ARMÉES
OR
AUGEMT.
ltel.56erittiéyénne. . ; 1857-61 — . . .
thalera.
Si nous examinons spécialement rexportation métallique pour rOrient dans les deux dernières années, hous en trouverons les chiffres dans d'autres rapports.
Peur Alexandrie. . . ^ . . . . 6 150000 thaï. 31 770000 thaï. Pour les Indes et la Chine. . . . 18 240000 561600lK)
Total d*or et d'argent . . 24590000 67 930000
Voici enfin In tableau des prix de l'argent métal à Londres et le taux respectif des deux métaux, qui est surtout déterminé par la demande d'argent pour les Indes; celle-ci se traduit à son tour par les cours de Londres sur les places dfes Indes orientales :
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Les chiffres relevés par M. Soëtberi* confirment
152 QUELQUES INDlCAilONS
pleinement le fait capital que la production de l'or a décliné, tandis que celle de l'argent s'est accrue durant la dernière période écoulée. Cette circonstance se prête peu à une mesure qui tendrait à supprimer le cours officiel de Targent pour demander à l'or tout le service rendu par la monnaie légale. Elle accroîtrait singulièrement la puissance du capital déjà formé vis-à-vis des résultats actuels du travail, c'està-dire du capital qui se forme; elle amènerait la baisse nominale de tous les produits, bien autrement redoutable que la hausse dont on se plaint ^aujourd'hui; elle sacrifierait sous toutes les formes, et dans tous les cas, le débiteur au créancier. L'or est devenu plus cher et l'argent a perdu la prime dont il profitait. Le point de fait est incontestable, il importe d'en tenir grand compte.
Les derniers renseignements sur la production de l'or en Australie témoignent encore d'un certain mouvement rétrograde. Le gouvernement local cherche à stimuler cette production en promettant de larges primes pour la découverte de nouvelles mines. Beaucoup d'anciens terrains, qui rapportaient abondamment de l'or, sont maintenant épuisés.
Nous n'insisterons pas davantage sur ce côté de la question; mais, afin de compléter ce que nous voulons dire sur le mouvement de la question monétaire en Allemagne, nous devons reproduire au moins en partie le dernier écrit de M. Prince-Smith sur les Types métalliques et les Monnaies . Il résume d'une manière précise les idées qui nous sont communes, et
A l'appui du Mémoire sur l'or et l'argent. iS3
la citation étendue que nous allons faire jettera une vive lumière sur l'état véritable du problème tel qu'il est posé au delà du Rhin. Après avoir signalé les obstacles que rencontre l'unification monétaire, M. Prince-Smith dit :
Cependant ces difficultés ne proviennent pas de rintroduction de la monnaie légale d*or, mais de la monnaie légale d'argent; elles résultent de la diminution du prix de l'argent qui ne tarderait pas à se produire, si Ton ôtait à Targent le cours obligatoire sur lequel reposait en partie le prix actuel.
Est-il donc nécessaire d'abroger la monnaie légale d'argent pour faire place à la monnaie légale d'or? Depuis plus de cinquante ans la monnaie d'or existe en France à côté de la monnaie d'argent, au moyen d'un taux de change fixe de 1= 15 1/2. Un débiteur y est libre de payer une dette de 100 francs au moyen de 298%0326 d'or ou de 450 grammes d'argent. Il est vrai que ce taux correspond à la moyenne qui s'est maintenue depuis bien des années pour le prix de For et de Pargent. Mais, en face des fluctuations inévitables qui arrivent, la fixation par la loi du prix de l'or en argent et vice versa est présentée comme un acte arbitraire. En réalité, cette règle circonscrit les fluctuations des deux métaux précieux dans des limites plus restreintes qu'elles ne le seraient autrement. Si, par exemple, le taux de l'or baisse, on payera de préférence en or ; l'or est plus recherché, tandis que la demande diminue pour l'argent. Cette tendance produit une augmentation du prix de Tor, de sorte que les fluctuations dans le taux des deux métaux précieux se corrigent promptement. Comme ces deux métaux sont d'excellents moyens d'échange et qu'ils sont susceptibles de se remplacer réciproquement, une augmentation de Toffre pour l'un détermine une diminution de la demande pour l'autre.
Les prix des deux métaux suivent d'un autre côté la môme impulsion et dans le môme sens ; ils montent et tombent en même temps par rapport aux marchandises; mais leur taux
1^4 QUELQUES INPICÀTIONS
respectif change peu, à moins qne }a bi ne vienne abolir la faculté de remplacer Tun par Tautre. Par suite de ce système, la forte augmentation du stock de For qui s'est produite depuis 1848 n'a pas occasionné une grande diminution du prix, comme bien des personnes Tont supposé; on pouvait facilement le substituer à l'argent pour les payements, ce qui arrêta la baisse. Si les arrivages d'or avaient seuls réagi sur le prix de ce métal, en changeant le prix de For par rapport à celui de l'argent dans la même proportion que celle du stock d'or vis-à-vis du stock d^ argent, l'or aurait énormément baissé, il serait peut-être descendu jusqu'au rapport de l:r=12.
Mais, à moins que la loi n'y mette obstacle, la demande en fait de moyens de payement métallique s'adressent à l'or ou à l'argent, Taccroissement des importations de l'un ou de Tautre métal représente une augmentation de la somme totale des moyens de payement, soit du stock d'or et d'argent. Par oonsé^ quant, un pareil accroissement produit des fluctuations moins fortes, suivant la proportion dans laquelle le stock des deux métaux dépasse celui de l'un des deux métaux pris isolé» ment. Quand la faculté naturelle de l'or et de l'argent de se remplacer réciproquement comme moyens de payement est secondée par une loi conçue dans ce sens, on ajoute encore à l'action de ces circonstances, qui font qu'il y a moins de flue* tuations dans le prix des deux métaux précieux que dans celui des autres marchandises.
Il peut paraître arbitraire d'obliger le créancier à reoevoir, au choix du débiteur, de l'or ou de l'argent à un taux fixe, tandis que la proportion relative de leur valeur varie en réalité et continuellement sur le marché universel. Mais si ce système tend à circonscrire les fluctuations de leur taux dans des limites trop étroites pour qu'elles puissent se faire sentir dans les transactions commerciales, il n'offre aucun inconvénient ou désavantage pratique. Par contre, un grand avantage consiste dans la diminution delà force effective de ces fluctuations quant aux prix respectifs de l'un des deux métaux vis*ji-vis de Pautre,
A l'appui du MÊMOIBE SUB l'oR ET L^ARGENT. iBS
aussi bien qwB quant aux prix des deux métaux par rapport aiu marchandises en général. Seulement une pareille fixation légale du taux des deux métaux demande à ne pas être pratiquée ior un territoire trop restreint.
Ce système ne saurait s'appliquer que dans un pays wmz étendu pour faire face aux fluctuations du marché universel, en sorte que, dans le cas d'une hausse ou d'une baisse de Tun des deux métaux, on voie se produire une réaction pour rétablir l'équilibre en absorbant une partie du métal qui est en baissa et en livrant au dehors celui des deux métaux qyi est en hausse^ sans qu'il en résulte aucune perturbation sérieuse pour le marché intérieur. Il faut nécessairement un territoire dont le stock métallique soit à la hauteur des conjonctures qui peuvent se présenter sur le marché universel.
Plus le pays est grand et riche, et mieux il peut établir un taui légal pour régulariser le prix de l'or et de Targent. C'est la France qui, au grand avantage du monde civilisé, a adopté et maintenu jusqu'à présent ce système , sans qu'il en soit résulté de pertes ni d'inconvénients pratiques. Depuis 1848 Tor est resté un peu au-dessous du taux établi en France pour les payements en argent, on s'en est servi de préférence et il est devenu le principal moyen de payement.
La situation du marché s'est modifiée dans ces derniers temps* L'argeat est un peu moins rare et, par conséquent, meilleur marché. C'est pourquoi on a commencé à craindre en FrancQ ^e les provisions d'or qu'elle possède ne viennent à s'épuiser et à céder la place à l'argent. C'est pour cette raison qu'en France beaucoup de chambres de commerce demandent au gouvwnement Tabrogation de la faculté qu'on a de payer en argent *. Dans la situation actuelle des choses, il se pourrait qu'il
* En présentant l'analyse des délibérations des chambres de commerce, nous avons montré combien cette opinion qu'on a essayé d^ propager, et que M. Prince-Smith accepte comme un fait constant, s'éloigne de l'exacte étude de ces documents. Loin de réclamer la suppression de Vargent comme monnaie légale, la plupart des chambres la
1S6 QUELQUES mBICATIONS
n'en résultât pas de grand désavantage pour la France ; mais ce serait une calamité pour la marche générale des affaires, car une pareille mesure ferait perdre le moyen employé jusqu'à présent avec une grande efficacité pour régulariser le taux respectif des deux métaux et le mouvement métallique en général.
M. Prince-Smith explique à merveille comment, si la France commençait par abandonner l'argent comme moyen légal de payement, le taux de For hausserait, et la situation deviendrait fort difficile pour l'Allemagne. « Pour prévenir cette éventualité, ajoute-t-il, il faut d'abord s'assurer le moyen d'avoir la quantité nécessaire d'or au prix de 15,5, ou à peu près dans cette limite. Ce ne peut être possible que si par l'introduction chez nous de la monnaie légale double, nous déterminons la France à maintenir l'argent comme moyen de payement légal. Appliqué sur une si vaste échelle, le système des « étalons facultatifs» deviendrait encore plus efficace pour corriger les fluctuations du taux des métaux précieux et pour régulariser le mouvement des moyens de payement en général. Ce serait le meilleur mode d'engager d'autres États à suivre cet exemple, et pour arriver ainsi an système universel.Leshausses elles baisses, soit les importations et les exportations, alterneraient entre les deux métaux; mais il y aurait une plus grande régularité dans ce mouvement alternatif, de sorte qu'il n'en résulterait pour personne ni pertes ni inconvénients graves. »
redontent et la condamnent, soit d'une manière forinelle, soit par défaut d'adhésion à la doctrine contraire.
A l'appui du Mémoire sur l'or et l'argent. 167
La plus complète conformité de vues règne donc entre M. Prince-Smith et nous sur cette donnée fondamentale. Plus s'élargit le domaine de l'application du change légal à la double monnaie d'or et d'argent, et moins on peut craindre les fluctuations qui dérangeraient l'équilibre. Loin de répugner à la mise en œuvre du principe inscrit dans l'union monétaire de 1865, l'Allemagne doit y adhérer sans difficulté, du moment où elle y rencontre le moyen le plus pratique et le plus prompt d'arriver à l'unité intérieure qu'elle espère et à la monnaie internationale qu'elle désire.
M. Prince-Smith termine en récapitulant ainsi ses idées :
L'or, qui tend de plus en plus à dominer le marché universel comme moyen de payement, doit être aussi introduit chez nous comme type métallique, pour que nous ne tombions point dans l'isolement.
Le développement progressif des facilités de communications internationales créent pour le commerce un pressant besoin de posséder une monnaie internationale. Il est d*un intérêt public et général qu'on prenne des mesures énergiques en vue d'amener FuniGcation des systèmes monétaires.
Les mesures les plus propres à cet effet doivent être prises de suite, sans attendre pour cela des conjonctures favorables qui pourraient tarder indéûnimont à se présenter.
L'introduction de la monnaie légale d'or serait rendue trop difficile par l'abrogation simultanée de la monnaie légale d'argent.
Les fluctuations dans le taux des moyens de payement diminuent en raison de la somme totale de ces derniers. L'or et Targent combinés sont moins sujets aux fluctuations du marché que chacun d'eux pris isolément. Le système appelé celui de
JiKè QVKLQXJEB UfDtCATimS
«rAtàlôD doabld» â TaTanUge de posséder plas de consistance, plus de stabilité.
Nous ne pourrions introduire chez nous la double monnaie que si la France la garde. Notre principale tâche consiste en premier lieu à nous assurer cette condition sine quâ non.
Les monnaies internationales devraient se fabriquer : les pièces d'or au poids de 78% 25 fin, équivalant à des pièces de S5 francs^ et les pièces d'argent au poids de 32^% 5 fin, équi-^ valant aux pièces de 5 francs.
La nouvelle unité monétaire la plus propre à être adoptée est le florin d'Autriche , égal à deux tiers de thaler, d'après laquelle 2 florins équivaudraient à 5 francs et 10 florins à 25 francs.
M. Prince-Smith recommande la fabrication des pièces d'or de huit florins, égales à celles de 20 francs, pour faciliter l'usage de la monnaie d'or et pour préluder à la circulation des pièces de 10 florins (25 francs).
Le digne président de la Société d'économie politique de Berlin craint que, malgré la supériorité scientifique de la doctrine (nous reproduisons les expressions dont il se sert), nous ne nous trouvions dans un trop grand isolement au milieu de nos chambres de commerce, qu'on lui a présentées comme vouées à la monnaie unique d'or. Il peut se rassurer. Loin de redouter les opinions qui se sont fait jour au milieu de la représentation du commerce français , nous y trouvons un point d'appui. Bien qu'il ne s'agisse point ici d'une question purement commerciale, mais d'un grave problème de l'ordre économique, l'expérience, que nous iavoquon&comme le guide le plus sûr^ milite
A l'appui Dt BfÉMOIRÉ SUR t'OR ET l'aRGENT. 1S9
ttôp puissamment en faveur dti système de germînâl an XI pour que le commerce français, au lieu de le tépudiei", n'en demande pas le maintien. Nous en avons eu la preuve dans Venquête devant la dernière commission monétaire de 1868-69.
On a constamment répondu à ceux qui voulaient constituer une monnaie internationale au moyen d'une extension de la convention de 1865, en arguant de la prétendue impossibilité de faire admettre par l'Allemagne la double monnaie légale d'or et d'argent et de la répugnance manifestée vis-à-vis de ce principe de la part de l'Angleterre.
Nous avons montré combien une pareille assertion s'éloigne de l'appréciation exacte de l'étal des oboses, tel que les débats de la Société des Economistes de Bèrtin et l'avis des plus éminents professeurs! d'économie politique le irévèleût de l'autre côté du Rhin.
t'opinion émise au sujet de l'Angleterre n'est pas plus exacte* Depuis longtemps des réclamations s'y sont fait jour en faveur de l'emploi restauré de l'argeflt, à côté de l'emploi maintenu de l'or. Un ouvrage récent de M. Ernest Seyd, On Bullion and foreign Exchanges, la confirme, en développant avec force une doctrine analogue à. celle que nous avons toujours défendue.-
M. Seyd se prononce avec énergie pour la double évaluation; il a réuni des matériaux utiles, afin de donner à la théorie la consécration des faits, ou plutôt c'est de la constatation précise des faits soigneu-
sèment recueillis qu'il fait découler la théorie ellemême.
Le tableau qu'il trace mérite d'être reproduit; il résume en quelques pages la donnée pratique»
La monnaie légale d'or domine, dit-il, dans la Grande- Bretagne, en Portugal, en Turquie, au Brésil, au Chili, en Australie et dans d'autres colonies anglaises.
La monnaie double d'or et d'argent est admise en France, en Belgique, en Italie, en Suisse, en Espagne, en Grèce, dans les États-Unis, la Nouvelle-Grenade, l'Equateur et le Pérou *.
Le type argent règne dans TAUemagne du Nord, dans le midi de l'Allemagne, à Hambourg, en Autriche, en Hollande, en Suède, en Norwége, dans le Danemark, en Russie, au Mexique, dans TAmérique centrale, en Bolivie, dans les Indes orientales, en Chine et au Japon.
Dans les pays qui ont la monnaie d'or unique, ce numéraire seul est reçu par les caisses publiques, de sorte qu'il forme de beaucoup la plus grande partie de la circulation métallique, remploi de l'argent étant limité par l'action de la loi, le numéraire d'argent ne constitue qu'une petite portion des moyens d'échange.
Dans les pays qui ont la monnaie double, l'emploi des deux métaux est facultatif; bien que la circulation de l'or domine de beaucoup en France et dans les États-Unis, le numéraire argent représente un élément important, et dans quelques pays, comme l'Espagne, la Grèce , l'Equateur et le Pérou, la circulation en argent est beaucoup plus forte que celle en or.
Dans les pays qui possèdent le type «rgont, les monnaies d'ar-
* En France, aussi bien que dans les États-Unis, on s'est occupé d'établir la monnaie d'or unique. Mais la loi y maintient toujours la monnaie double. Dans les Étals de la Plata, où le papier-monnaie domine, la question n'est pas décidée ; il en est de même do Venezuela. Nous faisons abstraction de la Perse, des États d'Afrique et d'autres, qui ne paraissent pas posséder de loi à cet égard.
A l'appui du Mémoire sur l'or et l'argent. 161
gent ont seules un cours légal; le numéraire en or est une marchandise dont le prix varie. Il est vrai qu'en Allemagne, en Hollande^ etc.;, on rencontre beaucoup de monnaies d'or en circulation ; mais le numéraire argent prédomine. Les banques conservent des provisions de numéraire, surtout sous forme de monnaies ou de lingots d'argent. En Norwége, on ne frappe jamais de monnaies d'or. Dans les Indes surtout, l'argent règne d'une manière absolue ; encore à l'heure qu'il est, les monnaies d'or ne sont point parvenues à vaincre les répugnances des indigènes.
Voici le tableau suivant lequel le change légal entre l'or et Targent est fixé dans les différents pays :
MOlfNAIE LÉGALE d'OR UNIQUE.
Grande-Bretagne Portugal.
Turquie.
Chili. .
Brésil. .
Australie
= Ui/2 = 14 3/40 = 131/10 = 15 = 14 3/50 = 141/2
La limite légale du payement en argent se trouve être généralement de 2 liv. sterl.