LA PAPETERIE
Nouvelle œuvre du Parti ouvrier.
Nous deman Ions à nos amis, aux syndicats, aux administrations communales de se munir de leurs articles de bureau ou d’écoliers aux magasins du journal Le Peuple. Cahiers, registres, plumes, papiers, etc, etc., sont en magasin. Les cahiers d’écoliers ont comme couverture des souvenirs socialistes, c’est l’application de la propagande par l’image.
Cette situation meilleure doit nous faire redoubler d’énergie en faveur de nos journaux. Il reste encore beaucoup à faire, les journaux locaux, l’impression de tous les travaux de ville, les suppléments, le journal illustré, etc.
Le Parti ouvrier doit pouvoir compter sur l’appui de tous pour continuer l’œuvre commune qui a nom Presse
Socialiste.
Xe ANNIVERSAIRE DU PARTI OUVRIER
Le 16 août de cette année nous fêtions le 10e anniversaire de la fondation du Parti ouvrier. Beaucoup d’entre nous se souviennent encore du congrès d’Anvers où définitivement fut constitué le Parti ouvrier.
Le petit Parti ouvrier, ridiculisé, honni de 1885 est devenu une organisation avec laquelle il n’est personne qui ne doive compter. Et nous ne pouvons mieux dire que ce que le Peuple publiait le jour d’anmversaire :
L’armée socialiste a planté victorieusement l’étendard rouge de la délivrance en Wallonie et elle s’apprête à conquérir la Flandre.
L’organisation coopérative, base du parti ouvrier belge, a pris des proportions considérables. Les 2 ou 300 familles ouvrières qui s’alimentaient aux coopératives de 1885 sont devenues 50,000. Le pays s’est couvert de multiples ligues ouvrières et de groupes de propagande. La résistance sur le terrain économique s’est propagée et fortifiée par la constitution de plusieurs centaines de chambres syndicales et de caisses de secours, et elle s’est renforcée puissamment par la fondation de fédérations nationales et internationales de métiers.
Sur le terrain intellectuel, l’action du Parti ouvrier s’est portée vigoureuse et fertile : les cercles d’études, les bibliothèques, les écoles d’orateurs, les sociétés d’art et d’enseignement créés partout, sous les auspices du socialisme ; les revues, les publications, les journaux politiques, littéraires et artistiques parus très nombreux, en ces dernières années, en sont la preuve évidente.
Voilà certes des œuvres qui, réalisées en moins de dix années, valent bien les œuvres cléricales.
L’ensemble forme un tout harmonique, établissant la concoi*dance des buts et des actions. Tous les besoins et tous les intérêts ouvriers ont leurs organismes qui, tous, se tiennent, s’enchainent et constituent le parti ouvrier
Nous avons puisé la solidarité dans les misères et l’oppression communes; nous l’avons renforcée par le coude à coude fraternel de chaque jour et par la lutte continue. Nous avons voulu, avant tout, l’union des travailleurs et nous avons rapproché l’heure où elle sonnera pour tous les exploités de toutes les opinions philosophiques.
L’union est fatale.
Notre action sur le gouvernement a été prépondérante. Nous lui avons arraché la révision de l’article 47 et le suffrage universel, nous l’avons obligé à reconnaître l’existence de la question sociale par une législation ouvrière, — anodine, il est vrai, — nous l’avons forcé à avoir une préoccupation constante : le Socialisme.
Notre action a été conséquente au point de vue international. La reconstitution de l’Internationale rouge a été plus le fait clu Parti ouvrier belge que de n’importe quel parti socialiste d’un autre pays, parce que l’esprit de notre parti participant de celui des partis ouvriers allemands, anglais et français, nous ne connaissons pas les divisions de personnes et nous savons, quand il le faut, faire les sacrifices nécessaires à l’union. Nous avons pris part à toutes les conférences et à tous les Congru s internationaux, nous nous sommes associés à toutes les manifestations qui devaient raffermir les sentiments de solidarité entre les travailleurs de toutes les nations, nous avons poussé à l’organisation internationale des chambres syndicales, des coopératives, des étudiants, etc., et nous avons réussi, puisqu’à l’heure présente il existe cinq ou six fédérations corporatives internationales.
Mais c’est dans le domaine moral que notre action a été surtout considérable.
Nous avons appris au peuple à lire, à penser, à réfléchir, nous lui avons montré le salut dans l’association, nous lui
avons fait prendre conscience de ses droits et de ses devoirs. La liberté de discussion, l’esprit de tolérance, le respect du principe de l’égalité des langues, qui sont aujourd’hui plus vivaces que jadis au sein des populations, doivent être misa l’actif du Parti ouvrier.
Rien n’a été fa it depuis plusieurs années par le gouvernement sans que celui-ci n’ait eu à l’esprit, l’existence d’un parti des pauvres gens, soit pour combattre ce parti, soit pour détourner le peuple des voies démocratiques.
Le Parti ouvrier belge est vivant, plus décidé que jamais à aller de l’avant, jusqu’à ce qu’enfin il ait réalisé son idéal. Ni les coupes sombres pratiquées dans la masse ouvrière, ni l’emprisonnement, ni les lois d’exception, rien, rien, rien ne peut entraver sa marche vers la Terre promise du Socialisme.
L’Internationale ouvrière conquerra le monde, comme le Parti ouvrier belge régnera bientôt en Belgique.
Compagnons !
Toujours de l’avant, ni trêve, ni repos !
Vive le Parti ouvrier belge !