JACQUES, ANNE-MARIE
souriant.
Bonsoir, Anne-Ma-
JACQUES
rie.
anne -marie. — Tiens ! vous êtes resté?
jacques. — Oui... et vous êtes sortie?
anne-marie. — Oui... (Un silence.) Bonsoir!
Elle lui tend négligemment la main et fait un pas vers la chambre.
jacques. la retenant et gentiment. ■ — S'il vous plaît, Annette... D'où venez-vous?
anne-marie. - — Trop curieux !
jacques. — Mais votre robe est déchirée...
anne-marie. — Ce n'est rien!
jacques. — Et votre main... vous saignez... vous êtes blessée?... Est-ce que...?
anne-marie, se dégageant , très nerveuse, prescrite violente. — Oh! laissez-moi!... De grâce, laissez-moi !
jacques. — Alors, dites... d'où venez-vous?
anne-marie. — Cela ne vous regarde pas!
jacques. — Ah! si.
anne-marie. — Vous oubMez déjà nos conventions ?
jacques. — Il n'existe pas de conventions entre nous.
anne-marie. — Evidemment, nous n'avons rien signé.
jacques, doucement. — Annette, ne soyez pas si méchante!... A quoi faites-vous allusion? Oui, quelques mois après notre mariage, j'ai reconnu que... mon aporoche vous déplaisait... vous crispait... Je l'ai reconnu avec douleur, car je vous aime, Annette,
je vous aime d'un amour acharné, irrévocable, et j'espère qu'un jour vous m'aimerez aussi.
ANNE-MARIE. Ho !
JACQUES. — Vous ne pouvez pas m'empêcher de l'espérer. Bref, je vous ai offert une sorte de séparation... une séparation de corps...
Anne-marié. — Eh bien?
Jacques, qui ne se départ pas d'un ton d'extrême douceur. — Mais je n'ai jamais entendu briser notre foyer, rompre notre union. Nos devoirs réciproques subsistent, et même...
anne-marie. — Oh! mon ami, quel fatras! Quelles expressions !
jacqces. — Celies d'un mari qui...
anne-marie. — Mais soyez donc sincère! Essayez !
Jacques. — Enfin, Annette...
anne-marie. — Vous ne prétendrez pas que notre union ressemble aux autres! Est-ce que nous possédons un foyer, dites? Est-ce que nous formons un ménage? Et quant à mes devoirs... eh bien, je les remplis, mes devoirs ! Vous le savez. Us consistent à habiter sous votre toit, à nie montrer à vos côtés, à servir par ma présence, par mon alliance, votre avancement mondain... Je ne me suis engagée à rien de plus, le jour, le jour précis, où je me suis vendue à vous ! Là !
jacques. — Annette, vous me surprenez, vous m'inquiétez... c'est la première fois que...
anne-marie. — Tant pis ! J'aurai désormais l'audace de notre marché, puisque vous feignez, vous, d'oublier qu'il existe! Le jour dont je parle, j'ai, avant de consentir, réclamé une conversation avec vous. Votre finesse a vite deviné qu'elle était sérieuse, la conversation, et que je ne bluffais pas. Honnêtement, durement, je vous ai dit : « Monsieur Brachart, je ne vous aime pas, je ne peux pas vous aimer, je ne vous aimerai jamais. » C'était difficile à répéter... Plusieurs fois, je m'y suis contrainte, comme un petit châtiment envers moi-même. Cette phrase fut le lcit-inotiv de nos accord ailles. Vous vous êtes montré ce que vous êtes : cordial, impersonnel, imprécis... très fort, je le crois, sous votre air vague... Vous avez su cacher vos prétentions, je rompais sur l'heure. Vous avez exagéré votre goût du monde, outré, appuyé votre rôle de snob. Mais, dès le mariage conclu, éclatait une pa-sion entêtée, extravagante. Tout d'abord, vous comptiez éveiller, en moi, une femme qui démentirait la jeune tille, et aucune tentative ne me fut épargnée, aucune des marque*; de votre amour! Quelles marques!
Quels Bouvenirs!... Mais non!... Je n'admets pas qu'on récrimine. Ri puis, vois aviez le droit! Vous aviez le droit, puisque j'étais as^z bête pour subir... Enfin, vous comprenez mon martyre e* vous me faites grâce. Depuis lors, c'est une cour en règle
que j'endure, une cour incessante, excédante... Je n'en peux plus! Excusez ma rudesse, mes nerfs, mais la contrainte d'un amour qui n'est point partagé, le voilà le supplice d'une femme! Je n'en peux plus!... Vraiment, mon ami. Faites-moi l'existence séparée, libre, qu'ont les femmes dans les couples de notre sorte... Vous y gagnerez mon amabilité. Et sinon, bonsoir!... Et pour l'instant, bonsoir.
jacques, la voix caressante. ■ — ■ Annette, je vous en supplie, dites-moi d'où vous venez?
anne-marie. — Non, ne me le demandez plus !
jacques. — Annette! (Presque puéril.) Enfin, j'ai le droit de vous poser cette question?... (Un silence.) Annette! répondez' (Un silence. Avec une soudaine brutalité:) Eh bien, ma petite, je vous y contraindrai, moi, à répondre! Oui, vous répondrez de force ! Je suis le maître, après tout. Prenez-y garde !
ANNE-MARIE. — Quoi ! Quoi !
jacques. — - Prenez-y bien garde !
anne-marie, suffoquée. — Quoi ! Vous osez... Quel est ce changement à vue? Le millionnaire passe à la menace!... Comment me contraindrez-vous ? Pourquoi êtes-vous le maître? Parce que vous tenez l'argent? Mais la petite chambre de mon couvent ! demain!... à la minute même!... Je m'en fiche de votre argent!... Vous entendez? Je m'en fiche! Je m'en fiche! je m'en fiche!
jacques. — Tout de même, vous m'avez épousé !
anne-marie, 7/ ors d'elle. — - Je vous ai épousé... (Elle s'arrête, elle se domine.) C'est vrai, je vous ai épousé.
jacques. — Bien heureux que vous ne le niiez pas! Oui, vous m'avez épousé. Oui, je suis votre mari. Et il est trois heures du matin! Et vous venez de rentrer. Et il faut me raconter d'où vous venez. Allons, allons, il le faut!
anne-marie, qu'une crise de nerfs menace. — Mais taisez-vous, taisez-vous! Je vous interdis de me parler sur ce ton! Taisezvous!... Vous ne sentez donc pas mon exaspération? Vous ne voyez pas dans quel état je suis revenue ici ?
jacques. — Si! je vois.
anne-marie. — Je vous ai épousé... j'ai accepté de vous épouser parce que ma mère me l'a demandé à genoux. Et je n'emploie pas une image... J'avais d'abord refusé avec horreur... J'ai vu cette femme, en robe de soirée, se traîner par terre, à mes pieds... Elle implorait comme une petite enfant... avec l'égoïsme, le désespoir d'une enfant... Et elle pleurait, elle pleurait à s'en abîmer la figure... J'aime bien maman... J'aime le souvenir que j'ai conservé d'elle. Elle était magnifique... Elle a été aimée à l'adoration, à la folio... Elle a aimé aussi, elle a souffert... Elle a eu de la chance, elle!... De belles
Sa m son
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JACQUES. — Annette, je vous ex supplie, dites-moi d'où vous venez?
aventures ont secoué sa vie... Alors, le spectacle de cette folle amoureuse qui ne pense plus à l'amour, qui ne pense plus qu'à ça (ce geste trivial qui signifie : l'argent) et qui se prosternait devant sa fille... qui se prosternait pour des gros sous... c'était déchirant, c'était trop! J'ai eu honte... J'ai dit oui tout de suite... Etes-vous content? Comprenez-vous?
jacques. — Oui, mais moi, je veux savoir d'où vous venez ?
anne-marte. — Encore!... J'ai sommeil à présent... Je vais me coucher.
Jacques, s' interposant. — Vous vous êtes cachée pour sortir! Une femme si fière!...
anne-marie. — Cachée!... J'ai défilé devant des domestiques à vos gages... Il vous a suffi d'en interroger un...
Jacques. — Vous n'en avez pas moins choisi mon premier soir d'absence!
anne-marie. — C'est exact ! Je tenais à ma liberté... Il est facile d'empêcher une femme de passer une porte... Je m'en aperçois.
Elle s'assied.
jacques, pressant. — Anne-Marie, vous avez un amant.
anne-marie. — Bah!
sais que vous avez un
JACQUES. — Je amant.
anne-marie. — Si vous le savez...
jacques, rude. ■ — - Enfin, est-ce oui? Est-ce non ?
anne-marie. — Ni oui, ni non.
jacques. — Pourquoi me bravez-vous? Ce n'est pas très épatant !
anne-marie. — Vous m'ennuyez !
Jacques. — Vous me bravez, mais vousn'êtes pas brave.
anne-marie. — Oh! comme vous m'ennuyez !
jacques. ■ — ■ Non, vous n'êtes pas brave! Les insultes ne prouvent rien. Je vous défie de vous lever et de me déclarer en face...
anne-marie. — En face! Vous ne regardez jamais en face !...
jacques. — Mais oui ! mais oui ! Des outrages tant qu'on veut!... Et du mépris aussi... du mépris facile! Et la trahison installée chez moi... N'empêche que vous me craignez !
anne-marie. — C'est cela, je vous crains.
jacques. — Parfaitement!... Vous ne craignez ni ma colère ni ma peine... Vous craignez que... que Mme votre mère ne perde le gendre qu'elle a tant cherché. Voilà ce que vous craignez, ma belle enfant !
Sam son
ANNE MARIE. — En face! Vous ne regardez jamais en face!...
anne-marie, d'une voix contenue, tremblante. — J'en ai assez! j'en ai assez! j'en ai assez! Si je parle, me débarrasserez-vous de votre vue, m'accorderez-vous la solitude?
Jacques. — Je vous le jure.
anne-marie. — C'est que vos serments...
Jacques. — Ils valent bien les vôtres. Voulez-vous que je m'engage par écrit ?
anne-marie. — Vous m'épargnerez les fureurs, les larmes, les questions?
JACQUES. — C'est promis.
anse-marie. — Alors, tout, pour ne plus entendre cette voix de valet insolent!... Oui, j'ai un amant.
jacques. — Pardi!...
anne-marie. — Plutôt, j'avais un amant... Je m'étais jetée vers lui de toutes les forces de mon espoir... Je demandais à renaître... à revivre... à vivre... car, auprès de vous, je me sens devenue une chose, la chose d'un acquéreur ! Seulement, le malheur est sur moi... On m'avait vendue à un faiseur... et je mo suis donnée à un mauvais drôle. Vite, j'ai compris ma bêtise... Et cette nuit, il m'a par surprise, à un souper... un souper dans u,i .salon de restaurant... une ignomini'!... .le ne me doutais pas. Je ne me doutais de rien... j'ignore ces saletés!... Il m'a ' ... jo me suis trouvée tout à coup parmi des hommes et des femmes que noue connaissons... des amis!... lit il y avait aussi deux autres femmes... deux femmes in- ■ ...
moques, lei dents serrées. Mais quels
.•-ont...
anne-marie. — Ah! non, ne m'interrogez pas, surtout!... J'en arrive de cette réjouissance!... je me suis évadée, arrachée... Je rentre frémissante, écœurée, hallucinée, folle, et pour clore dignement la fête, M. Brachart, que je croyais à Londres, m 'apparaît... Ah! mes nerfs sont invincibles puisqu'ils ont supporté le surcroît de ce tête-à-tête. Mon ami, il ne me reste plus qu'une pensée : ne plus penser! oublier, dormir, mourir... Je crois vraiment que je souhaite de mourir. Maintenant, entrevoyez-vous la bouffonnerie de vos insinuations et de vos menaces?... Vous êtes très riche, colossalement riche, vous êtes des maîtres du monde, mais que pouvez-vous sur une femme sans révolte, sans âme, et qui accepte la mort ?
JACQUES. — Votre amant s'appelle?
annk-marie. — Ah! non! l'as cela... Nous no faisons pas cela.
Jacques. — Je le connais, d'ailleurs. C'est Hugues de Wardens.
anne-marie. — Tl se peut.
jacques. — Ce n'est pas Hugues de Wardens. Je suis bête'... La Heaume!... Jaeoues de La Beaume, qui vous fait la cour depuis longtemps.
anne-marie. — Jacques de La Beaume.
JACQUES. — Non !
Un temps.
anne-marie. — Je croyais qu'aucune question...
Jacques. — Je n'en pose plus. Plus une
.seule! Je le tiens!... Inutile que vous le nommiez. Je le tiens, ]e le tiens! J'aurais ■dû deviner plutôt; C'est bon. A la première heure, ce monsieur aura la visite de deux de .mes amis. Et, demain, je le tue comme un lapin !
anne-marie, éclatant de rire. — Ah! ah! 'Ça, c'est drôle !
Jacques. — Drôle? Je vous répète que demain...
anne-marie. — Ah! ah! ah! Vous serez parvenu à me faire rire !
Jacques. — Eh bien, ris, mon ange, ris ! Je le guettais ce rire-là!... Maintenant, je
ne s'y frotteront plus. On ne m'a pas, moi. on me trompe, mais on ne m'a pas! C'est moi qui ai les autres. Tu viens de me voir à la besogne... Ça n'a pas traîné.
anne-marie. — Maquignon!
Jacques. — Maquignon, soit!... et un maquignon salement touché!... C'est mauvais! On ne sait pas comme c'est mauvais. Patience!... Mais à mon tour, je réclame un peu de calme. Alors, je ne vous retiens plus...
anne-marie. — • Grand merci!...
Elle se dirige vers la porte de sa chambre. Elle est arrivée au seuil lorsque :
ANNE-MARIE — Mais c'est faux!
Ile tiens! Maintenant que tu as ri! Si nous mous battions, ton amant et moi, c'est lui •qui me tuerait. Ah! tu ne ris plus? Tu deviens sérieuse. Hein ! La gaffe... Me l'auras-tu "tu servi gentiment, ton spadassin, ton fort aux armes, ton Jessie, ton Jérôme Le Govain !
anne-marie. — Mais c'est faux!
Jacques. — Pas possible ! Voilà que tu prends la peine de nier!... Tu le dénonces ■deux fois.
anne-marie, un mince sourire. — Si vous Je désirez absolument...
Jacques. — Comment! elle insiste... Non, mais tu voudrais m'avoir!... Pauvre innocente!... De plus forts que toi ont essayé, qui
Jacques. — Halte-là!... Demi-tour... Pas dans votre chambre. Dans la- mienne.
anne-marie. — Quoi !
jauques. — Vous vous reposerez dans ma chambre. Soyez tranquille, je ne vous y rejoindrai pas.
anne-marie. — Vous devenez fou ?
Jacques. — Excusez-moi. J'ai tout mon bon sens. Seulement, tout à l'heure, j'étais agacé, j'ai jeté bas la porte de votre cabinet de toilette... Je redoute pour vous le courant d'air.
anne-marie. — En vérité, monsieur, que signifie cette...
jacques. — Je ne le scis pas. Vrai!... Je ne le sais pas moi-même. Je sais que j'ai
besoin de quelques heures poui me remettre d'aplomb... pour y voir... je ny vois plus!.. Et comme je me suis mis dans la tête que d'ici là, vous... vous ne communiqueriez pas...
anne-marie. — Rassurez-vous !
Jacques. — Je vais me rassurer... avec la clef.
anne-marie, indignée — Oh !
jacqies. — Encore une fois, excusez-moi. Il s'agit de quelques heures .. Et il me faut cette sécurité. Il me la faut.
anne-marie, exaspérée. — Mais, mon pauvre monsieur, savez-vous que vous devenez grotesque ! Vous jouez un drame, et vous le jouez tout seul. Je u en serai pas. moi!... Au moins, choisissez entre les dénouements classiques ! Quand un homme aime une femme, et que cette femme ne veut pas de lui, et que cette femme le trompe, ou il la tue... vous ne tuez pas, vous!.. ou il la chasse... Voulez-vous me rendre le grand service de me laisser partir? Non, n'est-ce pas?... Une heure après, vous et les miens galoperiez à ma poursuite!... C'est arrivé une fois déjà... Alors, on pardonne, on se résigne. Monsieur, laissez-moi tranquille. Conduisez-vous en homme bien élevé et laissez-moi tranquille! (Un silence. Jacques est devant elle, lourdement campé, immobile, têtu.) A la fin des fins, que voulez-vous?
Jacques. — Que vous entriez là.
anne-marie. — Et si je refuse de me laisser enfermer?
jacques. — Si vous refusez... Ça me sera égal que vous refusiez.
anne-marie. — J'ai compris. Vous n'imaginez pas ce que je ferai pour éviter que vous me touchiez. (La voix cinglante.) Ouvrez cette porte.
Jacques obéit. Il ouvre la porte, s'efface. Anne- Marie passe devant lui, sans un mot, et dis- Saraît dans la chambre. D'un vif mouvement, acques tire la porte à lui. la ferme à clef et fourre la clef dans sa poche. Un grondement lui échappe. Il est seul dans le salon. Aucune diversion, maintenant, à sa souffrance. 11 souffre visiblement. Il lutte contre sa douleur, et ne veut que considérer les événements II parvient à penser. En lui, les plans, les pro jets se précipitent... Tout à coup, son regard change. L'idée a germé. Un moment de pro fond, de farouche examen. 11 se lève, regarde autour de lui, s'approche du téléphone, s'en éloigne, prend son manteau, . revient au télé phone et s'encapuchonnant du manteau pour étouffer le bruit de la voix, il prononre, très bas, après avoir sonné :
JACQUES — Allô!... Allô!... Donnez-moi lo 517-19.. Allô 1 Sonnez!... Oui, oui, insistez, je vous prie, insistez!... Allô!... C'est vous, Flach ?. . Ne prononcez aucun nom... C'est moi... moi .. Moi! votre patron... mais oui aucun nom!... Oui!... Non, je ne suis pas parti. Je ne purs pas .. je vous téléphone pour que vous ne vous absentiez pas non plus... J'ai besoin de vous ce matin. Ur-
gent., très urgent!... Mais tout le monde doit ignorer ma présence à Paris . tout le monde!.. Venez à onze heures à l'hôtel Pitz, place Vendôme, j'y serai... Non, non! .. pas avant!.. C'est inutile.. Vous demanderez mon appartement.. A onze heures et demie, et pas un mot .surtout!.. Je suis parti. A tout à l'heure !...
Puis il raccroche le récepteur, rejette le man teau. reprend la clef, rouvre la porte. Il a un visage détendu, la voix conciliante.
jacques — Annette! . Anne-Marie!... Je vous demande pardon de vous déranger., venez ..
anne-marie. paraissant — A vos ordres.
jacques. — J avais du chagrin... Je me suis laissé emporter. .
anne-marie, iin sourire méprisant — Je me disais aussi .
jacques. — Cette séquestration est ridicule Pidieule et inutile!... Anne-Marie, malgré vos torts envers moi, malgré votre faute, malgré cette dissimulation .. il me semble pius digne., enfin, je ne peux pas me tromper à ce point sur la qualité d'un être, et je me fierai à. tenez, je n exige même pas votre parole .
anne-marie -- Habile homme!
Jacques — Donnez-moi une petite assurance. . dites-moi .. dites-moi simplement que jusqu'à mon retour, vous ne verrez personne. . dites-le.
anne-marie. — J'ai résolu de ne plus jamais parler à Jérôme Le Govain
JACQUES — Il Suffit.
anne-marie — Cette fois, bonjour.
De nouveau elle se dirige vers sa propre cham bre'
jacques — Anne-Marie., il vaut mieux que cette histoire ne s'ébruite pas C'est votre avis?... Je devais partir à onze heures et demie pour Londres. .
Un geste.
ANNE-marie, glaciale. — Eh bien, vous êtes parti
jacques — Justement! Je suis parti. Les domestiques, je m'en charge.. Vos parents... Ils n'ont pas intérêt à parler.. Je veux dire que leurs sentiments leur commandent.. Ils so tairont, n'est-ce pas?
anne-marie, même jeu — Je crois qu'ils so tairont.
jacques — Peste votrp frère .. C'est le garçon le plus discret...
Un temps. 11 la regarde.
anne-marie. même jeu — Le plus discret de la terre
jacques. -- D'ailleurs, les uns et les autres vous téléphoneront sans doute ..
anne-marie, même jeu.
téléphoneront-ils.
Jacques. — Et au besoin, vous leur...
anne-marie, même jeu. — Et au besoin, je leur. (Un silence.) C;est fini?
Jacques. — Il est quatre heures... J'ai un autre train à sept heures. Je le pren-
Sans doute, me cirai. Je verrai mes gens le soir... Voilà tout...
anne-marie, écrasante . — Voilà tout!
Jacques. — Au revoir, Anne-Marie!
anne-marie. — Au revoir.
Elle sort. L'homme réfléchit.
JACQUES. — Je suis a l'hôtel Ritz.