CHAPITRE Iïl
Les travailleurs des champs : insuffisance des statistiques. Les terres en friche. L'émigration. La gravité de la question agraire.
I. Le paysan dans les provinces du Midi (Andalousie et Estrémaâure). La misérable condition du bracero. Les enquêtes de 1893 et de 1902. Salaires, alimentation, associations révolutionnaires. Le concours de 1903 sur le problème agraire et ses conclusions. « L'esclavage » dans les campagnes de Xérès. Le problème des latifundia ; leur importance ; en quoi ils sont un mal. « L'absentéisme » des grands propriétaires. Exemples de partages opérés par quelques-uns d'entre eux. Un cas de « ferme coopérative ».
II. Le paysan en Galice: le nivellement excessif du sol : les minimifuudios. Les salaires des journaliers. La question des foros : leur origine, la situation actuelle et les solutions proposées.
III. Le paysan dans les autres provinces. 1° Les salaires des journaliers.
2° Les colons : diversité des contrats qui les lient à la terre.
a. Les baux emphytéotiques (censos) : la rebassa morta en Catalogne et les troubles de 1893 ; les baux héréditaires dans la Ver/a de Valence et de Murcie.
b. Les baux à court terme et la misérable condition du fermier. Situation exceptionnelle du fermier dans les provinces Basques et en Navarre. La situation dans les deux Castilles, dans les Asturies, Léon. La gravité du problème du colonat.
Les statistiques officielles ne nous renseignent pas mieux sur la situation des ouvriers des champs que sur celle des ouvriers <les villes. Le recensement de 1887, comme nous F avons vu, donnait le chiffre de 4.854.072 personnes s'adonnant à l'agriculture^
contre 1.067. ITT seulement, occupées dans l'industie et les arts et métiers '.
Mais cette statistique — au reste, si sujette à caution — ne nous indique pas la proportion des cultivateurs proprement diis. Un économiste espagnol, M. Pazosy Garcia, dans un mémoire couronné par l'Académie Royale des Sciences morales et politiques2, l'évalue, à laide de statistiques antérieures, à 1 .529.587 individus, y compris les propriétaires, les fermiers et les colons. Mais ce chiffre — établi, d'ailleurs, de façon assez arbitraire3 — ne distingue pas entre les petits ou moyens propriétaires et les simples journaliers. Or, c'est cela qu'il nous importerait justement de connaître'.
Le recensement de 1900 n'est pas plus explicite. Sur un chiffre total de 18.60T.6T4 habitants, il fixe à 5.400.626 le nombre des personnes « se consacrant soi-disant à l'agriculture 8 ». Mais il convient,