SPECIFITE DE LA REACTION
Il est un problème auquel tous les travaux consacrés à la R. A. font allusion : é&’est celui de la spécificité de la réaction.
L'existence fréquente d’'agglutinines anti-mouton chez des sujets apparemment indemnes de toute affection, le fait surtout que da R. À., en l’absence d'agent étiologique défini, ne fait pas intervenir d’élément spécifique, font qu'il est légitime de l’interroger sur la confiance que l'on peut avoir en une réaction reposant sur des bases paraissant si incertaines,
Remarquons dès maintenant qu'il est possible de répondre aux deux critiques que nous venons d'énoncer.
. En ce qui concerne l'existence d’agglutinines anti-mouton chez des sujets apparemment en bonne santé, il convient de noter qu'il ne s’agit là que d’une similitude ne portant que sur l’une des propriétés du sérum des sujets atteints de M. I. ; nous avons suffisamment insisté sur la valeur plus grande de la qualité plutôt que de la quantité des agglutinines — permettant de distinguer nettement
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les agglutinines de la M. L. de celles rencontrées même à des taux élevés chez des sujets normaux — pour ne pas
y revenir.
Par ailleurs, l'intervention dans une réaction d'un élément qui n’est pas — selou toute vraisemblance — l'agent pathogène lui-même, ne constitue pas un fait unique en Immunologie. Il existe en effet une réaction d’agglutination couramment utilisée en clinique, dont la valeur n’est pas discutée : le séro-diagnustie du typhus par Ia réaction de Weil-Félix ; et cependant elle met en jeu un antigène qui n’est pas — en l'état actuel de nos connaissances — l'agent pathogène du typhus. Le sérum des typhiques en effet agglutine à un taux élevé le Protéus X19 — isolé initialement de l'urine de t'phique — mais qui n'est pas l'agent causal de la maladie, pas plus que l'hématie de mouton ne saurait être celui de la M. HI. II s’agit d’une bactérie vivante dans un cas, d’un élément celiulaire dans l'autre : mais le rapprochement entre ces deux réactions — qui fut d'ailleurs fait par M. Sonier lors de son étude sur la R. À. — nous à paru devoir être signalé, ne seraitce que pour indiquer que l’on ne saurait a priori refuser
à l’une la valeur que l’on accorde à l'autre.
Toutefois la spécificité de la R. A. méritait d'être démon-
trée ce que nous nous efforcerons de faire — à l’aide
de preuves plus convaincautes qu'une simple analogie.
Nous les rechercherons labord dans le fait que la R. A. est positive dans tous les as se présentant cliniquement et hématologiquement comme des M. I. typiques, alors
qu'elle est négative dans des affections de symptomatologie
CP re
Voisine, mais d'étiologie eertainement différente. Ce sont là des «preuves cliniques statistiques ».
Un second ordre de preuves, que nous appellerons «preuves expérimentales », est fourni par la constatation d’une R. A. positive dans le sérum de tar ou de l'homme, après essai de reproduction expérimentale de la maladie.