‹ La race sémitiqueChapitre 46 sur 246 · tiens nement · texte numérisé non relu

tiens nement

été gouverné par 'des^hommes. n (les Egyptes, ch. VI), commet la même faute. Il sait bien que Diodore est un homme trop sensé pour croire à de pareilles sottises : car lui qui a su déchiffrer les moindres inscriptions des stèles, des tombeaux, des papyrus et des pyramides d'Egypte — ces phares du désert — n'est pas sans avoir lu la phrase que nous citons de l'historien grec.

Aussi l'auteur n'osant pas s'arrêter aux dates données par les prêtres Egyptiens, fait commencer l'histoire d'Egypte, 5004 avant

L*AaE DE LA RACE HUMAINE 33

chacun plus de douze cents ans, et que les derniers sont allés jusqu*à trois cents. Mais comme un règne de cette durée est incroyable^ quelques-uns de ces chronologistes

Jésus-Christ ' . Ce chiffre de 50f 4 nous a paru merveilleux ! pourquoi pas 5003, ou 5005 — ou le chiffre rond de 5000 — serait-ce afin d'imiter ces commis de magasin qui pour écouler leurs marchandises les affichent à 1,45; 2,95» ctc.^ croyant amorcer le public, car enfin diaprés le propre aveu de cet écrivain, ni Manétoon, ni les stèles, ni les papyrus, ni les tombeaux, ni les pyramides, ne donnent de dates. Ou donc alors a-t-il pris ce chiffre fantastique ? il ne le dit pas. Puisqu'il s'est promené dans le pays des sphinx, il l'est peut-être devenu un peu lui-même; mieux vaudrait pour nous qu'il fût un Œdipe. Il mettrait une chandelle dans sa lanterne 1 Encore une fois pourquoi 5004 plutôt que 5003, 5005, 5000, 18000. 23000, les chiffres donnés par les prêtres ? Où sont ses bases ? Où sont ses preuves ? Mon Dieu, il n^en a pas. 11 n'a pas osé prendre les dates JBgyptiennes, de peur de faire rire de lui; cependant, il lui fallait une date antérieure à celle qui résulte do la Bible, en sa qualité de libre-penseur et il a saisi la première qui lui a passé par la tête, qui n'était oi celle des chrétiens, ni celles données par les prêtres égyptiens et adoptées crânement par M. d'Assier, parce qu'elles étaient par trop ridicules, voilà tout.

Ce bon, cet excellent, cet adorable monsieur Marius Fontane, voudrait bien, comme tous ses congénères, anéantir l'autorité de la Bible, et avec elle, cet affreux, cet abominable Jéovah, qui le gène horriblement. Comme tous ses frères en M. Renan, il préfère, atout, un peuple sans Dieu, mais si enfin l'on est obligé de subir le joug exécrable des prêtres, mieux vaut les dieux que l'nomme a créés dans son délire, à commencer par ceux des Anas, des Iraniens ou des riverains du Nil, que ce Dieu farouche qui nous a faits : Ohl celuilà il ne peut le souffrir ; et si cela dépendait de lui, il l'aurait bientôt envoyé au diable. Cela se comprend, les dieux que nous avons créés, sont de facile composition ; avec eux, nous pouvons tuer papa, maman et nos voisins quand ils nous gênent, ou quand nous avons envie de ce qu'ils possèdent; nous pouvons leur prendre leur ftne, leur bœuf, leur maison et leurs femmes. Nojs avons le droit de coucher avec frères, sœurs, pères et mères, voire même a^ec notre vache* Tandis qu'avec Jéovan, halte-là ; il laut vivre chastement, honnêtement, respecter la femme du voisin, sa vache et notre mère, ne pas dépouiller le passant et ne pas écraser le faible, enfant, femme, serviteur et débiteur, c'est vraiment ennuyeux !

Aussi avec quelle grâce l'auteur envoie promener Mo'ise, Abra-

1 . M. Graêtz dans son Histoire des Juifs, donne des dates beaucoup plus rationnelles, ch. I.

pour se sauver n*ont pas craint d'avancer que le cours du soleil n'étant pas encore parfaitement connu on réglait Tannée sur celui de la lune ; et que cette année

ham qu'il calomnie honteusement et impudemment (les Egyptes, ch. XXV), et Joseph (les Egyptes, ch. XV) ; voire même Hérodote, quand ils ne veulent pas se mettre d'accord avec tous ses contes, tous ses mensonp'es et toutes ses inepties, qu'il a cru lire sur ces vieilles briques des rives du Nil. Selon la manie à la mode il fait les Asiatiques envahissant l'Egypte de 2851 à 2214. Or, an temps d'Hérodote encore, l'Asie commençait au

L'Asie prit ce nom au moment du départ des hébreux pour la Judée, avant elle était innomée. Ce nom lui vient d'Asias. (Hérodote, 1. IV. XLV.) Ainsi comme tous ses compères, M, Marins Fontane est fort pour lire l'histoire du genre humain sur les pierres ; quant aux livres, il n'y entend rien. Quelle foi veut-il que l'on ait en lui ?

11 faut voir avec quelle loyauté l'auteur raconte l'histoire des hébreux en Egypte^ notamment celle de Joseph. Quand la passion échauiïe à ce point une cervelle humaine, on doit avouer qu'elle fait et dit de jolies choses; ne va-t-il pas jusqu'à écrire que ce patriarche a pu organiser la iamine. Nous citons car le lecteur supposerait que nous exagérons : « II ne serait pas surprenant que cette famine fût Vœuvre de Joseph qui l'aurait préparée par un accaparement systématique des récoltes? » (les Egyptes, ch. XVI). Mais où sont les preuves de cet écrivain pour tormuler et pour lancer une si terrible accusation, contre un homme qui repose sur une couche d'honneur, que les siècles se sont plu à étendre sous son glorieux cadavre ? Il n'en a aucune, autrement trop heureux de nous écraser, il n'accuserait pas par voie d'insinuation, qui est toujours une arme peu honorable.

Que diriez- vous. Monsieur, d'un malveillant, qui écrirait dans un journal ou dans un livre : «c qu'il est probable que vous vous livrez à une honteuse spéculation, en publiant un ouvrage qui n'a pas le sens commun ? » Vous vous récririez avec indignation ! et vous auriez parfaitement raison, car l'univers entier sait, des rives de l'Indus aux stèles de Memphis, que vous êtes un bon, brave homme, plus ndif que méchant, qui a le sens moral trop oblitéré pour comprendre que l'honnête homme, qu^il soit iuif, chrétien, mahométan, ou boudhiste, doit respecter ces grandes ngures qui ne sont plus là pour se défendre contre les calomnies des sots et des coquins ; et qui ne saisit pas non plus, qu'en ciselant de charmants petits men-

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