‹ La question sociale en EspagneChapitre 51 sur 187 · Voir infra, p. L'jA · texte numérisé non relu

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Les salaires sont les suivants :

Picadores (ouvriers travaillant à la

pique) payés à la tâche 5 pesetas

.Mineurs, employés dans les travaux

de déblaiement, de transport, etc. . 3,50 à 4

Femmes 1,50 à 1 ,7o

Enfants 1.25 à 1,50

La journée de travail est de dix heures à dix heures et demie. Pour les femmes, chargées de laver le minerai, la journée se prolonge parfois assez avant dans la nuit, et elles touchent alors une demi-journée en plus.

Le prix des denrées est le suivant :

Pain le kilo. 0,40 centimes

Haricots » 0,65 »

Pommes de terre » 0.22 »

Viande (dernière qualité) . » 2,25 »

Une habitation, composée de quatre pièces, coûte de 15 à 17,50 pesetas ; le savon, que la nature de la profession oblige à consommer en grande quantité, vaut 0,80 le kilogramme.

Les mineurs travaillent une moyenne de deux cent quatre-vingt-cinq jours par an. En supposant une famille composée du père, de la mère et d'un enfant, tous les trois travaillant-, on peut établir de cette manière le total de leurs salaires :

Père 1.140 pesetas

Mère 518 »

Enfant 388 »

Les dépenses nécessitées pour leur alimentation seront :

Pain 277 pesetas

Lait 146 »

Légumes secs 650 »

Pommes de terre 803 »

Viande 245 »

Lard 45 »

Savon 41 »

Loyer 180 »

Soit un déficit d'au moins oOO pesetas. Et il n'est pas parlé des autres dépenses : vêtements, charbon, éclairage, etc.

L'industrie métallurgique occupe à La Felguera 2.000 ouvriers, qui gagnent en moyenne :

Adultes 3.75 pesetas

Femmes 2.25 »

Enfants 1,25 »

Ou à Tannée :

Adultes 1.069 pesetas

Femmes 532 »

Enfants 336 »

Soit un déficit de 600 pesetas l.

Comme on le voit, le problème est le même ici que dans la région de Bilbao. Plutôt qu'une augmentation de salaire, que les compagnies seraient peutêtre dans l'impossibilité de leur accorder, les ouvriers réclament surtout de l'Etat et des municipalités des mesures propres à diminuer le coût de la vie et, en même temps, à réprimer la fraude sur la qualité et la quantité des marchandises débitées. Les

1. Ces chiffres sont, pour la plupart, empruntés à une étude de M. J.-J. Morato, parue dans le Heraldo de Madrid. 22 juin 1909.

femmes, comme en Galice, assistent aux réunions publiques, et si elles prêtent une faible attention aux hautes considérations politiques et aux théories révolutionnaires, en revanche, quanti les orateurs abandonnent ces régions élevées pour descendre dans le détail de la vie domestique, elles ne se montrent pas moins empressées que les hommes à manifester et ;i applaudir.

Comme ceux de Biscaye, la plupart des ouvriers des Asturies sont gagnés aux idées socialistes. Le premier groupement socialiste a été fondé à Oviedo, en 1890, par un cordonnier. A Gijon et à la Felguera, d'autres groupes furent constitués, mais ils eurent à lutter davantage contre la propagande anarchiste. Ce développement du socialisme dans les Asturies coïncida avec le réveil industriel de cette région, commencé vers 1898. Il fut aidé par les efforts personnels d'un « apôtre », Manuel Vigil, ouvrier de la métallurgie, qui recruta des adeptes parmi la plupart des corps de métiers d'Oviedo. Dès 1896, les socialistes furent assez forts pour créer un journal, la Auront social, publié à Gijon. Ils arrivèrent à former plus de 20 groupements, comprenant environ 3.000 affiliés, près des deux tiers des forces socialistes en Espagne. En 1901, ces groupes se réunirent en une Fédération soçialista asturiana, affiliée elle-même à la Union gênerai. Depuis, le socialisme a eu à souffrir des mêmes vicissitudes que dans les autres régions de la Péninsule \ En 1903, vingt groupe-

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