ACTE TROISIÈME
FLORE
Qu'est-ce que tu as dit?
VÉDIE
Que monsieur était couché.
Qu'a-t-on répondu ?
VÉDIE
Qu'on repasserait demain, sur le coup de dix heures avec un médecin.
FLORE, à Rouget.
Vous ne le recevrez pas, son médecin non plus.
ROUGET
Je ferai ce que tu voudras.
Nouveau silence.
MAX
Je vais fumer une pipe dehors.
FLORE
Prenez garde, les gens d'en face pourraient vous voir.
MAX
La nuit est épaisse.
FLORE
Rentrez avec vos camarades dés qu'ils arriveront, ne restez pas sur la place à causer avec eux.
MAX
Oh ! que de précautions 1 Quand le colonel serait venu boire le Champagne, ici, ce soir, ça ne m'aurait guère gêné.
Il ne remettra plus les pieds dans la maison, (a Rouget.) N'est-ce pas?
MAX
Enfin! puisque c'est pour faire plaisir à M. Rouget ! On sera prudent.
Il sort — un silence — Rouget s'accoude à la table et pleure.
FLORE
Encore! Qu'est-ce que vous avez?
ROUGET
Rien.
FLORE
Vous devriez être heureux cependant, on fait vos quatre volontés.
ROUGET
Oui.
FLORE
Alors? En revenant, je vous aiidit, choisissez entre votre neveu et moi. Vous avez choisi. J'ai été très gentille à partir de ce moment-là, est-ce vrai? De votre côté vous m'avez obéi avec beaucoup de bonne volonté, ça, je le reconnais. Votre gueusarddé neveu est venu par trois foi?, vous vous êtes couché bien docilement comme si vous aviez la fièvre. Vous n'avez répondu à aucune de ses questions. Vous avez fait colui qui veut dormir, vous avez très bien joué votre rôle. J'ai toujours dit que vous étiez plein de
malicC} mon rat. (Elle l'embrasse et s'assied près de lui.)
Voyons, je ne pouvais pas habiter cette maison en même temps que ce soudard qui avait voulu m'en chasser. D'autre part, eût-il été juste de rendre le commandant Gilet responsable de mon algarade? Il était parti pour me retenir une chambre à Bourges. Il ne voulait pas me laisser seule dans une grande ville pendant plusieurs jours. C'était pas convenable. Vous avez eu du chagrin, n'est-ce pas?