LOUIS RIEL
Non content de cette sommation qui eoqu valait a declaration de guerre. Kiel invituit ses parents” d'attaquer et de de
truire la police à cheval partout où ils Ia rencontreraient, Voici Fun de ces appels, lance trois jours avant le combat du Lac-
des-Canards :
Saint-Antoine, 23 mars 1SS5,
{nos parentsæMerci des bonnes nouvelles
que Vous avez pris la peiuc de nous envoyer, Puisque vous voulez nousaider que Dieu vous bénisse, La justice ordonne de prendre les armes, et si vous voyez passer la police, attaquez-la, détruiez-là, (Ecrit en anglais en travers de la première partie) après, prévenez les Sauvages des bois de ne pus se laisser surprendre.
Oui, sous le plus |
Or, cinq jours auparavant, |
Terribles résultats de la guerre
Quai peut excuser Riel apres une pareille déclaration de guerre ? Ce n'est pas seule- |iment le Hambeau de la gnerre civile qu'il al- | lume. Il appelle à son secours le tomahawk Let la hache de guerre de l'indien., Idechaï- Îne contre nous le plus dangereux, le plus terrible des fleaux, des hordes de barbares, qui ne connaissent aucun frein, aucune loi, avides de pillages, avid avides d'assassinats. Riel pourrait il se laver de toutes ses fautes quil ne pourrait effacer celle la, Ce n'est bas seulement une faute, c'est unattentatsansnomunerimeinqualtfiable, un crime de lese-humanite., Dans sa premiere revolte, Riei s'etait vante d'avoir retuse le concours des Sauvages. laligré ‘nos diflicuites, disait il, nous n'avons ja- ‘mais appelé à notre aide l'élement dange- “‘reuxdessauvages, Aucontraire,tandisque “ nous n'épargnions rien pourlestranquilli- “ser, on nousa envoié dans notrepays des émissaires charges de nous rendre les Indiens hostiles : imais nous espérons que la Providence nous aidera à pacitier completement le Nord Oaesi.” Ces paroles lui faisaient honneur, et je suis pret à lui donner tout le éredit qu'elles lui meritent.
Que ne tenait-ilencore la méme attitude À Loin de refuser Je concours des sauvages, il le reclame cette fois à grands cris. Ses agents sont partout, invitant tribus à se soulever, à capturer, à piller Jes forts. Et les sauvages n'ont pas besoin qu'on leur demande de massacrer à la fa veur d'une surprise, a la faveur des tenebres : ils ne conçoivent pas la guerre autrement, Ce n'est pas la lutte d'un petit peuple contre l'oppression qui s'engagr, Ce nest pas la lutte d'un penple qui defend ses antels et ses foyers. C'est le combat de Ja sauvagerie contre la civilisation,
ie sang ce LR
[ss
les
Silestroupesde Middletonetaient arrivées cinq Jours plus tard, na dit un éveque du Nord-Ouest, tout le pays était mis a feu et a sun, Elles n'ont pu empecher cependant le meurtre de beaucoup de blancs, de plusieurs agents du gouvernement, le pillage, l'incendiat de beancoup de maisons,
la captivite, les traitements cruels, honteux de plusieurs femmes. Elles n'ont pu empecher, helas!® Fassassinat de deux
saints missionnaires, de deux membres de la congregation des Oblats, Fun Français et l'autre Canadien-français, Le Pere Marcland et le Pere Fafard, qui ont ete assas-
sines au moment méme où ils donpaient J'absolution à d'autres vietimes de ces barbares, Le inartyrologe
canadien, déjà illustre par les Brebouf, les Lallemand et les Garnier, s'est enrichi de deux noms venerés, la terre rougie de leur sang, du sang de deux confesseurs de la foi, est une terre à jemais bénie, à jamais sanctitiée, mais la révolte du Nord-Ouest a été souillée, flétrie par deux crimes qui seront éternellement ré- | prouvés,
Maltraitons-nous les Sauvages ?
On a soulevé les sauvages contre nous, quand nous ne leur voulons que du bien, Il'est possible que certains agents se soient montres durs, injustes à leur egard. Mais la politique meme du gouvernement est excessivement paternelle. Nous traitons les sauvages avec beaucoup plus d'huma nite et de generosite que nos voisins, Nou ne les exterminons pas, C'est notre premiere guerre indienne,tandis qu'elle existe en permanence aux Etats Unis. Nous travaillons à resoudre le grand, ie diflicile probleme de Ja civilisation des sauvages,
Cest nous qui les nourrissons, qui Îles vétissons, qui leur donnons des armes pour la chasse, des filets pour la peche
c'est nous qui fournissons des instruments aratoires et des grains de semence à ceux, trop peu nombreux, qui veulent cultiver un sol genérenx, Chaque annee nous ang mentous leurs subventions, Plus d'un mil lion de piastres ÿ passe, Que Fon inge de notre libéralite par quelques chitires, En 1872, nous dépensions S35,S31, en IS73, S1u.-
390,61 ISTS, $377,1H{4,tandis quecette somme
selevait en ISS2 a S1,027,216, ce qui repre sente a peu pres le chiffre actuel. Pour les aider à sortir de a sauvagerie, a la demande des éveqnes, des pretres du
Nord Ouest, leurs meilleurs amis.
avons dotés d'ecoles agrit elles, Dans la derniere année nement libéral, on mn
nous les industri du gouver econrt Il {ut tro
ecoles parmi les tribus du Nord Ouest, tan dis que ce nombre est aujourd'hui porté à HA lesquelles coutent SI2,211 Dal fi OU 3210 par ecol Pour les former a lagri culture, nous avons dés IS<2 etabli 27 fer mes agraires, Qui eutrainent une depense de plus de #50,000 par an. Non contents de ces Jargesses, nous leur avons ment confere Faffranchissement politique, dans une certaine inesure, à la derniere st
sion, On a done eu tort, mille fois tort d'exploiter leur ignorance, leurs preju ges, de leur faire voir des ennemis en
un gouvernement qui hon-seulement veut les sauver de fa destruction, mais quivou drait les rendre à la civilisation,
L'apostasie de Riel
On ne peut pas aire que les bons conseils, que les sages avertissements ont manque a Riel, Des voix amies, voix autorisées ont voulu Flarréter sur le bord de l'abime : il les a orgueillensement repoussées, Car, pour se révolter contre l'Etat, il lui fallut se revolter contre F'Eglis: L'Eglise est non-seulement la plus grande école du respect, c'est aussi le meilleur soutien de toute autorité, L'Eglise con damne séverement la révolte et ne l'excuse que dans les cas extrémes, IT y a trois mois
des
à peine, Sa Sainteté Léon XITT énonçait la |
doctrine catholique surce point dans son immortelle Encyelique Zmimorlale Dei
‘‘ I n'est pas plus permis de mépriser le | voir,
‘ pouvoir légitime, quelle que soit la per ‘sonne en qui il réside, que de résister à ‘Ja volonté de Dieu : Or ceux qui lui ré-
‘ sistent courent d'eux-mémes à leur perte, Se Quirésele au pourvoir, résiste à l'ordre etablé par Dion, elceux qui lui résistent “satlirent 0 eua-ménes la danination
{saint Paub. Ainsi donc seconer l’obéis- ‘sance et revolutiouner la societé par le “ moven de la un crime de “ lese-maieste culement humaine, ‘* mais ne,” Ces paroles doivent suffire pour nous faire condamner la révolte du Nord -Oues Des le début—en Mgr Grandin vit avec deliance le mouvement dont Riel etait 1 Ligateur et qui déja prenait une allure uche, secrete. Des le debut, le P, André, le 1, Fourmond, le P, Moulin et les autres missionnaires du dis trict de Saint Laurent vouluren. le mettre en garde, lui et leurs ouailles, contre Île danger d'une insurrection, Mais Htiel passa outre, Non seulementil leur desobeit, Hiais ilerea une religion nouvelle, apostasia etfit apostasier adhérents, se li vrantatoute espece de vilenies contre FE ;miinistres L'1 glise catholi, ue est pourrie! le ville Romeimne est
telles etaient les ions
sedition, c'est Hoti
dix
ptemibre TSKf
ses
{iISe et Se CUS
denoncia favo
rites de Louis Riel Pendant longtemps les pretres craignirent detre mis à mort, Inelenr etait plus meme permis d'exer cer lé saint nuinistere, Les religieuses ne furent pas mieux trattees, On ne peut live sans frenir les fettres dans lé squeiles IS racontent tous les outrawes dont ils furent Fobjet, Aussi les soldats de Mid dleton furentils accueillis comme des
sauveurs. Parmiles papiers de Hiel trou
ves à Batoche. on a recueilli la declaration suivante au sujet de son apostasie-—decla ration Qui est insel au compte-rendu otliciel de proc
Les Mrt francu mernibres du gouvernes ment provisoire d L “4 il val, 86 Ont separes de ede It e, ct lu grande musse du peuplé en a faitautant
“in pretres consentaient à nous aid Jusqu'a ce jour nos prétres ont refusé d'abu
donner Rome,
lis desirent nous gouverner dans un sens op pose 4 nos Interets, el 1 desireht CONUnUer à nous gouverner selon les ordres de Leon NII, Chers freres en Jesus Chi pour l'amour de Dieu venez a noire aude, afin que nos ctforts contre Rome soient conronnt de succés, et en
retour, nous ferons tout en notre pouvoir pour assurer nos droits politiques,
Iiel et la cause métisse
Dans un mémoire publié recemment, l'archeveque de Saint-Boniface dit que ses symipathies seront toujours acquises à ceux qui sont devoues à la cause metisse, Je m'explique, j'admire ce sentiment de là part d'un prelat quia consacre toute sa vie, vie de sacrilices, vie d'abneégation, à l'apostolai le plus chrétien, le plus héroique, le plus sublime, que l’on puisse conce- Mais je fais une grande distinctiom
entre Rielet la cause métisse, Si je condamne la révolte des Métis, comme un crime contre les lois de l'Eglise et de l'Etat,
sat toujours svmpathisé avec eux ‘dans
eurs luttes pour le droit, Tout en desi-| rant le triomphe de nos volontaires, j'ai!
admire leur vaillance sur les champs de ba taille, Oui, tous se sont battus comme des braves, et le plus brave d'entre eux, Gabriel Dinmout, vivra dans lhistoire, Aussi, je ne pu,s niemp'cher de féliciter le gouvernement d'avoir eedé à la voix de la clémence en graciant plusieurs des pri sonniers, et d'exprimer l'espoir, avee vons tous, qu'avant longtemps Ceux qui sont encore sons Îles verroux pourront respirer de nouveau le grand air de la prairie, la grandar de la liberte, Le plus tot on aura eflace toutes les tTrares de cette guer re fralrichle, le plis tot on aura cicatrice toutes ies paies, eteint tontes les haines, tous los ressen dans Pinto
QU pars Lont entier,
Riel a trompé les Métis
Sans doute que Riel fat choisi par les Métis convuedenur chef, Mais le chef a
trompe les dus. Cenx-ci voulaient une citation pacitiqnue, lexaie, const tutionnelle, PIS ne songeaient ancunerment a prendre de armes, IS furent les dupes, Lénons eur coipte di leurs
intentions, Quand les delesnues des Me tisallerent ehereherfielau Montana pour lui demander de prendre le conan
detient.i PORALCPENE UN FApport qui st
terinin ua declaration stivante !
Sn | il Le M1 nous inspirent la “plus grande confiance CHU CS instruce
tions nt de nous Loinais en nous ai “dant TON RTE uantere foire “d'em S OiNHTIIeS AU LONVCENOINONLS Cera rt etai ee par Gabriel Dumont, Jan | N oise Onellett \u | Dani lltu li un juillet ISSf au comité ‘eh S-cpl resolttions adop
tecs pu ) on de fa iskatehe want, \ derenunion, Riel fitun discours dit \ déclara que "pour Sobloni \ ! d'un gouverne “men ie boit pa ulresser a ni ei CJui fa de js Vel, iuis en Jui ° pa dit a CE jet nfianes, coume ‘un bon ent i RE i { se a un bon “pere Fe ju La une assembliee te nue a Ji \ t Hier disait encore qu'il ‘ta st a! dans ee pars pro ses “anciens ce roles, tats quetant bien ‘accu ji sat le monde, il veut tra
‘vailier a Û lans union et la paix.
pour oblenr du ouvernetnent ee que “chacun eéroitetre jnste, Que pour rens
Ssiril faut absoluimen oriirde moyens “constitutionnels et pacifiques Le juillet, ua correspondant de Saint Laurent écrivait au stat SM Riel cst, pa rait iun epouvantail pour quelques uns, “mais ils poaveut se tranaquilliser ; ilest
venu, comme it Pa dit tuiimenme partout, non pour troubler le pays, mais pour re mebtre les esprits dans une entiere placi
ITUMOenIs, 16 HHhiCUXxX ce sera |
‘“dité, Ce qu’il veut c’est d'aider les ci- ‘“toyens par des moyens legaux.,” Le 5 septembre,à une assemblée publique tenue à Saint-Laurent, en présence de Mgr Grandin, M. Charles Nolin s’écriait: ‘ Pas de ‘rébellion; ce mode n’a jamais été sé- “ricusement dans la pensée de personne ‘‘ parce que ce serait un crime ;nous nous ‘en tiendrons aux moyens légitimes.” Non content de ces déclarations publiques, Riel écrivait une lettre à Sa Grandeur Mgr Tache, dans laquelle il lui disait de ne pas s'alarmer, que ses démarches étaient toutes paciliques, Voici ses propres paroles. à la date du 25 juillet ISSt: * Mon:
‘seigneur, mes démarches ne sont pas ‘ des demarches de trocbles, Je me pro- ‘pose d'agir duus le Nord-Ouest de la ma- Snicre la plus propre à me gagner l'ap- ‘ probation des gens honnetes et paisi- ‘bles des deux lignes.”
Le succès d'une agitation légale
Et ectte agitation légale a été couronnee de succes, puisque le gouverne:
ment annonça formellement qu'il allait Donner nne Com ion pour regler toutes les reéelamations des Metis : promesse quiaete remplie a la lettre. Quelmalheur que Riel ne sen soit pas tenu a cette agitation constitutionnelle D Que de sang, aue de larmes, oue de millions, que ü horreurs, que de ruines enssent été eparcnes tt F'injustice ne peut etre Jongtemps toleree parmi nous, Un peuple qui comme de notre respire la Hiberte en nais santoue saurait souffrir la tyrannie, Le despotisime, l'arbitraire sont incompatibles AVUCOHOS INSOEREIONS,
Si le gouvernement ent fait la sour-
d ‘ ile, et que diiel eut adressé au Parlement du Canada une requé te w\posant tous les griefs de ‘son utuihlt | CTOVCZ-VOUSs que [AT appel
Maure pas eu d'echo dans lencein te parlementaire ? Riel, Tai, ne pouvait plaider ignorance, [connaissait tous les rouages de notre systeme, toutes les res soureesenuit offre aux miinortesopprinees, Cependant, jamais ina demande l'appui des deputes de la nation, FF pouvait bien eompter surles svimpathies du par ti conservateur français, auxquelles il a eu recours tant de fois, pouvait compter Sirtout sur les sympathies des vingt trois deputes conservaleurs-et plusienrs d'entre eux sont enco dans la politi que qui, a la session de IS, voterent seuls pour Fammnistie « ere des insur ces de la Riviere Rouge, [pouvait comp ter sinon sur des syimpathies des Hibeé FAUX, du moins sur leur concours, ne fut ee que pour avoir Poceasion de eriti quer le gouvernement, I pouvait meme, pour éette raison, compter sur l'aide de l'honorable M, Blake, quimitsa tete à prix voila quinze ans passes, et de l'honorable M, Mackenzie qui traita lesehefs de Ia révolte de chefs de bandits, Oui, si Rieleñt persiste dans son agitation constitution:
nelle, il eût été un patriote, le champion
le
courne:
ait tou- Hhesmal- ‘ette ant, que eté onœ- "qui ais desibles
ourll ssé ue son ppel ‘Coin vit les res ices, pui vall paril à pter net eur oliti rent sur bip jibe , ne titi ‘ne, 6 de prix able e la eût ionion
peut-être le sauveur de sa race, tandis qu'il enest devenu le mauvais génie, le fléau, presque le destructeur.
Des agitateurs modèles
Voyez O'Connell., Pendant des siècles son peuple a gémi sous l'oppression, sous une verge de fer. A:-t-il jamais songé à lui faire prendre les armes ? Non. Et cependant il luiaurait sutfli d'un geste pour voir briller cent mille fusils dans les plaines de Claire ou de Tipperary, Mais O'Connell n'aurait pu se consoler d'avoir fait verser une goutte de sang, Son mot d'ordre était : Agitale! Auilate! Sa gloire est d'avoir abattu les murs séculaires de la tyrannie, pan par pan, d'avoir arraché Ja liberté, Tam beau par lambeau, d'avoir obtenu lé.
mancipation des catholiques, sans jamais avoir fait entendre autre chose que sa voix puissante, Mais cette voix était plus retenutissante que le canon Krupp ou la carabine Winchester, Elle resonnait éomne un clairon dans tonte Plrlande, remuant tontes les ames, fai sant tressuilhir tous les ecurs, \ussi le patriote itlandais parait il aux yeux de Phisioire comme Fun des plus grands bienfaiteurs de lhumanite, Aussi m'est ilpas de tache sur cel astre d'une in
comparable crandenr. 0'Connell mourut UN Jean SOS OS OL SA patrie et son cour a oi ces deux patries qui sont
lantichambre de la patrie celeste, est une fin digne de sacrande vie, Surunthesn tre plus rotreci, au milieu des plaines de la Saskatehewan, Louis Rieh aurait pu deve uirenauelque sorte FO'Connell du Nord Ouest, Ha prefere le sort d'Erostraite met tant Le feu a un temple celebre pour leguer Son nom à la posterité, El de nos jours que voiton ? Toute llr landeest pour ainsi dire aux piedsde Par uell, La Grande-Bretagne a bien un vice-roi a Dublin, maisleroide Ffrlandeest lParnell, Siquelques uns de ses compatriotes ontem ploye le poiunard'ou la dynaimnite pour de
truire ceux qu'ils considérent conne leurs |
oppresseurs, lui a toujours réprouve ces moyens odieux, iln'a voulu que de l'agita
tion legale et constitutionnelle, Etle jour |
n'est pas eloigne où, grace a cette agitation incessante, niet son peuple pourront se crier: ronde cest libre!
La fin de Riel
La fin tracique de Riel je Ia rewroette, je la déplore. Oui, je regrette qu'il ait failu donner cette grande Jecon d'autorité, de regrette Qu'il fallu punir la revoltée dans la personne de son chef Cest te premier eehaltaud politique que Fon a vu se dresset depuis les jours sombres de IN espe rons que ce sera de dernier, Pa mort de Hiel, je Pappris en mer, C'etait un soir, de dernier soir que nous passitmnes a bord du steumer cuite ramenalt au pays, Be éiebetait sillonne de melcores lumineux qui plougeaient dans la plaine humide
pour ne plus reparaître, Nous n'étions qu'à cent cinquante milles de terre. Le pilote qui était venu au-devant de nous, nous apporta les derniers journaux de New-York:ils contenaient les renseignements les plus complets sur la fin de Riel et sur l'agitation qui s’en est suivie, agitation immense comme les flots qui nous ballottaient., J'étais tout entier à la joie du retour; mais à cette nouvelle je me sentis le cœur saigner, je me sentis le cœur plein de deuil, J'avais connu Louis Kielasa sortie du collège, Nous avions tous deux la tète pleine d'illusions hélas! bien effeuillées depuis, J'avaispour luides sympathiesassezvives— Avantécrit plus tard l'histoire de son père qui fut ie hbhérateur commercial de la Rivicre Rouge, ilest naturel que je ne fusse pas indifferent au sort du fils. J'avais aussi connu sa mere, sa bonne meére--et quelle est la mere qui ne l'est pas? et je me fi wurai son inconsolable douleur, toute l'amertume de larmes qui ne se lassent nas de couler, Fes anciens appelaient avec raison la guerre Flennemie des meres belle onatribus. delestatas Ets puis, si vonpabie que soit un fils,quelle est li mere qui ne lui pardonne pas, qui ne lui trouve pas des excuses? Pa mere est non- seule ment un trésor de bonte, Cest encore un tresor de misericorde--Vous tous qui, plus heurenx que moi,possedez cetange Cutelaire, l'ange du foyer, vous me comprendrez, En cotie heure attristee, je sonwoai aus siä ces paroles de Napoleon qui, lai, a fait pleurer tant de meres-paroles qui avaient une si douloureuse actnalite 5 Le sang “appelle le santw,e'esi la reaction naturelle, Sinevitable, infaillible 5 malheur à quil ‘provoque Quand on S'obstine a susciter ‘des troubles civils et des conmmotions po ‘litiques, on sexpose a en Lomber vieti:
‘me. Mais tout en svmpathisant avee la famille de Hiel, je me surpris aussi à pleureravecles parents, avec les amis des autres victimes et il en est plus de doux cents de cette guerre fratricide, En cette ville meme, nous avons VU passer le cortewe funebre qui aececontrpagnait à leur derniere demenre deux lbraves, morts au ehamip d'honneur, morts pour ia patrie, Nous avons pavé da dette terrible du sans, Com [bien sont coupables ceux qui attirent sur [leur pays de pareils Heaux !
Ceux qui ont demandé la tète de Riel
Pour soulever Le sentiment catholique contre le wouvernement, on A dit que Ja mort de Ficl avait ete arrachee, decretce, par les oranuistes, Otest la prenve 2? On se sert des orantistes comme d'un épouvantail Ce quiest vrai, cest que la pres se anglaise, ù de rares exceptions pres, demandait que la sentenectantexeentee, Le Globe, le lree Press d'Ottawaetle Free Press de Winnipeg trois des principaux organes du parti biberal ont reclameén grands cris la tete de Riel, Depuis mars jusqu'a octo:
bre 1885, le Globe n'a cessé d'écrire que Riel
méritait richement la mort. Avant sa capture, il demandaitque le gouvernement mit sa tête à prix, Une fois pris, il déclara que le peuple tiendrait le gouvernement responsable de tout déni de justice, que l’on ne pouvait sauver Riel parle plaidoyer d'insanite, et que si on le declarait fou.faudrait agrandir considérablement nos asiles d'aliénes, Vous jugerez de son langage par l'extrait suivant d'un article en date du 14 aout :
Le crime dont Piel s'est rendu coupable est un de ceux pour lesquels on ne peut demander merci, un des plus condamnables que l'on ait Jamais pu imaginer. Ia cause li mort dedeux cents Canadiens, et ilen a fait blesser et rendu invalides deux fois autant, pour soulever les sauvages avaient eu plus de succes, les blancs établis au Nord Ouest auraient eu probabiement à subir les ouirages les
Si ses
plus éponvantables, La circonstance lt plus aggravan'e du crime de Riel, c'est qu'il savait a quels exees les sativages se livreraient une
fois déchaines Fous ceux qui ont lu les de.
positions des témoins ne peuvent nier que Riel merite ri ment Ja mort,
Le ÆFree Press de Winnipeu,
tard que le gouvernement ne
écrivait plus pouvait pas
cest parce que sir John Macdonald no ‘sera pas se mettre en travers des Fran ais de Quebec," Et je pourrais citer des douzaines d'autres journaux du parti ibe ral voulu du sang de Riel tant qu'ils ont cru que le gouvernement ne lais serait pas Ji justice SUIVEE SON Cours, Aussi si le chef metis n'avait pas ete exé cute, ces memes journaux denonecraient aujourd'huilegouvernement comme avant cédé de nouveau a Pinfluence des biens ces terribles bleus de la province de Qué bec qui ont fait souche un peu
depuis l'Acadie jusqu'a Vancouver,
l'ous ont
Le chef du parti liberal, l'honorable
d'etre revenu a de meil plus di
sang, de le felicits leurs sentiments, a des sentiment gnes d'un homme d'Etat, sont la condamnation de sa conduite d'ily a quinze ans, Si M. Blake veut l'oublier
tentatives |
partout,
Blake, Cartwright et la mort de Riel