‹ La question sexuelleChapitre 184 sur 190 · REMARQUE BIBLIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

REMARQUE BIBLIOGRAPHIQUE

Dans le Mariage et les Théories malt hv sienne s (Paris, 1906), le docteur Georges Guibert recommande, avec raison, le mariage précoce, mais sans tenir compte de la sélection humaine.

Rémy de Gourmont [Physique de Vamonr. Essai sur l'instinct sexuel, Paris, 1903) décrit avec une note pessimiste très prononcée l'amour dans le règne animal. Son livre est original et instructif ; nous en recommandons la lecture. Jeanne Deflou [Le Sexnalisme, Paris 1906, paru depuis notre première édition) ; son livre est une plaidoirie féministe virulente contre les injustices sociales du sexe fort. Citons une phrase extraite du chapitre Sexualisme et grammaire : '( Nous aimerons, nous femmes, plus tendrement notre nnatrie quand elle n'aura plus pour nous les injustes rigueurs d'un parâtre. » Notons aussi Le Bon : Lo. Psychologie de V évolution des Peuples, Paris, Alcan, 1907.

Mais l'auteur français de génie qui a donné les descriptions les plus admirables, les plus profondes et les plus vraies de la psychologie de l'amour et de l'appétit sexuel est, sans contredit, Guy de Maupassant. Je ne veux pas analyser ici les œuvres d'un auteur aussi connu, artiste de premier ordre auquel aucune des fibres les plus cachées du cœur humain n'a échappé. Sans doute, la maladie de la fin de sa vie lui a fait produire certains hors-d'œuvre plus ou moins regrettables, et quelques traits pornographiques viennent çà et là gâter la fleur de son génie. On pourra lui reprocher peutêtre d'avoir trop souvent décrit la pathologie de l'amour, qu'il a, soit dit en pas.sant, admirablement comprise. Peut-être aussi a-t-il trop souvent traité de préférence les situations exceptionnelles et les passions déséquilibrées, mais ce ne sont là que des critiques de détail, dont on ne peut guère lui faire de reproches, car, en faisant connaître ce qu'il y a de maladif dans notre vie sexuelle moderne, il oblige à y réfléchir et provoque chez tout lecteur sérieux non seulement le dégoiit du mal, mais une tristesse profonde et le besoin de réagir. En- artiste qui ne moralise pas, il laisse souvent percer (l'Inutile Beauté, Notre Cœur, Fort comme la mort, etc.) sa prédilection pour l'amour raffiné, hypersensible et stérile du boudoir, que nous avons combattu ici comme symptôme de dégénérescence sociale. Mais cela ne l'empêche pas de voir clair dans l'amour du prolétaire, du paysan, de l'homme sain, de la fille de ferme, etc. Il connaît l'homme aussi bien que la femme. S'il

les présente le plus souvent sous leur aspect moral le moins avantageux, c'est qu'il les a vus de près. Mais à l'occasion il sait s'élever aux grands sommets de l'amour le plus vrai, le plus pur et le plus profond.

Je connais peu de littérature anglaise. Parmi les auteurs anglais modernes qui ont le mieux compris et le plus étudié les questions de l'hérédité, de la population et de la sélection humaine, nous citerons le grand philosophe John-Stuart Mill, Havelock Ellis et Francis Galton {l. c). Indiquons aussi le livre néo-malthusianiste de Georges Drysdale : Eléments de sciences sociales. Puis C.-W. Saleeby : Ethics [Heredity, Sociology, Organic Evolution, etc. G. Jack, édit., 34, Henrietta Str. Edinburgh).

Parmi les auteurs suisses, je citerai, en particulier, Gottfried Keller et le philosophe Ch. Secretan, qui, dans sa brochure sur le droit de la femme, a énergiquement revendiqué l'émancipation de cette dernière.

Je ne puis mieux terminer ces quelques remarques qu'en citant une femme suédoise de génie, Mlle Ellen Key, qui, dans ses livres sur le Siècle de l'Enfant et sur l'Amour et le Mariage, a écrit avec autant d'art que de profondeur. Elle a su traiter la question qui nous occupe, au point de vue des sentiments de la femme, avec un courage et une franchise qui lui font le plus grand honneur, sans pourtant jamais se départir de ce qui fait le charme des sentiments de la femme. Elle a cependant eu le tort de terminer son livre sur l'amour et le mariage par un projet prématuré de code détaillé, qu'elle eiit probablement mieux fait de ne pas formuler, n'étant rien moins que juriste. Puis elle a trop exalté l'amour exclusif à deux.

Imprimerie française H. MATHON, WIESBADES (Allemagne occupée).

Préface de la cinquième édition vu

Préface de la quatrième édition ix

Préface de la première édition xiii

Introduction i

Chapitre Premier. — La reproduction des êtres vivants. (Hisioire du germe, diAdsion cellulaire, parthénogenèse, conjugaison, mnème, développement embryogénique, différence des sexes, castration, féminisation, masculinisation, hermaphrodisme, hérédité, blastophthorie 5

Chapitre'III. — Conditions naturelles et mécanisme de l'accouplement humain. — Grossesse. — Caractères sexuels corrélatifs ^^

Page 1