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UNE ACTION STIMULANTE

On a beaucoup parlé, à un moment, de cette action : les faits invoqués à son actif, ne sont pas convainquants, mais on ne peut cependant en nier la

possibilité.

Les études expérimentales sur ces questions ne manquent pas, et nous n’avons par la place de les citer toutes ici. [Il nous suffit de savoir que les actions modificatrices tissulaires sont certaines, qu’elles soient dues à des modifications des échanges osmotiques, ou à des réactions chimiques, qu’elles soient dues à une libération des acides aminés, qu’elles soient dues à des actions humorales à distance, par l’intermédiaire du sang circulant ou par rayonnement secon-

daire.

JMD TES

Les preuves abondent à ce sujet, ne seraient-ce, par, exemple, que les phénomènes d’accoutumance aux radiations si connus, et qui font partie de la technique dans l’administration des radiations; l'augmentation de la teneur du sang en fibrin-ferment, qui fait de la radiothérapie un agent hémostatique; les variations importantes de la cholestérine, suivant les doses appliquées, et le siège d'irradiation.

Si ces idées théoriques sont peu précises et mal établies, l’expérimentation physiologique ou thérapeutique a donné, par contre, des notions précises sur les actions produites par les irradiations du tissu nerveux.

Etude expérimentale de la sensibilité __ du tissu nerveux

Nous suivrons l’ordre chronologique des recherches effectuées à ce sujet. ;

Les premières expérimentations sur les centres nerveux, au moyen des ravons X, ont fourni des résultats contracdictoires.

Oudin, Barthelémy, Darier (Congrès de Moscou, 1897) avaient remarqué des lésions du tissu nerveux.

Rodet et Bertin-Sans (1898), par une longue irradiation de la colonne vertébrale, chez des cobayes, ont provoqué de la paralysie avec convulsions; à lautopsie des animaux, morts en 8 à 12 jours, ils ont trouvé de la méningo-myélite.

Depuis cette époque, la majorité des auteurs a con-

Res

firmé les constatations de Heinecke (1903) qui wa pu iéussir à obtenir de lésions électives dans le système nerveux central et périphérique.

Des expériences plus précises encore de Beaujard et Lhermitte (1907), de Sicard et Bauer (1907), ont montré qu'aux doses thérapeutiques fortes, on ne provoquait pas de lésions nerveuses.

Cependant, Brunner (1920), avec de fortes doses de rayonnement de Roëntgen, a déterminé quelques lésions des cellules les plus labiles du cerveau et du cervelet, tandis que les plus différenciées, au point de vue histologique, comme les cellules ganglionnaires ou gliales ont semblé tout à fait réfractaires.

Les expériences plus récentes de Langer (fév. 1923), qui s’est attaché plus particulièrement à l’étude de l’action des rayons X sur le sympathique du chat isolé (ganglion étoilé), le reste du corps étant soigneusement protégé contre les radiations, concluent que, dans un premier stade, les rayons X, stimulent le système sympathique, et dans un deuxième stade, produisent un effet paralysant.

Hickel, reprenant les expériences de Zimmern et Chailley-Bert, fait des irradiations du vague du chien, le nerf étant mis à nu sur plomb, le chien étant placé dans une cage de Faraday. Dans la majorité des cas, les rayons déterminent une véritable section physiologique du vague. (Radiations de l’ordre de 0,2 À; effets obtenus avec des doses de l’ordre de 1500 R).

Ces expériences paraissent diverger avec celles

d’Audiat. Des sciatiques de grenouilles isolés, irradiés

avec des rayons très mous (1,54 À) sont soumis à des doses considérables. La section physiologique transitoire n’est obtenue qu’avec des doses dépassant 600.000 r.

Il faut toutefois remarquer dans ces deux dernières expériences, les conditions différentes dans lesquelles elles ont été faites : d’une part, la qualité de rayonnement qui n’est pas semblable dans l’un et l’autre cas, d'autre part l’écart physiologique qui existe entre les éléments irradiés.

Etude thérapeutique des irradiations craniennes

Dans l’étude de la radiothérapie des tumeurs cérébrales, A. Béclére (Paris Médical, 1923) met en garde contre les irradiations intempestives.

Le traitement radiothérapique à doses fortes, tel qu'il est utilisé, quand il s’agit de détruire une néoformation maligne, peut être, en effet, tenté avec fruit; mais un danger important existe : c’est l’exagération subite de la tension intra-cranienne.

Les rayon X. provoqueraient, surtout dans les premières séances, une vaso-dilatation intense des vaisseaux irradiés avec parfois œdème.

On conçoit que dans une cavité inextensible comme la boîte cranienne, et en présence de cellules aussi délicates que les cellules cérébrales, le phénomène puisse avoir des répercussions fâcheuses : Répercus-

Leone

sions se marquant par des troubles allant de la simple céphalée, jusqu'aux poussées de torpeur, de vomissements, de crises convulsives, de coma et de stase papillaire.

Avec des irradiations à doses faibles, on a cité, d'autre part, des observations de tumeurs cérébrales avec hypertension, ce dernier pénomène donnant des troubles rapidement amendés par la radiothérapie (inhibition secrétoire des plexus choroïdes ?), et méme certains auteurs préfèrent la radiothérapie à la irépanation décompressive qui expose les malades aux risques graves de l'intervention chirurgicale.

De toutes façons, semble-t-il, les accidents ne sont à craindre que lorsqu'on emploie des irradiations fortes.

Personnellement nous avons constaté, sans pouvoir faire de mesures directes (difficultés matérielles), l’action améliorante des doses faibles sur les phénomènes hypertensifs craniens.

De toutes ces expériences, que devons-nous conclure ?

-— La cellule nerveuse est des moins radiosensible. Toutefois, elle est certainement, anatomiquement ou fonctionnellement, modifiable par l’action des rayons

— On pourrait déterminer des lésions nerveuses en donnant des doses massives et ne prenant aucune

des précautions qui sont inhérentes à la thérapeuti-

que actuelle.

— Les doses thérapeutiques, même très fortes, sont inoffensives (sous réserve de certains phénomènes transitoires, en particulier des phénomènes d’hypertension intra-cranienne par irradiation forte).

—— Par conséquent, nous sommes en droit d'estimer que nos irradiations, qui ne dépassent pas 100 r. par séance, sont totalement inoffensives.

Que peut-on attendre de la radiothérapie dans les affections du système nerveux ?

a) ACTION SUR LES NÉOFORMATIONS

Cette question sort du cadre de notre sujet.

Toutefois nous citerons les bons résultats obtenus dans les processus bénins de néoformation, et, en parüculier dans les processus hypérostosants traumatiques (Cluzet, 1910 : solidification des fractures, phénomènes de compression nerveuse dus à des cals exubérants. Fonte des ostéomes traumatiques), ou

diathésiques (sacralgies, becs de perroquet. etc..).

b) ACTION SUR LES INFLAMMATIONS.

I n'existe pas de processus inflammatoires qui n'aient été traités par la radiothérapie, et de nombreux succès en prouvent la valeur.

Dans le cadre des inflammations du système ner-

veux, les premières observations du traitement des

NT

poliomyélites furent données par Beaujard, au Congrés de 1910, par Bordier ensuite. Chartier, Bergonié, avec les encéphalites, Le Goff dans les méningomyélites aiguës, Beaujard dans les méningomysélites chroniques, ont publié des cas très intéressants.

Diminuant l’œdème et le gonflement inflammatoire, lirradiation provoque la régression des phénomènes sensitifs et moteurs, dans les radiculites, et la décompression des racines enserrées dans le canal ostéo-fibreux.

Il en est de même pour les cornes antérieures de la molle, menacées d’étranglement, d’abord par lœdème, puis par la transformation fibreuse qui caractérise histologiquement la maladie de Heine-Médin. D’où, parfois, régression des symptômes et peu

de gravité des sequelles.

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