LES BUDGETS
La discussion des budgets a pris avec les nouvelles Chambres, une autre tournure qu 'autrefois. Les députés socialistes, au lieu de demander des places et des faveurs, de critiquer certaines nominations, se sont occupés de signaler les abus et de réclamer plus de justice et de bienêtre pour les agents de l’Etat.
Le budget des dotations a permis à nos députés de récla-
mer la suppression de l'allocation de 200,000 francs payée au comte de Flandre, pour le seul motif qu’il est le frère du roi.
Lors de la discussion du budget de la dette publique, la conversion de la dette a été demandée.
Le budget de la justice a été examiné dans ses multiples rapports avec la question sociale. Il a été démontré que le prisonnier, le criminel, le voleur, est mieux nourri et logé que la grande masse des ouvriers restés honnêtes; enfin, les abus industriels ont été signalés. Anseele a pu dire que la justice est une forte femme lorsqu’il s’agit de frapper les petits, mais qu’elle est caduque quand c’est contre les grands qu’il s’agit de sévir.
Le budget de l’agriculture a permis de défendre les programmes agricoles du Pa**ti ouvrier, de démontrer l’exploitation du paysan et sa situation misérable.
Le budget des travaux publics a été discuté longuement. Vos députés ont défendu l’inscription du minimum de salaires dans le cahier des charges, la durée maximum du travail, l’assurance des ouvriers contre les accidents, etc. ; en un mot, tout le programme socialiste en ce qui concerne les travaux publics.
On s’est occupé aussi de la situation du personnel des ponts et chaussées, et on a demandé la suppression du droit de batelage.
A l’occasion de la discussion du budget des affaires étrangères, nos députés ont réclamé la réduction des gros traitements des représentants de la Belgique à l’étranger, qui n’ont rien à faire, et l’augmentation du nombre des consuls appelés à développer et recommander notre commerce et notre industrie dans les pays lointains.
Dans la discussion du budget de l’intérieur et de l’ins-
truction populaire, l’établissement des cantines scolaires, etc. Il a été prouvé, chiffres à l’appui, que l'instruction d’un élève de l’Université coûtait 1000 francs par an à l’Etat, alors qu’un élève des écoles primaires ne lui coûte que fr. 31.50.
Le budget de la gendarmerie a permis à la gauche socialiste de protester contre l’attitude des gendarmes qui, trop souvent, en cas de conflits entre patrons et ouvriers, se montrent d’une partialité révoltante quand ils ne font pas office de mouchards.
Les budgets de la guerre, des finances, de l’industrie et du travail et celui des chemins de fer, ont été votés sans discussion, le temps faisant défaut. Mais il a été entendu que ce dernier budget serait inscrit en tête de l’ordre du jour de la session suivante.
Lors de la discussion du budget extraordinaire, les députés socialistes ont proposé le vote d’un crédit de 500,000 francs pour venir en aide aux cultivateurs qui ont eu leurs champs ravagés lors du cyclone du 10 août 1895.