoir, le fleuve s'y engouflre avec une vitesse et « un fracas prodigieux; ses eaux se refoulent mutuellement, « s'agitent, se soulèvent et se brisent en écume. Les rochers « qui forment cet entonnoir se resseiTent même à un tet point « qu'il y a une place où il ne reste pas deux pieds de distance « d'une rive à l'autre, en sorte qu'un homme, même de « moyenne taille, pourrait poser un de ses pieds sur le bord « qui appartient à la France, et l'autre sur celui qui dépend « de la Savoie, et voir entre ses jambes ce beau fleuve "qui « semble frémir de colère et s'efibrcer de passer avec toute la « vitesse possible dans ce défilé qu'il ne peut éviter. Mais cette « position serait encore plus périlleuse que brillante; ces « pointes de rochers inclinées et mouillées sans cesse par « les eaux qui rejaillissent sur elles, formeraient un piédestal « trop glissant au-dessus d'un gouffie aussi terrible. » Cette description n'est plus entièrement exacte, car des ébouiements ont élargi la fissure.

Entre la Perte du Rhône et le confluent de la Valserine, soit sur un parcours de 500 mètres, la dénivellation atteint près de 12 mètres. Entre le lac Léman et la Valserine, — distance 42 kilomètres environ, — en suivant le fleuve, la différence de niveau est d'environ 80 mètres. Le débit des basses eaux, difficile à estimer en raison de l'impétuosité du courant, a été estimé à 180 mètres cubes par seconde. D'après les relevés delà Société française des Forces hydrauliques du Rhôfie, de 1901 à 1910, le Rhône, à Bellegarde, a moins de 150 mètres cubes pendant deux mois et demi au plus, et 120 mètres cubes pendant vingt jours seulement ^environ.

25. Le Rhône, de Bellegarde au confluent de la Saône. Débit. Pentes. — Après Bellegarde, le Rhône conserve l'allure d'un torrent, encaissé entre le Grand- Colombier à droite, et, à gauche, les* montagnes de Savoie, qui lui envoient, à travers de profondes gorges, les torrents des Usses et du Fier. La gorge du Rhône forme, sur ce parcours, un remarquable canon.

Vers le village de Surjoux*, entre les châteaux du Parc et de Pyrimont. le Rhône change de caractère, et prend Tallure d'un cours d'eau navigable. La vitesse diminue, un premier banc de gravier couvert de quelques oseraies montre que le fleuve a perdu la force d'entraîner tous les graviers, et qu'il commence à les déposer. En aval de Seyssel, la vallée s'élargit,

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