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C'est pour conduire à ce résultat que $. S, Léon XIII supplie les prêtres de se mettre en contact avec les ouvriers et les patrons, de s'appliquer à nourrir en eux-mêmes et à faire naître dans les autres, depuis les plus élevés jusqu'aux plus humbles, la charité, reine et maîtresse de toutes les vertus, ÎT insiste pour que, dans les séminaires, une place convenable soit faite à la théologie sociale; il demande aux prêtres de s'intéresser à tout ce qui peut améliorer le sort de leurs fidèles et de favoriser toutes les entreprises qui ont pour but d'accroître leur bien-être.
La question sociale n’est pas une question purement spéculative, elle est avant tout pratique; elle relève sur beaucoup de points de la morale, Le prêtre devant apprendre à cha'un ses devoirs, ne saurait le faire d'une manière suffi. sante, au moins dans les milieux industriels, s'il ignore complètement les obligations et les droits respectifs des diverses catégories de personnes confites à ses soi ns,
Par ses études théologiques, par sa connaissance des vérité. révélées, par son caractère ct sos fonctions, par sa situation qui le met personnellement hors de cause , il se trouve tout indiqué pour jouer un rôle pondérateur ; il est plus désigné que qui que ce soit pour intervenir entre les partis et faire entendre des paroles de sagesse, de modération. de juetice, de paix. “Des questions si grandes et si vitales, dit le Cerdinal Gibbons, demandent des juges qui sachent discerner et séparer le bon grain de l’ivraie. Et qui sera plus capable de les traiter que l'ambassadeur du Christ ?”
En s’occupant de cette question sociale, il prouvera que le clergé, aujourd’hui comme autrefois, sait être de son temps, qu'il ne néglige aucun des problèmes de son époque ét que, par conséquent, on le calomnie quand on le traite d'arriéré.
Pais il se donnera des droits à l'affection et à la recon. naissance des classes laborieuses en leur montrant qu'il s’intéresse à des questions qui les touchent de si près, que leur
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bien-être lui tient à cœur ct qu'il est heureux de contribuer, dans la mesure de ses moyens, à améliorer leur situation matérivlle,
1 ennemis du prêtre disent couramment qu'il se désintéresse de lu justice sur la terre, parce qu’il prêche le rehoncement et place le but de la vie au delà de ce monde — qu'il s'occupe de secourir la misère, mais qu’il ne fait rien pour en tarir la source, qu'il la considère comme un fait normal, providentiel — qu'en déifiant la souffrance, il induit les misérables à ne rien faire pour l'écarter et le riche à ne rien tenter pour la circonscrire et la diminuer — que par cons quent il est l'adversaire de toute réforme sociale,
Ce sont là des calomnics contre lesquelles le prêtre ne saurait trop protester ni trop réagir. Qu'il suive les consei} de S.$. Léon XII et qu'il prouve par sa conduite que l'Eglise est loin d'être opposée au bien-être matériel et mar de= elasses populaires, des réformes légitimes et possibles.