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La question Riel [microforme]

“ Devons-nous renverser le gouvernement ? ” Telle a été la quest ‘ Après mûre réflexion, dit Mgr Taché, j'ai eru dev

Mgr Taché dit que les libéraux ont décrété la mise hors la loi | les chefs métis. Les hommes qui ont fait ces choses

4 C’est au mois de Mars 1886 que Mgr Taché a donné cette opini a connue afin de protéger les députés qui ]

Mygx Laflèche approuve entièrement les vues de Mgr Taché

à I1 regrette les divisions causdes ‘par l'agitation Riel jusque dan Mgr Laflèche est d'avis que l'Arehevèque de St-Boniface et Mgr Grandin, « 4 x it dit que justice a été rendue aux M6

M. Montplaisir, député sortant de charge, vient de prendre congé de ses électeurs de Champlain dans un manifeste d'une extrême importance, et qui aura un . proford retentiss-ment dans tout le pays. Ce manifeste renferme deux pièces iné-

dites” qui sont la pleine justitication de tous les députés conservateurs qui ont À comme lui appuyé le gouvernement sur la question Riel. | Bien Ces deux pièces sont des lettres de Sa Grandeur Mgr Taché, archevêque de Saint | Boniface, et de Sa Grandeur Mgr Lafèche, évèque des Trois-Rivières. Nous les w} | lvrons à la sérieuse méditation du public impartial. par ; A n'a-t L3 LETTRE DE MONSEIGNEUR LAFLÉCHE | Mo Ev'ché des Trois-Rivières, le 17 janvier 1887. 2. Monsieur H. Montplaisir, Député du comté de Champlain, ee, moti: Mon cher Monsieur, ; en 1!

Mgr Taché m'a en effet adressé le 13 mars 1886 une lettre confidentielle dans ae , : laquelle il m'expose au long les graves raisons de l'opinion qu'il a adoptée sur les . D meilleurs moyens à prendre pour obtenir la réparation des dommages causés aux . Métis du Nord-Ouest, Comme ce sont ces raisons et le poids de cette opinion qui | à cœ ont déterminé l'attitude que vous avez is Lee re Qu trouve, . da

STION RIEL.

EURS Mgr TACHE et Mer LAFLÈCHE.

urs d’avoir soutenu le gouvernerment sur l4 question fiei,

a été la question posée à Mgr Taché par les députés conservateurs. j'ai eru devoir répondre que tel n’est pas mon avis.”

» hors la loi, l’emprisonnement, la sentence de mort, l'exil pour ait ces choses, dit-il, sont-ils bien les amis des Métis ?

é cette cpinion. I1 déclare qu’il est juste que cette opinion soit députés qui pourraient avoir à en souffrir. |

e Mgr Taché et dit qu’elles sont partagées par Mgr Grardin.

\ jusque dans le clergé. ‘ Il s'en est suivi un véritable scandale.”

Mgr Grandii sont ies juges les plus compétents sur la question du N.-Ouest.

due aux Métis pendant l’année dernière.

se | ‘: LETTRE DE MONSEIGNEUR TACHÉ re Un Archevêque de Saint-Boniface.

es iné- : Ottawa, 13 Mars 1886.

ai ont À Sa Grandeur Monseigneur Laflèche, évêque des Trois-Rivières,

| Bien cher Seigneur et ami, | Saint | Me voici de nouveau à Ottawa pour continuer à y travailler dans l'intérêt de ua les notre chère population. La crise terrible que traverse notre Nord-Ouest, les déplo-

rables événements qui viennent de se produire, et leurs trop tristes conséquences, tout cela fait à mon cœur un mal immense. Je me surprends souvent À dire: que n’a-t-on prévenu tout cela ! :

h Vous comprenez facilement l'effet produit parmi la députation française par la “morION Lanpry.” Hélas ? pourquoi faut-il que l'esprit de parti domine tout autre sentiment? Je vois des gens qui, je le sais, n'ont aucun souci de notre peuple, de nos chers Métis et qui pourtant déploient un zèle apparent qui ne ce he que très imparfaitement le mobile réei de leur conduite. Pour les mêmes motifs et avec les mêmes aspirations on joue la contre-bartie de ce qui a été fait en 1873 sur les affaires da Nord-Ouest, sur le sort des infortunées victimes que l’on a vouées à la vengeance, ou que l’on prétend protéger seloa que cela fait l’af-

es Ma pensée en

Là naturellement se trouve la d'uosé carrément la question : Devons.

mure réflexion, j'ai cru devoir repon.

n gouvernement n'est pas toujours un remède aux maux

* vaægxpirer. En conséquence il vous autorise avec mon agrément à rendre publique cette lettre et c'est pourquoi vous vous adressez à moi aujourd'hui.

. Je n'ai aucune objection de mon côté à vous accorder cette autorisation ; car je urnes trouve, comme mon Vénérable Collègue, que c'est un acte de justice qui vous est dre « dû, ainsi qu'à vos amis. Je vous dirai même quo:je le fais d'autant plus volon- Le tiers que je part&ge entièrement los vues de Mgr l’Archevêque de Saint que | Boniface sur ce sujet, Fr Vous avez dû remarquer la grande réserve dans laquelle je me suis tenu jusqu’à résul présent sur cette question brûlante, espérant que le temps et la réflexion amènt- Les : raient peu à peu l'apaisement des esprits. Mais j'ui vu avec douleur que c’est le sais contraire qui est arrivé. Les passions politiques qui gâtent tout en ont fait un na braudon de disccrde qui jette partout le trouble et divise profondément les meil- refus leurs amis et les meilleurs esprits. C’est ce que j’@ eu le chagrin de constater dans 2640 mon propre diocèse, où l'absence d’une direction spéciale sur. cette matière a laissé ui les fidèles trop exposés à être trompés par de malheureuses représentations que nom l'on ne prévoyait pas. Le olérgé de ce diocèse d'ordinaire si uni, s'en est lüi- dre k même ressenti, : alliar La division à également pénétré dans la presse la plus sincèrement catholique et mare

a dégénéré, en certain quartier, en une polémique violente qui contrastait pénible- : Bi ment avec la modération plusieurs fois recommandée aux écrivains catholiques dire « dans nos conciles provinciaux et par le Souverain Pontife lui-même, dans les ques- Je bie tions politiques. On en est venu à des injures répétées qui ont rejailli jusque de bo sur des dignitaires ecclésiastiques. Il s'en est suivi uu véritable scandale save par les prejuges que cette polemique a soulevés cheg un certain nombre de Qu bons citoyens. recon:

En présence de ces graves inconvénients je me vois forcé de sortir de la réserve l'on ti dans laquelle j'étais demeuré, et de répondre aux nombreuses demandes qui n’ont cireon été adressées sur la ligne de conduite que je crois la plus favorable aux véritables tique. intérêts des Métis du Nord-Ouest, comme à ceux de notre province. J'ai La chose me devient facile aujourd'hui par la permission que vous avez obtenue ANR de publier la lettre ci-dessus mentionnée dans laquelle Mgr Taché motive si solide- mais de ment son opinion sur la question du Nord-Ouest. Je partage donc entièrement n'est ( ses vues qui sont aussi celles de Mgr Grandin, Tout le monde conviendra que ‘quand ces Vénérables Prélats sont les juges les plus compétents en cette matière. griefs En outre, il me paraît évident que le mouvement trop violeminent et imprudem- tat de ment soulevé par les passions politiques devient de plus en plus dangereux. En Tout en regrettant vivement les dommages qu'ont subis les Métis, je crois que eos le remède à ces maux, n’est pas tant. dans le renversement des ministères, au Not risque d’empirer la situatiôn, comme le prouve l'expérience du passé, que du Nc dans le rappel des hommes politiques aux règles de la justice et de l'équité, et au l'opini respect des droits religieux et civils de tous les administrés, sans distinction de Na! race et de langue. our Les réparations déjà faites et la justice rendue aux Métis pendant l’année s00ep dernière, la tranquillité et la confiance rétablies dans cette région prouvent etje 1 l'efficacité de ce moyen. Que Cette manière d'agir est absolument conforme au principe rappelé par Léon existe XIII, savoir, qu'il faut tolérer quelquefois des maux qu'il serait presque impossible sacrifi d'empêcher, sans s'exposer à des calamités et à des trowbles plus funestes encore. les pli Dans ces sortes de questions les évêques peuvent être certainement regar- Que dés comme les juges les plus compétents. L'histoire de notre pays est là pour nous nous dire que le peuple canadien n’a jamais eu à se repentir d’avoir suivi, en ces de l'a circonstances difliciles, l'avis des évêques, mais qu'au contraire le pays a grande- J'ir .ment souffert quand on à mis de côté leur sage direction. dE épancl

: Pour vous, mon cher monsieur, vous avez sagement agi en suivant une opinion : + intére

aussi solidement motivée, et soutenue par une telle autorité. Ceux de vos séner.2à sonatituants qui voudront examiner là chose sans passions ni préjugés, ne sauront | © qve

vous blâméer d'aveir suivi eu une circonstance si dificile et si critique, l'avis de vos éproux

| guides naturels. | LA ot A A A et I line | % Sur ve, je prie le Seigneur de vous avoir toujours em Sa Sainte garde, et js | : lefllict | si se "|. aux je

Semeÿre, au Votre dévoué serviteur,

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Que faire pour assurer cette fin si désirable? Là naturellement se trouve la d'iculté. Plusieurs membres de mes amis m'ont posé carrément la question : Devonsnous renverser le gouvernement ? Après mure réflexion, j’ai cru devoir repondre que tel n’est pas mon avis. | e

Le fenversement d’un gouvernement n'est pas toujours un remède aux maux que l’on déplore, aux fautes qui ont été commises. En 1872, nn a renversé le gouvernement en grande partie sur la question d'amnistie Et quel a été le résultat sur cette question ? Tout simplement la dureté a remplace la faiblesse. Les nouveaux gouvernants ont décrété et assuré la mise hors la loi, l'emprisonnement, la sentence de mort, l’exil pour les chefs, et pour les autres une amnistie, amnistie partielle, qui nous avait éte offerte et que nous avions refusée. Les hommes qui ont fait ces chosés sont.ils donc les seuls amis des Métis ? Faut-il tout sacrifier pour leur mettre nos destinées entre les mains ?

Un troisième parti se forme. Je connais la loyauté et le bon vouloir d’un grand

nombre de ceux qui le composent. Ils sont sincères, mais pourront-ils attein- . dre leur but en rompant leur alliance actuelle, pourront-ils se soustraire à toute alliance et la nouvelle alliance assurera-t-elle le bonheur des habitants du Nord-Ouest ? Je ne le crois pas, .… Si le gouvernement d'aujourd'hui voulait:profiter de son expérience, je puis le dire sans hésitation, s’il voulait profiter de ses fautes, il serait plus tôt prêt à faire le bien que d’autres qui n'ont pas les mêmes données, et qui même avec beaucoup “de bonne volonté auraiënt beaucoup à tâtonner avant de saisir la situation, les inconvénients qu’elle renferme, les remèdes qu’on doit lui appliquer.

Que l’on modifie le personnel dans les emplois publics du: Nord-Ouest ! Que l'on reconnaisse les droits naturels d’un peuple qu’on est venu surprendre chez lui ! Que l'on traite les Métis et les Sauvages comme tout autre peuple placé dans les mêmes circonstances voudrait être traité, et l’op n'aura pâs besoin de bouleversewtent politique. :

J'ai done cru devoir dire à des amis qui m’ont consulté sur ce sujet, que si leurs sympathies politiques sont pour le parti au pouvoir, ils ne se montreront pas ennemis du Nord:Ouest, ni de ses habitants, en votant contre la “ Motion Landry ” qui n'est qu’un vote de non confiance, Mais ceci à la condition de n'être pas partisans ‘quand même, maïs bien au contraire d'insister pour obténir le redressement des griefs si souvent formulés et la compensation aux pertes qui ont été le triste résultat de la lenteur apportée à rendre justice.

En parlant du gouvernement à mes amis, je leur ai dit le mot si connu : ‘“ Qu'ils se convertissent et qu'ils vivent.” ,

Notre vieille amitié, l'intérêt si vif et si sincère que vous portez à la population du Nord-Ouest m'inspire l'obligation de vous faire connaître l'attitude que j'ai prise, l'opinion que j'ai formulée. | ne à

Naturellement cette lettre n’est pas pour le publi6, néanmoins si plus tard ceux à qui j'ai exprimé mon opinion devaient avoir à souffrir parce qu’ils ont accepté ma manière de voir, je vous autorise à leur communiquer cette lettre et je les autorise, eux, à s’en servir pour leur propre justifi“ation. :

Quarante années de dévouement à la cause des Sauvages et dis Métis, toute une existence usés dans leurs intérêts, me donnent la certitude que je suis incapable de sacrifier ces mêmes intérêts ou de faire quoi que ce soit qui, dans mes couvictions les plus intimes, n’est pas à leur avantage.

Que ceux qui ne pens:nt pas comme nous fassont quelqne chose de ce quo nous avons fait, et alors, mais alors seulement, ils auront droit de s’étonner de l’attitude du? je viens d'indiquer.

| 4 Arex, Aroh. de Srint-Beniface, O. M. I.

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