LES ORDRES ET CONFRÉRIES DE SAINT-HUBERT
Plusieurs ordres de chevalerie et de nombreuses « confréries » ou sociétés de chasseurs se sont placés sous 1 invocation de ce saint, et ces ordres ne sont pas tous éteints. Récemment, les journaux, en racontant les obsèques du roi Louis II de Bavière et en décrivant le corps du monarque sur son lit de parade, disaient : « Il est revêtu du riche costume espagnol, noir avec garniture de dentelles, de chevalier de Saint-Hubert. Il ale collier de grand-maître de l’ordre autour du cou. »
Cet ordre, qui est le premier du royaume de Bavière, ne se confère en général qu'aux souverains et à leurs parents; il est la continuation d’un ordre fondé en 1444 par Gerhard V, duc de Juliers et Berg, en mémoire d une victoire remportée le jour de saint Hubert sur Arnold dEgmont1.
1. Voir l’ouvrage illustré de Knussert sur les décorations bavaroises et un article de Wurdinger dans les Abhand. der K. Bayr. Akad. d. Wiss., III Cl., t. XV, 2e partie. - Dans les statuts de cet ordre [Cons-
SAINT HUBERT GUÉRISSEUR DE LA RAGE
— Un autre ordre de Saint-IIubert est une association de seigneurs du Barrois, fondée au xvc siècle par le caidinal Louis de Bar pour maintenir l’ordre et la paix dans le duché, et mise sous la protection de saint Hubert; et à ce titre, ses membres avaient le privilège de chasseï au lévrier la veille de la Saint-Hubert. L ordre subsista jusqu’à la Révolution ; mais, par suite de la transformation de la société, l’ordre avait depuis longtemps perdu son rôle de gardien de la paix publique, et n était plus qu une association composée de personnes choisies, ce qu on appellerait aujourd hui un cercle ou un club *.
M. l’abbé Bertrand 2, et après lui M. Reinsberg-Düringsfeld 3, parlent, d’une façon peu claire, d’ordres de Saint- Hubert, qui sont sans doute ceux dont nous venons de résumer rhistoire et la destinée.
Les sociétés mondaines des chasseurs qui s’intitulaient « Confrères de saint Hubert, » ont dû être assez nombreuses. On en signale une, fondée à Louvainen liOl, et dont les règlements sont une véritable constitution de la chasse l. Nous ignorons s’il y en a encore : la chasse est complètement laïcisée ; cela n’empêche pas que bien des gens ne croient faire du beau langage en appelant un chasseur « un disciple de saint Hubert. »
Il y eut aussi des confréries de Saint-Hubert, fondées dans une intention de piété sans aucun rapport avec la chasse. Ainsi dans la collection des estampes de la Bibliothèque Nationale de Paris, se trouvent plusieurs gravures
titutiones ordinis equestris Bivo Huberto sacri , denuo edilx anno 1800), le saint est curieusement appelé gloriosus sacrosanctæ Ecclesiæ
Mareschallus .
1. Voir Notice historique sur l’ordre de Saint-Hubert et du duché de Bar (anonyme), 12 p. in-8, Angers (imp. P. Lachèse, etc.) 1868.