B) STATUTS DE L'ORGANISATION SYNDICALE EN HONGRIE
Ces statuts ont été adoptés au quatrième congrès syndical de 1908 et ils règlent l’organisation de la commission centrale des syndicats, sorte de comité central syndical! :
4° Union des différents syndicats : autour de Ja commission des syndicats se groupent les syndicats qui se placent sur le terrain de la lutte de classes. Le but de ce groupement est de donner aux syndicats adhérents une expression uniforme et une impulsion commune. Peuvent y entrer tous les syndicats qui acceptent les décisions des congrès corporatifs. Ne peuvent y être admis les syndicats locaux d’une industrie, lorsqu'il existe déjà une fédération nationale de cette industrie.
2° Congres corporatifs : les congrès corporatifs doivent se réunir au moins tous les trois ans. Le congrès est souverain dans toutes les questions d'ordre corporatif et syndical.
3° Sont membres du congrès :
a) les délégués élus des syndicats ;
b)les membres et tes secrétaires de la commission des syndicats ;
c) le secrétaire international du mouvement syndical. Chaque organisation nomme un délégué pour 4.000 adhérents. Seules peuvent être représentées les organisations ayant
versé leurs cotisations à la caisse centrale.
4° La commission des syndicats et la représentation centrale des syndicats. Elle comprend 11 membres élus par le congrés. Elle dirige les affaires nationales du mouvement syndical, mais est obligée de soumettre ses décisions au comité des syndicats de Budapest.
Elle est chargée spécialement :
a) d'appliquer les décisions des congrès ;
b) de développer le mouvement syndical dans le pays tout entier, de guider les ouvriers dans les questions économiques, d'organiser les métiers qui ne le sont pas encore;
c) de développer les rapports entre les syndicats et de recueillir des faits et des chiffres par les statistiques ;
et 1904, 6 francs en 1905. La moyenne des membres de la Fédération est donc de 1.900 en 1903, 10.600 en 1904, 17.700 en 1905. Ces chiffres sont sensiblement inférieurs à ceux donnés pour les syndiqués en fin d'année.
1. Nous donnons la traduction du D' Ervin Szabô, Mouvement socialisle, 15 janvier 1909, p. 65.
d) de publier un organe central;
e) de créer l'assistance judiciaire;
f) de représenter le mouvement ouvrier hongrois à l’extérieur.
Tous les syndicats doivent contribuer aux frais de la commission des syndicats par un prélèvement de 2 1/4 p. 100 sur les cotisations de chacun de leurs membres.
5° Le comité des syndicats est composé des délégués des fédérations nationales et de ceux des syndicats de Budapest, 1l seconde la commission des syndicats, dans l’accomplissement de sa tâche.
6° Dans chaque ville où il y a plusieurs syndicats ou des sections locales de fédérations nationales, des comités régionaux seront créés pour seconder la commission des syndicats.
En même temps que ces statuts, le congrès a adopté la motion suivante qui les complète :
Considérant que dans ces derniers temps les organisations patronales sont devenues beaucoup plus fortes et que, secondées par le gouvernement et par l’administration, elles dirigent leur activité principalement contre les syndicats, le congrès recommande les principes suivants pour le développement des organisations ouvrières :
1° En face des organisations patronales centralisées, il faut créer des fédérations nationales qui puissent réunir plusieurs métiers similaires. Lorsqu'un métier a adhéré à une de ces fédérations, on ne saurait approuver son départ ultérieur, Un ouvrier a le droit de rester dans sa fédération de métier, même lorsqu'il entre dans un atelier ou dans une usine dont la plupart des ouvriers appartiennent à d’autres fédérations. - 20 Les fédérations d'industrie centralisées devront veiller à ce que les métiers adhérents aient une liberté d’ailleurs suffisante pour pouvoir, dans l’intérieur de la fédération, sauvegarder leurs intérêts particuliers.
3° Il faudra centraliser autant que possible la’ propagande et l'éducation des camarades ainsi que les services administratifs des fédérations.
& Chaque fédération devra appliquer rigoureusement le système des hommes de confiance ; il faudra créer partout des organisations libres ; enfin, il faudra créer et entretenir des caisses centrales de résistance. Chaque fédération, chaque organisation sont tenues de créer un service de placement à elles propre.
5° Chaque syndicat, se plaçant sur le terrain de la lutte de classes, est tenu d’adhérer à la commission syndicale de Hongrie,
6° Une caisse nationale sera créée pour secourir les ouvriers touchés par un lock-out général. Chaque syndiqué y versera deux hellers par semaine. Cette caisse sera administrée par la commission syndicale. Elle ne pourra être mise à contribution qu'avec le consentement du comité des syndicats. Les versements destinés à cette caisse seront {reçus par les organisations libres qui les transmettront à la commission syndicale.
:° Les rapports des syndicats hongrois avec le parti socialiste devront toujours être aussi cordiaux que possible.