‹ La question sociale et le socialisme en HongrieChapitre 108 sur 122 · LE MOUVEMENT COOPÉRATIF EN HONGRIE · texte numérisé non relu

LE MOUVEMENT COOPÉRATIF EN HONGRIE

Pour éclairer ce que nous disons sur la portée et les tendances

sociales du mouvement coopératif, nous résumons ici brièvement les données économiques que nous possédons sur l’intensité de ce mouvement. Les grands traits de cetle esquisse sont empruntés aux études du comte de Mailath (Le développement de la question des associations en Hongrie, 190%, 23 p.. ; les sociétés coo- - péralives de consommation en Hongrie, 1905, 15 p.)t et à l'enquête du comte de Rocquiny (Le mouvement coopératif en Hongrie, 1905, supplément aux annales du musée social, p. 185-215). Nous les avons complétées par des documents postérieurs. . Dans chaque pays un des modes de la coopération l’emporte sur les autres et leur donne naissance; en Angleterre, par exemple, ce sont des coopératives de consommation que procèdent les autres coopératives ; en France, les coopératives d'achat en commun (des syndicats agricoles) sont la base du mouvement ; en Hongrie, comme en Allemagne et en Autriche, ce sont les coopératives de crédit agricole qui tiennent la tête de l’organisation et plus encore que dans ces pays c’est la Société centrale de crédit qui donne à tout ce mouvement l’impulsion, le dirige et le contrôle.

41° Les coopératives de crédit.

- Elles sont d'assez ancienne date, mais ne commencent à prendre de l'importance qu’en 1886, quand le comte Alexandre Karolyi et ses amis fondèrent « l’Association centrale de crédit pour le comitat de Pest », premier organisme central de crédit coopératif. Celle-ci étendit en 1896 son action au pays entier et

4. Ces études ont paru depuis lors, avec des statistiques plus récentes, dans le livre sur la Hongrie rurale, p. 105-155.

devint la « Caisse centrale de crédit pour coopératives ». Pour essayer de grouper sous ce patronage toutes les coopératives, le Parlement vota la loi XXII de 1898, loi facultative, qui accorde certaines faveurs aux associations qui se soumettent à ses dispositions ; les principales sont: l’avis favorable des corporations agricoles ou industrielles ou de la « Société centrale de crédit mutuel », un maximum d'intérêt de 5 p. 100 consenti au capital, la responsabilité des sociétaires limitée (à 5 ou 10 fois leur part sociale), les prêts accordés aux seuls membres. Cette même loi crée la « Société centrale de crédit mutuel », en laquelle se fond l’ancienne « Caisse centrale ». La Société centrale demeure un organisme privé, mais contrôlé étroitement et favorisé par le pouvoir : le gouvernement nomme son président et son vice-président et a souscrit un quart des'parts de fondateur. Le capital desparts de fondateurs est de plus de 4 millions de couronnes; le capital ordinaire, qui provient des souscriptions des coopératives affiliées, dépasse 1 million ; quand celuici sera suffisant, le premier doit théoriquement être remboursé. La Société centrale est l'intermédiaire entre le gouvernement, ses subventions, ses désirs et les coopératives. A égard de ces dernières, elle est, selon l’heureuse expression de M. de Rocquiny, « organisateur, conseiller, contrôleur et banquier ». D’après les dernières statistiques, voici le progrès des coopératives de crédit depuis la fondation de la Société centrale : on y verra qu'en 1907 tant par leur capital propre (parts versées et fonds de réserve) que par leur capital étranger (versements) etle crédit qu’on leur accorde, elles pouvaient accorder À ‘leurs membres un crédit de 460 millions de couronnes environ. ?

Développement de 1899 à 1907 des coopératives de crédit reliées à la « Société centrale de crédit mutuel » dans la Hongrie proprement dite ?.

Nombre des associations. . . . . 700 1.570 2.040 Nombre des associés . . , : ., 140,000 403.000 525.000 Nombre des parts sociales. . . . 276.000 711.000 963.000 Valeur des parts sociales (en cou : :

A DONNES) Er NA Cr UE 1%.700.000 36.900.000 47.000.000 Participations effectivement ver- EN Prin -

BOBE A NE A RE en NANTES UR 6.500.000 21.500.000 29.000.000 Versements sur Muret d'épargne, 5.500.000 36.000.000 56 000.000 Fonds de réserve , , . . : 090.000 3.267.000 5.082.000

Crédit obtenu de la Société centrale. 11.900.000 62.000.000 75.000.000

1. Annuaire slatistique hongrois, 1903; p. 299, Budapest, 1907:-La Hongrie urale, loco citato, p. 192.

En dehors de ces coopératives il existe en Hongrie d’autres associations, fondées en verlu de la loi commerciale XXXVIIde 1875 : cette loi est toujours en vigueur. Certaines de ces associations sont de vraies coopératives, qui n’ont pas voulu s’affilier à la Société centrale, par raison nationale (coopératives roumaines, serbes, allemandes, etc.) ; d'autres sont des associations qui se rapprochent plus des sociétés anonymes.

Le tableau suivant indiquera le progrès de 1881 à 1905 de l'ensemble des établissements de crédit (banques, crédits fonciers, caisses d'épargne, associations) comparé à celui des assoone (coopératives et assimilées) :

Les établissements de crédit et les Associations de crédit dans la Hongrie proprement dite de 1881 à 1905! (en millions de couronnes).

Capital Capital étranger, Total

propre m2 de Nombre Hide social Versements l'actif des et de sur ou du Moyenne. établissem. réserve), livrets. Avances. passif. Ensemble des(1881-85. 809 26% 736 2 1.436 établissements 4892. . 2.796 de crédit . 4905:.=.773:174 4.090 2.350 258 7.061 1881-85. 330 38 28 455 74 Associations de) 1892. . 660 72 66 1 154 crédit. «14905. . 2579 201 152 99 510

Effels escomptés Prétshypothécaires Prétssuroblig. etprop.del'actif. etprop.del'actif. et prop. del'aclif.

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