Diodore de Sicile, 1. lUI, I
d'esprit, c'est que la race des savants, qu'ils soient européens, américains, asiatiques ou africains « ce petit nombre d'élus » qui a le don de lire dans les pierres, le limon, les astres ou les vieux os, tant de choses amusantes et spirituelles, descend en ligne droite de madtre Aliboron ! ce fameux quadrupède égyptien qui rongeait la corde • de la science » à mesure que son maître la filait * . Aussi, je ne puis que féliciter Messieurs de riustitut de ne jamais manger de baudet ni de mulet. C'est sage, honorable et prudent : car pour être savant, l'on n'est pas anthroponophage I Aussi chaque fois que je passe devant un âne qui braie, je me découvre respectueusement; qui sait? c'est peut-être la grande âme d'un Renan de l'avenir qui, dans ce langage harmonieux que chacun connaît, cherche à se mettre en rapport avec ce € petit nombre d'élus • qui seul, sait comprendre le langage des bêtes !
« Et toy homme, qui veux embrasser l'Univers, tout
cognoistre, coteroUer et iuger, ne te cognois et n'y estudies : Et ainsi en voulant faire l'habile et le syndic de nalure, tu demeures le seul sot aumo7ide* . »
L'histoire raconte qu'un empereur romain voulut faire admettre son cheval au nombre des sénateurs : nous, nous avons fait mieux, nous avons peuplé d'ânes l'Institut : Il est vrai que ce sont des âues savants !
Asinus in Aula, Âsinus io Curia, ac scolis, Asinus Ubiq ; . . . lUe régit terras * .
On éleva des statues aux cavales de Cimon, père de Miltiade, pourquoi donc nos ânes n'en auraient-ils pas *?