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DISSOCIATION DU RELIEF ET DE LA POSITION ABSOLUE

Nous avons supposé dans ce qui précède que la vision stéréoscopique restituait un objet bien déterminé, conformément à la théorie géométrique. En pratique, il est loin d’en être ainsi. La distance dé l'objet restitué reste généralement indéterminée. Seul est déterminé son relief. | NE

Qu'arrive-t-il, en effet, si nous écartons deux perspectives conjuguées l’une de lautre jusqu’à les séparer ? ,

L'expérience montre que nous continuons à les fusionner et que la sensation de relief subsiste à peu près sans modification.

Il est paradoxal que le relief subsiste sans changement, quel que soit l’écartement des perspectives conjuguées (à la seule condition, bien entendu, qu’on ne dépasse pas l’écartement des pupilles). Ceci nous montre qu’il est impossible de déterminer une distance absolue par la vision binoculaire. La vision binoculaire ne peut nous fournir que des distances relatives.

Nous reconnaissons par exemple que le segment A est incliné sur le tableau T (fig. 8), à ce que ses perspectives A? et A” sont inégales, ou, ce qui revient au même, à ce que les angles a’ et a”, dont il faut faire tourner respectivement les lignes visuelles pour aller d’un bout à l’autre de ces perspectives, sont inégaux. Or le rapport a”/a” change peu quand on déplace les perspectives A? et A” dans le tableau. Donc l'angle que fait le segment A avec le tableau reste inaltéré

SN

aie

par le déplacement des perspectives, ou, ce qui revient au même, le relief ne change pas.

Fig. 8

Le relief ne change pas davantage quand on rapproche ou qu’on éloigne le tableau, les angles a’ et a” augmentant ou diminuant alors dans le même rapport. On peut ainsi expliquer le paradoxe d’un objet situé à une distance indéterminée et dont le roue semble à peu près invariable.

Notons que ce résultat expérimental est en contradiction absolue avec la théorie des projections.

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