‹ La Race Chevaline Percheronne Formation, Expansion et DébouchésChapitre 7 sur 33 · SAR LS · texte numérisé non relu

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prairies, tandis que le long des flancs s'étendent de gras pâturages, des « borderies », des champs plantés de pommiers ou de poiriers entourés de haies vives.

Le haut des côteaux n'offre parfois qu’un terrain inculte, ordinairement planté de sapins, ce qui contribue à faire du pays une Suisse en miniature, la « Suisse française ».

Mais le Perche tel que l’a délimité, arbitrairement, la Société hippique percheronne, est beaucoup plus étendu que le « pays de Perche » (voir carte). Il le comprend tout entier et ne le dépasse guère du côté de PEst, mais il le déborde au Sud, à l'Ouest et au Nord. Il comprend une grande partie de la vallée du Loir, une partie du pays manceau, enfin des parties de la Normandie où l’on élevait autrefois le cheval normand de demi-sang. Il atteint même le Sud du pays d’Auge.

b) Géologie.

Il y a intérêt à étudier de près la géologie d’un pays d'élevage, de ce sol que l’on a défini, au point de vue zootechnique, « la couche superficielle de l’écorce terrestre, agissant directement par ses propriétés physiques, et indirectement par la nature et la composition des plantes qui y poussent et dont se nourrissent les animaux » (DECHAMBRE) (N° 23). Il existe une relation très étroite entre le sol et la taille des animaux qui y séjournent : les exemples sont nombreux et variés.

Au point devue géologique, le Perche, considéré comme pays de production du cheval percheron, appar-

tient au Bassin parisien, dont il occupe le rebord occidental.

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Le pays du Perche et Ia région d’élevage reconnue par la “ SOCIÉTÉ HIPPIQUE PERCHERONNE * Les noms des 50 chefs-lieux de cantons compris dans le Perche. tel que l'entend Société Hippique Percheronne, ont été seuls inscrits : les noms entre sont Ceux

des lieux situés en dehors des 50 cantons

Moulée sur lilôt de porphyre et de sédiments primaire de la forêt de Perseigne, la série jurassique débute en transgression par le Lias moyen et supérieur, avec son faciès argileux habituel. Sur le Lias, les sédiments bajociens et bathoniens apparaissent avec des faciès différents ; sableux avec intercalations charbonneuses aux abords de la forêt de Perseigne, ce qui suppose la proximité du rivage ; calcaire au Merlerault, avec les Brachiopodes caractéristiques ; calcaire également à l'Ouest du Mans.

Sur le Bathonien, le Callovien est transgressif, et même discordant, indiquant une émersion temporaire avec mouvements orogéniques ; il est bien développé au Merlerault et à Mamers, franchement calcaire en cette dernière. localité, marneux et même argileux au Merlerault, mais toujours avec les ammonites calloviennes.

L’Oxfordien montre dans Orne des calcaires marneux gris bleu à Cardioceras, surmonté de grès quartzeux ferrugineux et de sables à Ostrea dilatata, indiquant une tendance à l’émersion ; dans la Sarthe, vers Mamers, il est représenté par des argiles et des sables avec Cardioceras.

La série jurassique s'achève par le Rauracien et le Séquanien visibles à Bellême, Mortagne, Moulins-la- Marche, la Ferté-Bernard, avec faciès de récifs et ses fossiles caractéristiques.

Le jurassique supérieur et le Crétacé inférieur manquent.

Avec l'invasion cénomanienne, transgressive sur tous les sédiments précédents et même sur le granite du Massif armoricain, commence une nouvelle période, décisive pour la formation du sol percheron.

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Le Cénomanien est bien développé, non seulement dans la région classique du Mans, où domine le faciès sableux, mais dans presque toute l’étendue du Perche.

Dans l’Orne il débute par des argiles et des sables verts à glauconie ; au-dessus, vient une craie jaunâtre à Pecten asper ; puis des marnes glauconiennes à Ancanthoceras rothomagense.

L’importante formation qui fait suite, connue sous le nom « de sables du Perche », épaisse de 40 à 50 mètres, présente une particularité importante ; elle porte les forêts du Perche et de Bellime ; elle renferme Exogyra columba. A la Ferté-Bernard, succession analogue; toutefois le sable y est peu développé, et le faciès dominant est un calcaire glauconien à Ancanthoceras rothomagense, plus voisin du type calcaire de Rouen que du faciès sableux du Mans. A Nogent-le-Rotrou on connaît également des calçaires cénomaniens.

Peu de chose à dire par contre au sujet du Turonien qui ne présente à Longny et à Laigle que des lambeaux de craie marneuse à fossiles particuliers.

Le Sénonien bien développé à Chartres et dans toute la région à l'Est du Perche n’est pas reconnaissable avec certitude en cette région ; Fargile à silex, avec son conglomérat siliceux connu sous le nom de « grison », attribué par quelques auteurs au tertiaire, est plus vraisemblablement une formation remaniée sur place, provenant de l’altération et de la décalcification des marnes turoniennes et sénoniennes ; cette formation occupe de larges espaces dans le sud et le sud-est de la région ; le manteau d’argile à silex qui recouvrait au sud-est de l'Huisne le cénomanien et même le jurassique, a été presque entièrement enlevé par l'érosion, ne laissant par

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place que des lambeaux facilement reconnaissables et qui donnent à la butte de Montmirail et à la plaine qu’elle domine un aspect caractéristique.

Quoi qu’il en soit de l’origine et de l’âge exact de l’argile à silex, on connaît en divers points du Perche du tertiaire authentique : dans l'Orne sous forme de sables et de grès ; dans la Sarthe, sables et grès encore, à empreintes végétales de palmiers ; ailleurs, c’est un calcaire lacustre, analogue au calcaire de St-Ouen, et rapporté pour cette raison à l'étage bartonien ; puis, à Nogent-le-Rotrou, existe un petit bassin tertiaire particulier.

L'extrême variété des couches géologiques du Perche esi accentuée encore par les accidents tectoniques qui en ont modifié la structure et par le travail de l'érosion fort actif en cette région humide et boisée. Il en est un qui mérite d’être signalé, c’est la fracture compliquée de: décrochement qui a orienté le cours de l’'Huisne et de la Cloche depuis Marolles jusqu’au delà de la Ferté- Bernard, laissant intacte Ia lèvre nord-ouest, avec son manteau d'argile à silex, relevant au contraire la lèvre sud-est pour la soumettre à une érosion puissante, capable de mettre à nu les couches cénomaniennes et même jurassiques sous-jacentes.

Ajoutons un dernier mot qui, avec l’histoire proprement dite du sol, donne au Perche sa physionomie si spéciale, à savoir, Pexistence des belles forêts qui lencadrent, ou qui même se développent au cœur de la région, contribuant à entretenir une humidité favorable à l’élevage des jeunes chevaux, abritant hommes, animaux et plantes contre la violence des vents, et les brusques changements de température; à cet égard, le

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Perche fait un constraste frappant avec diverses régions avoisinantes, notamment avec la Beauce.

c) Climat.

En Zootechnie, on définit le climat, l’ensemble des variations atmosphériques et des conditions météorologiques d’un lieu, qui s’y succèdent durant une année et affectent les organes d’une manière sensible (DECHAM- RE, n° 23). Il y a ainsi une relation évidente entre les dimensions corporelles et l’état hygrométrique de l’atmosphère. L’humidité de l'air est un des facteurs de l’amplification des formes.

Le climat du Perche est très favorable à l'éducation du cheval ; l’eau y est tonique, les végétaux substantiels, l'air plus vif, plus sec, plus continental que celui de la Normandie. Ce pays de vallées, humide mais sans eau croupissante, est favorable aux prairies naturelles. Cependant elles cèdent le pas dans beaucoup d’endroits aux prairies artificielles, au sainfoin, au trèfle.

Bref, le Perche jouit d’un climat tempéré, humide sans excès, le meilleur pour l'élevage du cheval, car il permet seul la production des animaux de taille et de poids supérieurs à la moyenne, les plus recherchés, les plus «< marchands ». Enfin, la douceur du climat permet la vie au grand air des chevaux la plus grande partie de l’année, ce qui n’est pas à dédaigner au point de vue logement et santé des sujets.

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