‹ La Radiotherapie son application aux affections cutaneesChapitre 2 sur 94 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

sultats de ses recherches, de ses tentatives thérapeutiques, et ce travail, qui devait avoir primitivement les allures modestes d’une thèse sur l’épilation par les rayons X, est devenu un véritable traité français de Radiothérapie.

Je suis heureux et fier qu'avec l'aide si obligeante et si désintéressée de mon excellent ami M. le docteur Béclère, notre maître à tous en France dans la matière, cet ouvrage émane de mon service, qu’il prouve ainsi la vitalité de ma modeste clinique électrothérapique, et qu’il démontre d’une manière victorieusement irréfutable les services qu’elle a déjà rendus à la population parisienne de la rive gauche.

Car on ne doit pas s’y tromper : ce n'est pas une simple compilation que publie M. Belot : il ne s’est pas contenté de recueillir avec un soin de bénédictin tous les travaux parus sur ce sujet, de colliger les faits, les théories, les résultats qui depuis plusieurs années inondent les périodiques, il a fait œuvre personnelle; il a manié, modifié les appareils, vérifié, précisé les mesures, soigné, longuement observé les malades, réglé après de nombreux tâtonnements la manière dont on doit agir dans chaque affection.

Bref il apporte un énorme bagage personnel qu’il a encore enrichi de l’expérience de M. le docteur Bisserié qui a bien voulu lui prêter son concours, et il a produit ainsi ce livre vraiment original, complet, d’actualité, et de la plus haute importance pratique.

1*' juillet i9o4-

Docteur L. Brocq.

INTRODUCTION

C’est à notre cher maître, M. le docteur Brocq, que nous devons l’idée première de ce travail. Désireux de se rendre compte par lui-même des résultats thérapeutiques qu'était susceptible de fournir la radiothérapie, il voulut bien nous accueillir dans son laboratoire de Broca et nous permettre d’entreprendre toute une série d’expériences.

Mais, à ce moment, la radiothérapie, en France du moins, était encore peu développée ; elle commençait à peine à sortir du domaine de l’empirisme. Nos connaissances sur cette question étaient bien incomplètes ; il fallait apprendre avant de pratiquer, et c’est à notre cher maître, M. le docteur Béclère, que nous nous sommes adressé.

Il mit à notre entière disposition, avec une obligeance parfaite, sa documentation et son expérience ; en plus, il voulut bien nous permettre d’effectuer nos premiers essais, sous sa direction, dans son laboratoire de l’hôpital Saint- Antoine. Là, il nous mit au courant de sa technique et de ses résultats ; il nous fit connaître les précieux instruments de mesure, nous apprit à nous en servir et nous fit comprendre que la radiothérapie ne saurait être une science sans mesures exactes.

INTRODUCTION

Imbu des savants conseils du maître, nous avons commencé à l'hôpital Broca nos premiers essais personnels ; nous nous sommes efforcé de procéder avec méthode, et les résultats que nous avons obtenus nous ont permis de constater que nous étions resté dans la bonne voie. Parfois, à cette époque, des problèmes difficiles à résoudre se sont posés et nous ont rendu hésitant. C’est encore au docteur Béclère que nous nous adressions et, avec sa bienveillance habituelle, il nous en donnait la solution. Qu’il veuille bien agréer l’expression de notre infinie gratitude.

Bientôt l'installation dont nous disposions devint insuffisante. Le nombre des malades augmenta et une seconde installation devint indispensable. Notre cher maître, M. le docteur Brocq, mit tout en œuvre pour l’obtenir et, après de nombreuses démarches, il finit par avoir gain de cause. Nous sommes heureux de pouvoir le remercier ici de l’intérêt tout particulier qu’il nous a témoigné, des sages conseils et des savantes leçons qu’il nous a prodigués. Auprès de lui, nous avons compris le devoir impérieux de la conscience, dans la connaissance et le soin des maladies, contre lesquelles il a su armer déjà tant de disciples. Qu’il daigne agréer l’hommage de notre profond respect et de notre entier dévouement.

M. le docteur Bisserié a eu l’obligeance de nous communiquer les observations de quelques malades qu’il a soignés chez lui : nous lui adressons nos sincères remerciements.

Le but que nous nous sommes proposé a été de faire un ouvrage essentiellement pratique. Nous n’avons étudié que le^s connaissances techniques indispensables au médecin désireux de faire de la radiothérapie, et nous nous sommes étendu le plus possible sur les applications cliniques. Nous avons limité nos expériences aux rayons de Rôntgen, laissant totalement de côté les radiations émises par les corps radio-actifs. Déjà, cependant, quelques guérisons ont été obtenues ; mais l’ensemble de ces faits constitue une science à part, la Radiumthérapie. En

INTRODUCTION

plus, les résultats sont trop incertains pour qu'il soit légitime de préférer ces substances à l’ampoule de Grookes. Du reste,

. les radiations qui produisent les effets thérapeutiques semblent être analogues aux rayons X, et leurs effets physiologiques sont de même ordre.

Nous avons divisé ce travail en trois parties :

Dans la première, après avoir ébauché l’historique de la découverte de Rôntgen, nous passons en revue les différents appareils capables de produire les rayons de Rôntgen. Nous n’avons pas la prétention de les énumérer ou de les décrire tous, et nous renvoyons pour les détails au Traité de radiologie du professeur Bouchard. Les instruments de mesure sont l’objet d’une étude plus approfondie et nous terminons par un aperçu des propriétés des rayons de Rôntgen et de quelques-unes des hypothèses émises sur leur nature.

La seconde partie comprend l’étude de l’agent actif et de ses effets physiologiques. Après avoir démontré que ce sont les rayons X seuls qui agissent, nous étudions en détail les facteurs capitaux qui doivent présider à leur application. Viennent ensuite les méthodes et les indications.

La troisième partie est uniquement clinique. Nous passons en revue les dermatoses dans lesquelles la radiothérapie a été employée avec succès. Nous indiquons nos résultats et nous fixons d’après eux les doses qui nous paraissent les meilleures pour obtenir la guérison. Sortant un peu du terrain dermatologique, nous donnons un aperçu de la question du traitement du cancer profond par les rayons X.

L’ensemble de ce travail est le fruit des études que nous poursuivons depuis plusieurs années sur la radiothérapie. Les observations que nous publions comprennent une partie des malades que nous avons traités à l’hôpital Broca, du mois de mars 1903 au mois de juin 1904. Tous les diagnostics ont été portés par M. le docteur Brocq, et tous les malades ont été soi-

io

INTRODUCTION

gnés sous sa surveillance et sous son contrôle. Quelques examens histologiques sont venus contrôler les diagnostics hésitants. Un certain nombre des malades guéris ont été présentés à la Société de dermatologie.

Les résultats que nous avons obtenus sont, en général, très satisfaisants, et si, dans certains cas, nous n’avons pas guéri nos malades, nous sommes heureux de pouvoir dire que nous ne leur avons jamais nui. L’usage méthodique des instruments de mesure et notre procédé d’application nous ont permis d’éviter tout accident sérieux, et de ne presque jamais dépasser le degré de réaction que nous désirions obtenir.

Le i" juin 1904.

Laboratoire de l'hôpital Broca, Service de M. le docteur Brocq.

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