CIC: | 2° L'exécution de la réaction elle-même
a) Préparation du matériel.
Les morceaux de cancer utilisés seront prélevés dans une tumeur non ulcérée, leur volume sera d’un centimètre cube environ, ils seront bouillis et rebouillis, dans environ cinq fois léur volume d’eau distillée, jusqu'à ce que l’eau d'ébulliltion, filtrée, ne donne plus, par la ninhydrine, la réaction des peptlones. |
Le sérum sera oblenu par ponction veineuse aseptique : on prélève 10.à 15 centimètres cubes de sang. Après un séjour de 5 ou 6 heures à la glacière, ce sang est centrifugé forlement et longuement.
Les dialyseurs doivent retenir toute notre attention. Ils sont conslilués par du parchemin disposé en forme de sac. Nous nous sommes (oujours servi, dans les recherches que nous avons entreprises, des membranes de diffusion préconisées : par Abderhalden lui-même, et fabriquées par la
maison Schleicher de Düren. Il faut éprouver ces dialyseurs au double point de vue de leur perméabilité aux peptones et de leur imperméabilité aux albumines de l'œuf et du sang. |
Le réactif employé est la ninhydrine en solution au centième. La réaction du biuret, préconisée par Abderhalden, au début, est de plus en plus abandonnée, parce que d’une sensibilité moindre et d’une lecture plus difficile.
Il faut avoir en outre, à sa disposition, des récipients stérilisés, de l’eau distillée stérilisée. Dans ces conditions, on peut commencer la réaction.
b) Exécution de la réaction.
Dans une membrane de diffusion stérilisée, on introduit un morceau de cancer ; on ajoute deux centimètres cubes de sérum à examiner ; on lave la face externe au dialyseur, sous un jel d'eau distillée stérilisée ; on plonge le lout dans un récipient contenant de l’eau distillée, on égalise le niveau des liquides du récipient et des dialyseurs, on obture le récipient avec de la ouate stérile.
Il faut (oujours établir un dialvseur témoin, dans lequel il Y aura simplement du sérum pour être bien sûr que celuici ne donne pas à lui seul une réaction positive. Les deux récipients sont placés dans une éluve à 37° où ils resteront 16 heures. 5
Au bout de ce temps, on prélève dans les deux récipients 10 centimètres cubes de dialysat, que lPon place dans deux tubes dûment étiquelés ; on ajoute dans chacun d'eux cinq gouttes environ de ninhydrine et on les plonge dans un bain-marie maintenu à l’ébullition pendant quinze à vingt minutes. Au bout de ce temps, on procède à la lecture. Si dans le tube qui contient le dialysat provenant du récipient sérum-cancer, on observe une coloration bleu violet, tandis que dans le tube contenant le dialysat du récipient
{émoin, on ne perçoit rien ou presque rien, c’est que dans le dialyseur sérum-cancer, il y aura eu digestion ; les peptones, résultat de cette digestion, ont passé dans le dialysat où la ninhydrine révèle leur présence. La réaction dans ce cas, est dite positive. À la réaction de Ruheman que nous venons de décrire, M. le Professeur Denigès a apporté une modification qui la rend beaucoup plus sensible. Cette modification consiste à acidifier légèrement le contenu des tubes après refroidissement, par l’addition de quelques gouttes d'acide acétique, à ajouter ensuite deux centimètres cubes de chloroforme. Après agitation, la coloration bleu violet disparaît ; elle est remplacée par une coloration orange condensée dans le faible volume de chloroforme à la partie inférieure du tube. Grâce à cette sensibilité plus grande, nous croyons qu’on pourra diminuer le temps d’étuve de façon appréciable.
Comme on le voit, nous avons dans nos expériences substitué le chauffage au bain-marie au chauffage direct à la flamme. Nous y trouvons des avantages très appréciables. L’ébullition est plus régulière et l'interprétation des résulals plus rigoureuse, puisque pour la même quantité de dialvsal sérum-cancer et témoin, pour la même quantité de réactif, le temps de chauffage est absolument le même.
Nous ferons également une remarque au sujet de l’hémolyse. Certains auteurs ont prétendu que toute trace d’hémolyse devait faire écarter le sérum. Ce n’est point notre avis. Sur les sérums que nous avons utilisés, nous avons constaté six fois au spectroscope, une hémolyse légère, il n’est jamais rien passé dans le dialysat témoin. Il ést vrai que chaque fois le sérum avait été centrifugé très fortement et très longuement.
Cette réaction, qui paraît d’une exécution relativement simple, est en réalité délicate. Elle nécessite un apprentissage réel, une asepsie rigoureuse et une surveillance constante du matériel de recherche des dyalyseurs en particulier.