CHAPITRE II
I^esx l^ois, les Mœurs et les Coutumes.
Les Grecs et les Phéniciens n'ont pas laissé de corps de lois de sorte qu'il faut aller dans les auteurs anciens puiser, de ci et de là, les lois, les coutumes éparses qui
Eeuvent établir la parenté de ces peuples avec les Héreux ; seule, la loi des douze tables, ainsi que nous l'avons démontré ailleurs, entièrement puisée en Grèce, peut servir à retrouver l'analogie des coutumes des peuples sémitiques, issus des Hébreux, avec celles de la mère-
Eatrie ; et cela est d'autant plus difficile que Cadmus, Kinaûs et les autres étaient partis d'Egypte en même temps que Moïse, le peuple juif n'ayant pas encore à cette époque de lois écrites; il n'avait que des coutumes, et il était bien difficile qu'elles n'aient pas participé aux infamies des mœurs égyptiennes. La tâche est beaucoup plus aisée pour les Arias. Bacchus (Brighou) ayant donné un code, que du nom de son beaupère Minos, il a appelé loi de Manou, nous aurons là des données certaines et coordonnées, où nous pourrons puiser à pleines mains : Bacchus vivait deux générations après le départ des Juifs, tant en Judée qu'en Grèce et en Phénicie ; il avait élé élevé sur les confins de la Judée et de l'Egypte, de sorte que nous devrons retrouver dans le code de Manou (Manu) des lois juives et des coutumes grecques et égyptiennes. Nous ne les citerons assurément pas toutes ; il y en a tant que rien que pour traiter cette matière, il faudrait un volume tout entier. M. Fontane qui a trouvé le moyen d'écrire 400 pages de symphonies sur les hymnes des Védas, aurait, s'il avait lu le code (Je Manou, pu en faire au moins une centaine, et lui qui admire l'innocence, la candeur des
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Arias, il aurait été légèrement désillusionné, car il faut bien le dire hautement, le code de Manou, reflet pour une bonne partie des lois de Crète dont nous avons une idée par celles de Sparte, qui ont été copiées sur elles, est un code infâme ; comme tout ce qui a été promulç^ué en dehors du Sinaï, il consacre la sodomie, le vol et l'assassinat, ainsi que l'écrasement du faible sous toutes les formes, enfants, femmes et serviteurs. A côté des quelques lois juives qui apparaissent là comme des étoiles brillantes, mais perdues au milieu des ténèbres d'une nuit sombre, nous y retrouvons les abominations des mœurs égyptiennes, importées par les dissidents Israélites en Crète et de là dans les Indes. L'auteur de Y Histoire universelle^ sans histoire, est vraiment merveilleux quand il prétend, après son maître Michelet, peindre les mœurs des Arias en puisant ses matériaux dans les hymnes védiques 1 Voyez-vous un historien français qui, oubliant nos codes passés et présents, laissant de côté César, Vercingétorix, Clovis, Charlemagne, François I*"", Louis XI, Jeanne d'Arc, Richelieu, Mazarin, Charles IX, la Fronde, Louis XIV, nos trois Républiques et les deux Napoléon, croirait peindre la France, ses faits, sa vie, ses pensées et ses mœurs en s'inspirant seulement et uniquement des cantiques que nos petites filles chantent dans les chapelles de nos cathédrales ! Pour peindre les mœurs d'un peuple, l'étude principale doit être celle des lois de ce peuple ; ses codes sont le miroir où se reflète l'état de son âme, de son cœur aux différents âges de son existence.
Ce qui frappe tout d'abord, c'est que les Arias adoraient non pas le Dieu d'Israël, le Créateur de tout ce qui existe en dehors de lui-même, mais ce que les Grecs croyaient être le Dieu des Juifs, c'est-à-dire le Ciel, cette enveloppe de toute la nature ; ils prétendaient que Moïse enseignait : « Que la divinité ne saurait être autre chose que ce qui nous enserre, nous, la terre et la mer, autre chose par conséquent que ce que nous appelons le ciel et le monde ou la nature *. »
1. Slrabon^ 1. XVI> ch. 11,^ 35; cependant les Grecs savaient que les habitants de la Thébaïde croyaient en un Dieu, Cneph, incréé
LES ARIAS — LOIS, MŒUES BT COUTUMES 141
C'était du pur naturalisme : les Grecs peu versés dans la théogonie nébraïque et ne pouvant s'élever jusqu'à l'idée d'un être infini, Créateur de toute chose, se méprenaient et s'étaient toujours mépris, depuis le jour où ils avaient abandonné leurs frères, sur les idées juives : Eh bien, c'est du naturalisme que nous retrouvons dans TArianie ; il y a bien l'idée d un être supérieur, mais c'est une idée vague qui se confond avec l'âme de l'univers ; aussi ce que nous apercevons noyé dans des doctrines panthéistes grecques, c'est une réminiscence de la Bible :
a Ce monde était plongé dans l'obscurité Les
eaux ont été appelées Nâras, parce qu'elles étaient la production de ^ara (l'esprit de Dieu) ; ces eaux ayant été le premier lieu de mouvement (ayana) de Nara, il a, en conséquence, nommé Nârayana (celui qui se meut sur les eaux*. »
Lisez maintenant ce verset de la Bible et comparez :
a Et la terre était sans forme et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l'abîme, et V Esprit de Dieu se mouvait sur les eaux *. »
Nous avons dit que c'était une réminiscence, c'est bien mieux que cela ; c'est presque un commentaire et l'expression Nâras, elle-même, est venue en ligne droite du mot hébreu Naar qui veut dire fleuve, eau, ce qui coule, ce qui resplendit, ce qui vit : Naar, c'est le jeune homme dans la force de son intelligence et dans Texhubérence de sa jeunesse ; Naarah, c'est la jeune fille dans la perfection de sa beauté ; Nâras, en sanscrit, c'est la créature; l'onde ; Nara, c'est le créateur, l'âme de l'univers ; quoique de proportion moins grande, puisque le Dieu d'Israël, le grand Jéovah, le créateur de tous les êtres, s'était effacé pour faire place à un être fictif, l'âme de la nature, on sentait encore un souffle puissant que
et impérissable (de l'hébreu Canaph, Protection); Plutarque, sur Iris et Osirls, 21.