‹ La race sémitiqueChapitre 115 sur 246 · Diodore, 1. IV, II · texte numérisé non relu

Diodore, 1. IV, II

LES ARUâ - bAOCâUS 121

Jours, une fille fait un enfant en dehors des règles éta- )lies par les lois, on inscrit cet enfant sur le registre de Tétat civil sous le nom de sa mère et de pire inconnu ; à cette époque, il était toujours fils d'un I)ieu et le bon Jupiter a endossé ainsi une quantiié fabuleuse de paternités. Les espagnols ont imité cette coutume : tout bâtard est noble. C'est flatteur, pour les grands de la Péninsule.

Quoiqu'il en soit, Jupiter-Âstérius adorait en ce moment la fille de Gadmus.

Mais comme il se cachait pour aimer Sémélé, celleci crut qu*il la dédaignait, et voulut le voir dans toute sa gloire., ce qu'il lui accorda, de guerre lasse, elle en fut foudrôjrée et elle avorta de l'enfant qu'elle portait dans son sem.

f Jupiter prit aussitôt l'enfant et le donna à Mercure avec ordre de le transporter dans Vmtre de Nyse qui est entre la Phénicie et le Nil. Il le fit nourrir par les nymphes, et leur recommanda de prendre un extrême soin à £on éducation. Bacchus ayant ainsi été élevé à Nyse fut appelé Dionysius, d*un nom composé de celui de Nyse et et de celui de Jupiter que les ^recs apnellent Dios, Cette origine est appuyée d!u témoignage a'Homère déjà cité sur ce sujet. jBaccbusplus avancé en âge inventa 1 usage du vin et enseigna aux hommes la manière de planter la vigne. Il parcourut presque toute la terre ; et ayant

Eolicé plusieurs nations on lui a rendu partout de grands onneurs.

« Il inventa aussi la bière aui est une boisson composée d'orge et presque aussi bonne que le vin * . »

Osiris et Bacchus sont deux personnages différents, auxquels les Egyptiens et les Grecs attribuèrent les mômes faits ' : Seulement il y a quelque différence entre

i« Diodore, 1. IV.

a» Hérodote, 1. H, CXLlV. — Diodore, 1. IV, I. — PluUr<ttte sur Isis et Osiris, 13, 28, 34, 35. Les statues de Ëacchus en Grèce

£ortent une tète de taureau. Plutanpie, sur Isis et Osiris 39. Il semlerait, d^àpite un passace de cet auteur, cfu'Oairia penonifierait l'Egypte et l^yphon les Juifs, le^el, se salivant sur un âne, eut pour ms Uiérosolymus et f udaeus. — 3ur Isis et Osiris^ 31,

la version Egyptienne et la version grecque, c'est la situation de Nyse et les noms des père et mère des deux héros ; d'après les Egyptiens, Nyse était située près du Nil et du fleuve Triton à Toccidenl de TEgypte, tandis que d'après les Gi^ecs elle était bâtie dans TArabie heureuse entre la Phénicie et le Nil, conséquemment sur les conQns de la Judée '•

Nous retrouvons là la fameuse Gervoise, tant aimée du docteur Safl^ray, qu'il fait venir si ingénieusement de? Arias, et que Bacchus a inventée avant rexistence,de ces mêmes Arias, puisque nous verrons plus loin, que ce héros colonisa les bords de Tlndus. JBacchus, nom sous lequel il est connu dans l'univers entier, a été appelé ainsi, de l'hébreu Bacar, qui porte un nouveau fruit, nom que lui a mérité la propagation de la vigne. Il en était en ce temps, absolument comme de nos jours, où toute nouvelle découverte est baptisée d'un nom grec, la langue usuelle étant trop commune pour mériter cet honneur; àcette époque, l'hébreu étant la langue savante de tous les peuples civilisés, c'était à son vocabulaire que l'on empruntait tous les noms nouveaux, et tous les noms de guerre. Jamais héros n'en eut plus que Bacchus: k ceux de Dionysios^ àAigohos, que nous connaissons déjà, de Phanis, qui veut dire éclatant de lumière, par ce qu'il fut adoré comme étant le soleil * ; de Bugêne, qui signifie fils de vache ; de Licnon, berceau d'enfant' ; de fils de l'oubli ; d*Fîibulus^ sage conseiller '; de Pyrigène, enfant du feu *; de Bromius, à cause du tonnerre qu'on entendit à sa naissance et dont sa mère mourut ; de Lenceus, parce que l'on écrase les raisins dans des pressoirs qu'on nomme

i. Il est vrai que la Lybie, venant jusqu'au Nil à ceUe époque, il y a pu avoir confusion chez les auteurs : en effet, à cette époque la Nyse grecque, située près du Nil, sur les confins de la Judée, se trouvait aussi être proche de la Lybie^ puisque cette partie du monde ancien commençait au Nil.

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