‹ La Radiothérapie de ContactChapitre 31 sur 59 · RON · texte numérisé non relu

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Erythème. — On observe l’érythème variable en intersité suivant les doses et les individus; nous étudierons cet érythème comme exemple au paragraphe du facteur A. Disons simplement que cet érythème décevant et infidèle, comme dit JLacassagne, a été abandonné comme test dans les essais de dosimétrie biologique. Conséquence d’une vasodilatation du derme et des capillaires des papilles, le mécanisme de cet érythème est inconuu. Il apparaît au bout de quelques jours ; d'autant plus précoce et d’autant plus intense que la dose est plus grande. Il passe quelquefois par 2 où 3 vagues d’exagération et d'atténuation pour disparaître lentement et laisser la place à la pigmentation.

Pigmentation. — Cette pigmentation, qui peut aller d’un léger brunissement jusqu'à une teinte noirâtre de la peau, varie avec les individus et les. régions traitées. Il est la conséquence à la fois d’un dépôt de pigment ferrugineux provenant du sang extravasé des capillaires et d’une exagération du processus normal mélanogénétique qui se fait dans l’épiderme. Par conséquent, à cause de la forte absorption d'intensité par l’épiderme lors de l’irradiation par « contact » il s’observe très fréquemment. Cette pigmentation masque très souvent l’érythème. Souvent même l’érythème disparaît au bout de quelques jours tandis que la pigmentation demeure plusieurs mois et diminue très lentement.

2) Doses 4.000 à 8.000 tr.

Radio-épidermite exsudative. — Iésion qui succède par ordre de gravité à l’épidermite sèche, dernier degré de l’érythème avec desquamation. C’est la plus importante lésion cutanée pouvant se réparer intégralement. Après la dose épidermicide (très variable avec les portes d’entrées), l’'érythème apparaît le lendemain, se forme très rapidement ; vers le 10€ jour des phlyctènes apparaissent soulevant l’épiderme ; celui-ci tombe vers le 15° jour et laisse le derme à nu,

rosé ou rouge vif, humide, recouvert d’exsudat citrin ou de

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membranes diphtéroïdes. Cet état reste stationnaire pendant une semaine, l’exulcération ne s'étendant plus ni en profondeur ni en surface; au contraire la cicatrisation s'annonce par une épidermisation périphérique qui s'étend vers le centre, région qui est la dernière à s’épidermiser. La réparation est terminée avant 2 mois, la restitution est complète mais l'épilation est définitive.

3) Doses très élevées et dans certaines conditions : radiodermite aiguë.

Le derme est profondément intéressé. Les phénomènes sont d’abord : un érythème précoce, intense, douloureux, prurugineux ; ensuite : vésiculation plus rapide aboutissant à des phlyctènes importantes ; ulcération dont le cratère plus ou moins profond a un aspect jaunâtre dû à la nécrose des tissus ; cette dernière phase est souvent très longue ; cicatrisation atrophique, fragile, télangiestésique. Cette lésion est plutôt un accident que nous étudierons plus loin.

MUQUEUSES DERMO-PAPILLAIRES. — Jes mêmes lésions observées sur la peau ont été observées au niveau des muqueuses dermo-papillaires : cavité buccale, lèvres, vulve, gland. La radio épithélite est l’homologue de la radioépidermite ; les lésions sont plus précoces et la cicatrisation plus longue ; les processus sont identiques. Nous n’avons pas irradié d’autres tissus normaux.

C) Action des rayons X sur l’organisme.

Toute action locale d’un agent quelconque : énergie, médicaments, traumatisme, germe, se traduit par une réaction d'ordre général qui démontre que tout l'organisme participe à la réaction.

Tous les radiothérapeutes observent chaque jour le « mal des irradiations pénétrantes », syndrôme de BECLERE, d'autant plus intense en dehors de la susceptibilité individuelle, que la dose, la pénétration, la porte d’entrée est plus grande;

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par conséquent se rencontre fréquemment dans la technique de l’irradiation profonde, à un large champ, à dose unique élevée. Au contraire la radiothérapie de contact n'irradiant qu'un très petit volume puisque la porte d'entrée et la pénétration sont faibles, n’engendre aucun malaise malgré des doses uniques massives allant jusqu’à 30.000 r ; on n'observe aucun trouble d'ordre nerveux ou digestif; seule une numération globulaire montre une diminution dans le nombre des globules rouges et surtout des globules blancs, comme nous l'avons observé nous-mêmes (voir p. 133).

Radiosensibilité des. tissus. — Nous avons vu que nous pouvions caractériser la radiosensibilité cellulaire par une courbe dite caractéristique, par exemple la courbe de survivance. Pour chaque espèce il existe une courbe caractéristique différente. Si nous considérons maintenant un tissu en général, il comprend outre des cellules de même type mais d'âge et d’activité différents, des formations intercellulaires comme dans les tissus conjonctifs et des liquides interstitiels comme le plasma et la lymphe.

L'effet sur les cellules a été étudié précédemment, mais sur des éléments très homogènes, tandis que les cellules d’un tissu sont loin d’être identiques et diffèrent à la fois par leur forme, leur fonction, leur multiplication. Par exemple toutes les cellules de l’épiderme diffèrent suivant la couche considérée, en particulier la couche basale se distingue très nettement des autres.

L'effet sur les formations inter-cellulaires, tel que les fibres ou cartilages, etc... qui occupent dans l'organisme une place importante, est mal connu. Ces substances exoplasmiques sont à renouvellement très lent et ne réagissent pas comme les cellules qui ont un pouvoir de multiplication. D’une façon générale le tissu conjonctif se sclérose et le tissu osseux se décalcifie. |

L'effet sur les liquides interstitiels est lui aussi complexe. Les humeurs, lymphe et plasma subissent des modifications

physico-chimiques : les unes directes dues à l’ionisation des rayons sur les liquides humoraux eux-mêmes : Îles autres indirectes dues à la présence des produits engendrée par la mort ou la modification des cellules ambiantes irradiées. Par conséquent les effets d'irradiation d’un tissu sont complexes parce que les cellules sont moins semblables que dans une colonie homogène et que ces cellules sont entourées de formations exoplasmiques et humorales, et de

tractus vasculo-nerveux ; de plus, chaque modification appor-

tée par le rayonnement sur un de ces divers APE réagit

à son tour sur tous les autres.

Cependant les radiosensibilités des tissus normaux sont différentes entre elles et c’est la notion fondamentale ; quant aux lois qui régissent ces différences ce sont celles de BERGONIÉ-TRIBONDEAU énoncées depuis 1906.

Pour un même rayonnement (même qualité, même dose, même répartition dans le temps) les rayons agissent avec d'autant plus d'intensité sur les cellules

a) que l’activité reproductrice de ces cellules est plus grande ; b) que leur avenir caryocinétique est plus long ; c) que leur morphologie et leurs fonctions sont moins définitivement fixées.

Sans commenter ces trois articles il faut faire observer qu'ils sont solidaires et qu'ils répondent à un même type de cellules, d’après le loi de.Prenant sur l'opposition qui existe entre la division cellulaire et la différenciation ; que de plus ce qui caractérise une cellule au point de vue différenciation, par conséquent au point de vue activité et avenir caryocinétique, c’est souvent l'augmentation de volume du noyau par rapport au protoplasme d’après la loi d'Hertwig.

D'après les notions probabilistes que nous avons données au début de ce chapitre, nous pouvons imaginer que si le noyau représente un élément plus sensible à volume égal que le protoplasme, les généralisations de Bergonié-Tribondeau s'expliquent. Si la loi d'Hertwig a des exceptions, et elle en a, puisqu'il existe des cellules qui sans avoir un gros noyau se divisent, de même la loi de Bergonié-Tribondeau a des

exceptions, exceptions que l'expérience a montrées plusieurs fois. Si au lieu de noyau, considéré comme zone sensible, c'est la région chromosomiale ou centrosomiale, la nature de l'explication reste la même.

ENGLEMANN classe les tissus normaux par ordre de sensibilité décroissante : tissu hémato-poïétique, thymus, ovaire, testicule, papille des cheveux, muqueuse et glandes muqueuses, glandes sudoripares et sébacées, épiderme, séreuses, reins et surrénales, glandes intestinales (foie et pancréas) thyroïde, muscles striés, tissu conjonctif et vaisseaux, tissu osseux, tissu nerveux.

Nous avons indiqué les différents effets produits par les rayons X sans préciser dans quelles conditions exactes se faisaient l'irradiation, c’est-à-dire sans indiquer la longueur d'onde, la dose et sa répartition chronologique. C’est le rôle de ces trois facteurs que nous allons étudier maintenant.

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