‹ La rançon: comédie en trois actesChapitre 6 sur 63 · M™* GODOT · texte numérisé non relu

M™* GODOT

Vous levez le masque et c'est une déclaration de guerre. Je veux bien croire, de votre part, à une excitation passagère causée par la déception. Et je vais me défendre en quelques mots contre vos attaques. Je tiens, il est vrai, la place de votre mère, mais si je ne la tenais pas, elle n'en serait pas moins vide, puisque la pauvre femme est morte, et voire père serait bien seul s'il ne m'avait pas.

HENRIETTE

Il m'aurait, et j*étais prête S* remplir tout mon devoir auprès de lui.

M»« GODOT

Il a jugé sans doute que vous Teussiez compris d'une façon insuffisante.

HENRIETTE

Vous savez que vous m'insultez, Madame, dans mon amour pour mon père .

Mme GODOT.

. Je constate simplement ma présence auprès de lui comme sa femme, et s'il s'est remarié, c'est qu'il a cru devoir le faire,

HENRIETTE

Un homme n'est jamais libre en ces occasions, et ' les intrigantes ont beau jeu.

Mme GODOT.

Étant la fille de monsieur Godot, il était difficile que vous fussiez en même tenips sa femme.

HENRIETTE

Je vous hais !

M^o GODOT, tranquillement.

Je le sais bien. Je ne me suis jamais méprise sur vos sentiments. Il était visible à tant de nuances que vous éprouviez de la répulsion pour nioi, et une femme un peu fine sait si bien percevoir ces choses. Votre haine n'attendait qu'une occasion pour éclater, elle s'est présentée, banale au possible, vous l'avez saisie avec empressement, et vous voilà mon ennemie -déclarée. Je tiens à vous assurer. Mademoiselle, de toute mon indifférence, je regrette seulement que vous vous soyez conduite de la sorte, parce que cela va rendre la vie impossible entre nous, et,. par ma situation de femme légitime de Monsieur votre père, ce n'est pas moi qui pourrait céder.

HENRIETTE, détachant son bracelet et le jetant à terre.

Voilà le bracelet que vous m'avez donné.

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