CHAPITRE II
Nature de l'agent actif de la réaction.
Peut-on l'assimiler à l’ambocepteur de l'immunité?
L'existence des «+ Ferments défensifs » d’Abderhalden,/ne peut être mise en doute à l'heure actuelle, mais il est un point sur lequel nous sommes beaucoup moins fixés, c’est la nature de ces ferments. ,
* A priori, ‘il était légitime ‘de les assimiler aux Corps immunisants ou amboceptéurs.
“Nous avons, à cinq reprises différentes, ‘inactivé ‘du sé- . : rum Caäncéreux par chauffage à :58° el nous avons pu, à chaque fois, lui redonner son pouvoir digestif par ädjonction de sérum sain ; l'expérience nécessite 4 dialyseurs au lieu
de deux. II y a Ià un fait qui pourrait plaider en faveur de l'assimilation signalée plus haut.
Mais, entre les ferments défensifs et les anticorps de l’immunité, il y a des différences déjà reconnues, que Idde, dans la « Revue Médicale de Louvain », a rapporté dans les formes suivantes :
LOUSTAU
FERMENTS DÉFENSIFS 1°L'injection de sucres, graisses,
de peptones les provoque aussi bien que l'injection d'albumines.
% Ce sont des ferments très fra-
giles à la température ou à la :-
précipitation. Aucun ferment n’est à ranger jusqu'ici parmi les Substances albuminoïdes.
3° Leur fonction est de fractionner la molécule injectée : elle détermine donc Fapparition de peptones ou de sucres, Simples monosaccharides, généralement plus solubles que lélément pri-
mitif.
4 Leur persistance dans le sang est transitoire.
Ils se produisent le plus facilement dès que le sang est obligé de reprendre des détritus de son propre organisme.
Ge Leur spécificité devient de plus en plus grande après quelques injections.
ANTICORPS
Ils ne se produisent que pour l'injection d'albumines colloïdales et non pour les peplones ni pour les cristalloïdes, comme les sucres ni pour les graisses.
Ce sont des substances albuminoïdes du groupe des globulines parfaitement précipitables et conservables à sec.
Leur fonction est de s’additionner aux molécules étrangères, de -provoquer des précipités, des agglutinations, sans former aucune peptone, pas même dans le cas
d'Hémolyse.
Certains anticorps persistent
des années.
Les isolysines etisoprécipitines c'est-à-dire les anticorps dirigés contre les albumines du même organisme ne se forment qu'ex-
ceptionnellement.
Leur spécificité diminue quand!
on multiplie les injections.
Comme on le voit, ferments défensifs et anticorps sont deux termes qui répondent à des propriétés différentes et le
rapprochement qu'on a tendance à faire entre eux, de façon courante, nest pas justifié. Il est regrettable qu'on n'ait pas. de ces ferments de défense, une connaissance plus intime, car il n'est pas illogique de penser qu'on pourrait, sur
ces Connaissances, baser une thérapeutique rationnelle.