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I08, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS

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PREFACE

Depuis que TAllemagne unifiée a pris dans le centre de FEurope une situation prépondérante, les destinées de la race slave sont devenues solidaires des nôtres. Si cette race réussit à tenir en échec l'expansion germanique vers Test et vers le sud, autrement dit vers la Méditerranée, nous pouvons espérer maintenir notre situation du côté des Vosges et — qui sait ? la rétablir peut-être sur le Rhin. Si elle succombe définitivement dans la lutte, l'avenir de la nation française est irrémédiablement compromis.

L'alliance franco-russe a été la conséquence naturelle d'un état de choses dont pendant trop longtemps nos hommes d'Etat n'avaient point soupçonné la gravité.

Mais les Russes ne sont pas les seuls représentants de cette race slave qui s'étend de l'Océan Pacifique à l'Adriatique. A côté des Polonais, si longtemps populaires chez nous, d'une popularité qui leur a été fatale, en les excitant à des luttes sans issue, il y a toute

^ î ^ RACE SLAVE. — a

PREFACE

une série de populations qui s'étendent des Carpates à rÂdriatique et qui n'ont guère lieu d'être satisfaites de leur destinée actuelle. Ces peuples n'ont pas seulement à lutter contre les ambitions allemandes ; ils se débattent encore contre celles des Magyares, des Hellènes, des Osmanlis. Et nous avons le plus grand intérêt à savoir quelle force ils représentent, quelles peuvent être leurs chances d'avenir.

Parmi les innombrables publications dont ils ont été Tobjet dans ces derniers temps, il n'en est aucune qui offre un intérêt scientifique aussi sérieux que celle dont nous présentons aujourd'hui la traduction. Elle est le fruit d'un travail poursuivi sans relâche pendant de longues années par un savant de premier ordre.

L'auteur appartient à cette nation tchèque qui marche à l'avant-garde des peuples slaves et qui a donné à la science tant d hommes remarquables sur lesquels j'ai eu à diverses reprises l'occasion d'appeler l'attention de mes compatriotes ^

Fils d'un helléniste distingué, enlevé trop tôt à la science et à l'enseignement, M. Lubor Niederle est né à Klatovy en i865. Il s'est de fort bonne heure intéressé aux études inthropologiques. Comme cette branche de

I. Voir notamment mes études sur l'historieu François Palacky ^ II O

PREFACE

la science n'était point représentée àTUniversité de Prague, il est allé Tétudier à Munich et à Paris. Après avoir visité les principaux musées de TOccident il s'est rendu en Russie et à dater de 1898, il s'est particulièrement consacré à l'ethnographie, à l'archéologie et à l'anthropologie slave. Il a contribué à la fondation d'une revue intitulée Le Peuple tchèque qui paraît depuis 1891, et qui est actuellement dirigée par son éminent collègue M. Zibrt. M. Niederle a été Tun des organisateurs de l'exposition ethnographique tchèque slovaque qui a eu lieu à Prague en 1895. J'ai eu la bonne fortune de visiter cette exposition si intéressante et on en trouvera le compte rendu dans un de mes volumes \

Les collections réunies pour cette exposition ont été le point de départ d'un musée ethnographique dont M. Niederle a été le premier conservateur et qui, après avoir été provisoirement abrité chez un généreux Mécène, le comte Sylva Taroucca, a trouvé

{Etudes slaves, tome II), sur le poète KoUar [Russes et Slaves, tome I), sur Vacslav Hanka [Journal des Savants, 1907), sur Vacslav Tomek [ib., 1908), sur Ladislav Rieger [Correspondant, 1909)sur Schaffarik [Journal des Savants, 1910), Paris et Prague [Nouvelle Revue, 1908) et ma monographie de Prague. (Collection des Villes d'art.)

I. Russes et Slaves [y vol., p. 340-357, librairie Hachette, 1896. Sur le Musée ethnographique, voir le chapitre 11 de Prague.

PRÉFACE

un asile définitif dans une villa naguère occupée par la famille Kinsky.

En 1890, M. Niederle a été nommé professeur d'ethnologie et de préhistoire à TUniversité tchèque. Nul n'était plus apte que lui à occuper cette chaire.

Dès Tannée 1889 il avait commencé à publier quelques essais anthropologiques en langue tchèque. En 1894 il fit paraître dans la môme langue un volume sur Lliumanité préhistorique, notamment dans les pays slaves, qui a été traduit en russe et en polonais. Puis il entreprit un vaste ouvragé destiné à remplacer les Antiquités slaves de Schaffarik et portant le même titre. Deux volumes de ce travail ont été publiés de 1902 à 1910. D'autre part M. Niederle consacrait aux Slovaques une monographie considérable. Enfin il résumait Tensemble de ses recherches sur les peuples slaves dans le volume dont nous donnons ici la traduction. Ce volume n'est que le développement d'un article publié peu de temps auparavant dans TEncyclopédie tchèque publiée à Prague par la librairie Otto.

Ce n'est guère qu'au xix' siècle que Ton a commencé à s'occuper sérieusement de la sta-

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