‹ La rage & st-HubertChapitre 51 sur 168 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Après ce témoignage du P. Roberti, nous pouvons croire au propos répété par Henri Estienne « que si le Saint-Esprit estoit mors (mordu) d’un chien enragé, encore faudroitil qu’il vint à saint Hubert s’il vouloit être guari. Ce qui fut dict par un porteur de rogatons ayant des reliques du

dict saint Hubert1. »

U y a deux opérations curatives de la rage : la taille et le répit.

La personne qui doit être taillée a, le matin, entendu la messe et communié, car elle doit être en état de grâce. Elle est introduite dans la Trésorerie; c’est une sorte de sacristie où sont conservées les reliques et le trésor de 1 église. La pièce est petite : au fond les armoires contenant le « trésor » ; une barrière en bois, formant prie-Dieu sur son côté extérieur, est placée en avant des armoires. Le prêtre s'assied derrière la barrière, après avoir passé à son cou une étole verte. Le pénitent (on peut donner ce nom à la personne mordue) s’agenouille devant lui. Le prêtre récite les formules rituelles, et fait dire au pénitent une courte prière à saint Hubert. Cela fait, le pénitent s'assied dans un fauteuil et renverse la tète en arrière; le prêtre, avec un canif, lui fait au front une incision perpendiculaire d’environ deux centimètres de long : on voit se dessiner une ligne sanglante. L’incision faite, le prêtre soulè\e légèrement l’épiderme avec un poinçon et y introduit « une très petite parcelle d’un filament détaché de la Sainte- Étole. » Pour éviter que la relique ne s’échappe et ne se perde, car l'opération perdrait son efficacité et la relique serai t profanée, le prêtre recouvre aussitôt l’incision d’un

souvent par Marie des faveurs que nous lui avions demandées sans être exaucés, Marie daigne aussi trouver bon que nous obtenions par les saints des secours qu’il ne dépendrait que d’elle de nous accorder. » (Dom Guéranger, Essai sur l’origine , la signification et les privilèges de la médaille ou croix de saint Benoit-, 9e édit. (1885), p. 72.)

Page 1