‹ La question sociale [microforme]Chapitre 14 sur 14 · PES · texte numérisé non relu

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forte organisation politique de l'Angleterre devait la soustraire aux menées socialistes et le bon sens du peuple anglais le rendait inaccessible aux excitations malsaines de la démocratie continentale.

Aujourd'hui cette illusion s’abime dans la réalité; le mal longtemps dissimulé fait explosion avec une telle violence que personne ne peut en contester la gravité; des orgauisations socialistes nenaçantes sont répandues dans tous les centres industriels; elles se montrent au grand jour; elles secouent ces couches sociales qui dormaient dans l’inconscience de ïeur force et qui se lèvent non moins étonnées de ieurs désirs secrets que de la grandeur de leur misère. Quelle cst la vraie puissance de ces organisations, quelles sont leurs ressources? La réponse sera donnée dans un avenir prochain ; elle sera terrifiinte pour les hommes d'Etat dont l’imprévoyance aura été la cause du mal dont souffrira leur pa- ‘rie,

eux qui cultivent près de Naples la vaste campagne qui s'étend de Torre del Græco jusqu’au Vésuve, lisent cette inscription gravée par Fonseca à l’endroit où la lave engloutit autrefois les maisons de leurs pères: “Cavete, posteri, vestra res agitur, prenez garde, 6 nos descendants, il s'agit de votre fortune.”

Prenez garde, peuvent nous dire les peuples qui nous ont devancés sur le chemin de l'existence; vous voyez les maux dont nous souffrons, vous connaissez leur origine; notre exemple doit vous être utile. Il s’agit pour vous de prévenir lé mal afin de l'empêcher d’arriver ou du moins vous devez signaler sa première appar tion, réagir contre une im-

prud-nte quiétude et arrêter la vatrie sur une pente dange-

reuse où elle menace de glisser.

IT faudrait aussi combattre cette tendance de la part de

notre peuple à quitter la campagne pour se concentrer dans les villes,

Les fils de nos bons cultivateurs trouvent trop souvent la paroise natale ennuyeuse: ils se d goûtent vite des tra-

vaux de le ferme, ils cherchent d'autres spectacles que ceux qu'offre la beauté des champs; ils se lassent de respirer l'air pur dans les prés et sur les collines embaumées du domaine paternel; ils ont le triste courage de quitter ce qui devrait leur être si cher pour aller dans les centres industriels où ils espèrent gagner plus en travaillant moins. Cette tendance est funeste aux vrais intérêts de la patrie.

Il y a donc une question sociale. Cette question est souverainement grave, souverainement délicate, souverainement complexe. Elle appelle une solution prompte et équitable. Et la seule solution efficace est celle qui s'inspire de l'Evangile qui nous dit à tous: “Qu’importent les différences de position sociale; la même terre a porté notre berceau et nous reposerons demain dans le même cimetière; le même Dieu nous a créés et le même Dieu nous jugera. Soyons donc frères.” Il n’y a qu’un seul moyen d'arrêter la diffusion aes doctrines révolutionnaires, c’est de rapprocher de Dieu l’enfant, l’ouvrier, le citoyen, la société toute entière qui tend actuellement à s'éloigner de lui pour son malheur,

Soyons donc tous de vrais chrétiens, soyons donc tous frères. Aimons-nous tous les uns les autres; vivons de la vie de notre baptême et, abjurant les distinctions qui naissent du nom, de la fortune et des opinions personnelles, consentons à prier le même Dieu, à nous réunir au pied des mêmes autels, à écouter chaque dimanche les enseignements du même Christ, à recevoir les mêmes sacrements et alors nous serons frères, alors nous serons forts et nous serons heureux.

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