‹ La Réaction de Bordet-Wassermann Dans l'Angine de VincentChapitre 14 sur 25 · LD ES · texte numérisé non relu

LD ES

qu'une bronchite fétide l'année précédente, et, depuis quelque temps, une stomatite rebelle et grave qui a déchaussé les dents et existe encore actuellement. L'examen histologique d’un fragment néoplasique permet d’exclure d'emblée le diagnostic de tumeur maligne. Dès lors les hypothèses se portaient sur une angine diphtérique, la tuberculose, une angine de Vincent, ou la syphilis.

« Des éliminations successives ne retinrent que ces deux dernières. En faveur de l’angine ulcéro-membraneuse militaient les antécédents, la bronchite fétide et la stomatite. Contre elle nous avions l’apyrexie complète, l’unilatéralité et la monoadénopathie. Pour trancher la question on préleva du magma de grattage de la tumeur, ainsi que le ganglion, et on mit le malade à tout hasard au traitement par le chlorate de potasse. Les gargarismes firent merveille, car le patient put quitter l'hôpital cinq jours après, complètement guéri et rassuré. Mais Saverio ne se tint pas pour satisfait, car l'examen lui révéla dans le ganglion une pullulation extrême de bacilles fusiformes et de spirochètes ressemblant beaucoup à celui de Schaudinn.

«Ayant pu, un an après environ, retrouver son malade, l’auteur lui fit la réaction de Bordet-Wassermann, qui fut nettement positive. Saverio se demande si le bacille de Vincent ne serait pas capable à lui seul de produire la déviation du complément au même titre que le trypanosome de la maladie du sommeil, ou le microorganisme de la frambæsia. La question n’a été agitée que par trois auteurs :

Much, qui trouva la réaction positive au cours d’une angine de Vincent non suspecte et négative après Ja guérison, Soberheim, puis Weinstein, sont moins explicites... Cette très importante question semble donc loin d’être résolue et de nouvelles recherches sont nécessaires. »

L'auteur conclut dans le cas présent qu'il s’agissait probablement d’une angine de Vincent évoluant sur un sujet syphilitique.

Dans la Presse Médicale du 2 décembre 1911, Gouget relate une observation de Gerber, dans laquelle la réaction de Bordet-Wassermann aurait été faiblement positive au cours d’une angine de Vincent.

Dans son rapport au Congrès de Médecine légale de langue française, en 1913, le Docteur Thibierge s'exprime ainsi : « La réaction de Wassermann a été trouvée positive dans la scarlatine, la pneumonie, l’angine de Vincent, la fièvre recurrente, le paludisme, le saturnisme, le pean, etc... » 5

Mais il ne cite aucune observation à l'appui.

David et Hecquet ont tout récemment (Presse Médicale du 21 janvier 1920), recherché le Wassermann dans un grand nombre de cas d’angines de Vincent très fréquentes dans l’armée roumaine au cours de l'hiver 1917-1918. La réaction fut toujours trouvée négative.

Nous citerons en dernier lieu, pour mieux la mettre en relief, car c’est celle à laquelle nous attribuons le plus de valeur, l'opinion de Vincent. Nous citons le passage suivant d’une lettre adressée par cet auteur si particulièrement compétent à M. le Professeur Mouriquand.

RE

« Personnellement, j'ai recherché la réaction de

Wassermann dans trois cas, et je l’ai trouvée négative. Besson, auteur du précis de Bactériologie, m'a autorisé à dire que la réaction de Wassermann a été négative dans 20 ou 30 cas qu’il a examinés. Même question à Rubinstein, il a trouvé la réaction négative, notamment dans un cas ou le diagnostic de syphilis avait été posé, en raison du caractère ulcéreux rapide de la lésion. »

Examinons maintenant les résultats de nos propres investigations ; ils sont contenus dans vingideux observations dont la plupart sont personnelles.

La prise de sang pour la recherche de la réaction a été effectuée d'une façon systématique à la fin de la maladie, en apyrexie complète, afin de laisser à l'association fuso-spirillaire le temps de retentir sur le milieu sanguin, si retentissement il y a.

Les réactions ont été presque toutes pratiquées par le Docteur Gate, chef de clinique adjoint à la Faculté, qui a une grande expérience de ce genre de réaction et a procédé constamment avec une technique rigoureuse et invariable (1).

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