‹ La question du vase de sangChapitre 17 sur 101 · De phialis rubricatiSj p · texte numérisé non relu

De phialis rubricatiSj p

les étrangler ». Peu à peu cette abominable pratique devint générale, et on ne peut douter que des lois impériales ne l'aient étendue à toutes les vierges chrétiennes^. C'est pour échapper à cette honte que beaucoup d'entre elles prévenaient l'outrage par une mort volontaire, ne croyant pas en cela être coupables ; saint Jérôme, bien après les persécutions, écrivait: « In persecutionibus proprià non )) licet perire manu, absque eo ubi castitas periclitatur^ »

On ne peut malheureusement douter que la loi n'ait été exécutée4. Et si elle l'a généralement été, nous ne pouvons pas croire que tant de jeunes filles, et de l'âge le plus tendre, aient été soumises à de si honteux traitements 5.

Il n'est pas supposable, en tous cas, que tous ces enfants aient subi le martyre. Sur la tombe de l'un d'eux, en effet, à côté du vase rougi, on lit l'inscription suivante :

AVRELIVS REFRIGERIVS

VIXIT ANNORVM IIII

MES VIII. SETIMV KALE

FEBRAS D0MI6.

Cet Aurelius sans doute n'était pas martyr, pas plus que tant d'autres enflants à qui leurs parents élevaient des tombes ornées du vase dit de sang 7.

Une autre inscription, citée par Mgr Gerbet, n*a guère le langage qu'on tient habituellement en parlant d'un martyre. Je vais la reproduire ici: NIMIVM. CITO. DECIDISTI | CONSTANTIA. MIRVM" | PVLCHRITVDINIS. ATQVE I IDONITATI. QVAE. VIXIT. ANNIS | XVIII. MEN. VI. DIE. XVI I CONSTANTIA. IN FACE». Malgré tout le respea dû à l'illustre évêque, je crois que cette inscription confirme ma thèse, loin de l'ébranler.

Une autre vraisemblance qu'il est inutile de développer, peut se tirer de ce

Page 1