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probables. Depuis quelques semaines, tristesse, craintes multiples après une perte d'argent. On le suit, on va l'arrêter. Croit -qu'on l’accuse d’être « de l’Intelligence Service ». On connaît ses pensées. Répond mentalement aux voix qui viennent en échos dans le cerveau, croit qu’il sera tué ce soir. Anxiété. Raptus suicide à craindre. A pensé au cyanure de potassium (qu’il emploie dans son métier). Excès alcooliques avoués (1 à 2 litres de vin) ».
Quelques mois après, à son entrée à Villejuif, le certificat immédiat (Dr P. Abély) porte les indications svivantes : « Psychose hallucinatoire chronique. Echo et vol de la pensée. Idées diffuses de persécution. Disparition des phénomènes anxieux du début. Evolution actuelle vers les idées mégalomaniaques et l’affaiblissement intellectuel ».
Le début de la maladie semble avoir élé très bref et l'évolution paraît rapide. Les troubles hallucinatoires sont apparus à la suite d’un ictus. L'aspect du malade n'est plus le même qu’à son entrée à l'hôpital Henri- Rousselle. L’anxiété de la période de début, si fréquente dans les psychoses hallucinatoires, a déjà disparu, pour faire place à des idées de grandeur ; il proclame que tout lui appartient (il en profite d’ailleurs pour s’approprier les provisions de ses voisins). Il est « le directeur de l’Intelligence Service international, le Directeur de la Police judiciaire, le Dictateur mondial universel »... Le délire s’amplifie et s'organise. Une bande de malfaiteurs le poursuit. Il les entend parler de lui, mais il ne les craint pas. Il est surveillé par la police. Sa femme est hypnotisée par les membres de la police et ne peut réagir. On a abusé d’elle ainsi que de ses fils.
Depuis son entrée dans le service, ne cesse de protester contre son internement et de réclamer sa sortie. Il
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écrit lettres sur lettres aux autorités, à la Société des Nations, au Président de la République...
L'examen du liquide céphalo-rachidien a donné les résultats suivants (juin 1934) :
Albumine : 0,40.
Leuco : 0. |
Bordet-Wassermann et Meinicke : négatifs.
Réaction du benjoin colloïdai : 00000, 02222, 22000.
M. F.., 44 ans, manœuvre, entre à Villejuif le 23 mai 1930 avec le certificat suivant de l'hôpital Henri-Rousselle (Dr Courtois) : .
« Délire hallucinatoire de persécution. Un homme dont il ignore le nom le poursuit et l’insulte depuis des mois ; il lui dit que sa femme est trop belle pour lui, qu'il la possèdera. Cet homme est au courant de tout ce qui se passe chez lui. Il a sans doute un appareil. Plaintes réitérées aux autorités ; réclame violemment sa sortie pour continuer, à se défendre. Excitation psychique. Violences probables à craindre ; désignation de ses persécuteurs (adresse). »
Quelques jours après, à Villejuif, certificat immédiat : « Psychose hallucinatoire chronique sur fond de débilité mentale. Inquiétude, jalousie, hallucinations auditives et cénésthésiques depuis une dizaine de mois. Systématisation du délire de persécution, désignation nominale des persécuteurs. Fièvre légère, agitation violente au début. »
Les troubles hallucinatoires sont très riches et variés chez ce malade : les persécuteurs n'arrêtent pas de causer, ici même on le traite de voleur, de menteur. Ils sont là-haut ; parfois il les entend très fort, parfois ils parlent à voix basse. Ils parlent par sa bouche. Ils ont des appa-
reils qui enregistrent leur voix. Ils viennent avec ces appa-
reils « causer dans sa voix ». On lui envoie des odeurs
de cabinets, des goûts de crachats dans la bouche. La nuit
ils lui montrent des visions. Ce sont des projections en
noir sur les draps blancs. Maintenant, des voix protec- Z
trices sont apparues qui commencent à « le connaître et
à le soutenir ». | Depuis quelque temps, idées de grandeur : ils ont dit
qu'il devait monter très haut : « diplomate, général ou
commandant pour arriver à se débarrasser de lui, pour
| avoir son nom qui, paraît-il, est noble ». |
Fe Dans le service le malade est calme. Mais il ne rectifie
pas son délire. Il veut bien oublier les griefs qu'ila
ï. contre ses persécuteurs, mais proteste de leur exactitude.
Pas de signes neurologiques. |
. Examen du liquide céphalo-rachidien (23 novembre
: 4934) : FRERE re
de Albumine : 0,50.
Pandy : +.
Weichbrodt : 0.
Globulines
Leuco : 0,2.
B.-W. et Meinicke : négatifs.
Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 21000.
M. C..., 43 ans, employé de banque, est entré à l’Asile de Villejuif, le 29 décembre 1934. Le début des troubles psychiques remonte au mois de juin 1934. Une nuit il est éveillé par des voix qui parlent et Jui adressent des reproches et des insultes. Il a été très surpris « cela m'a figé », dit-il. On l’a transporté à la Pilié, puis à Cochin. Là les voix n'ont pas arrêté pendant trois jours. Ce sont ses collègues de bureau qui lui parlaient,
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mais mieux qu’au naturel. On aurait dit que leur voix était enregistrée sur un disque. Après quelques jours, tout se calme et il part en vacances.
A son retour, les hallucinations reprennent, nombreuses et variées, réalisant toutes les manifestations de l’automatisme mental. Les voix l’injurient, l’insultent. Il entend crier sa sœur enlevée par un bandit. On lui fait revivre des épisodes de sa vie passée (« déroulement de la pensée », dit-il lui-même). Vol et écho de la pensée. « On lui arrache sa pensée, tout ce qu’il pense est connu et répété ». Des troubles cénesthésiques apparaissent qui lui rendent la vie pénible : on lui envoie des « décharges électriques sur le crâne », « des coups de fly-tox » ; « on le désarticule ». Hallucinations visuelles même : « Coups de lumière, projections d'images »... Le malade désigne ses persécuteurs : c’est une véritable cabale qui est montée contre lui par ses camarades de bureau. Les voisins, sa concierge se mettent de la partie. On veut même le mêler à des affaires d'espionnage. Il a porté plainte à ce sujet au gouvernement militaire de Paris et au Procureur de la République. Le malade attribue les phénomènes dont il est victime à des « systèmes d'ondes » mis en œuvre par ses persécuteurs. On essaie sur lui des appareils médicaux. La police y participe peut-être. Il est d’ailleurs « très réceptif car très nerveux ».
Interné à Saint-Maurice en octobre 1934, il parvient à s’en évader au bout de quelques semaines. Mais il ne reste pas longtemps au dehors. Les troubles délirants et hallucinatoires étant toujours aussi actifs, il est bientôt envoyé à l’Infirmerie spéciale de la Préfecture de Police, puis à Sainte-Anne et de là à Villejuif. A son entrée le D: P. Abely rédige le certificat suivant :
« Psychose hallucinatoire chronique évoluant depuis plusieurs années. Idées très actives de persécution. Syn-
Re pi fs
drome de Clérambault. Echo et vol de la pensée. Sentiment d'influence. Essai d'interprétation de ces phénomènes. Otite adhésive gauche avec sclérose du tympan. »
À l'asile, il écrit de nombreuses lettres dans lesquelles il se complait à exposer en un style recherché, mais un peu prétentieux, les machinations et les procédés occultes dont il est victime. En voici un exemple : lettre à son frère, datée du 5 janvier 1938 :
« Depuis 7 mois, et surtout depuis que je suis ici, ma volonté est constamment paralysée par des appareils infects, lesquels travaillent avec des personnes dont le cerveau sert d’appareil récepteur en émettant, ou différemment comme il est fait usage dans les grands cirques, qui parlent constamment et font apparaitre même des images. Il est vrai qu'il faut une préparation spéciale et des préparatifs de longue date — droguage intensif, tant en dehors qu’à l’intérieur des asiles. J’ai passé.
J'ai l'impression qu'il s’agit d'appareils genre T. S. F. à ondes courtes dirigées.
La plupart de ces conversations ont trait au comptoir national d'escompte..
Il est également question de l’activité d’un parti politique avancé, et de l’activité également d’un groupe s’occupant plus particulièrement d’espionnage, véritable Maffia travaillant sans contact apparent, mais dont les comparses sont généralement des hommes que l’on fait ensuite admettre dans les asiles où ils sont l’objet d’un point de repère pour les dits appareils, à l'insu, je présume, des dits asiles.
L'armée et la préfecture de police paraissent bien souvent s’y intéresser.en se mêlant à ces conversations de médiums ou magie noire... »
Dans ses antécédents à noter une otilte adhésive gauche avec sclérose du tympan.
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Examen neurologique :
Réflexes tendineux vifs.
Pupilles normales.
Léger tremblement des mains.
Examen du liquide céphalo-rachidien (4 janvier 1935) : Albumine : 0,40.
Pandy : 0.
Weichbrodt : 0.
Leuco : 0,2.
B. W., Meinicke : négatifs.
Beujoin colloïdal : 00000, 02222, 10000.
Globulines
M. V..., 31 ans, forgeron, entre à Villejuif le 30 septembre 1933, accompagné du certificat suivant rédigé à l’Infirmerie spéciale (D' Heuyer) : « Idées délirantes de persécution et d'influence ; automatisme mental; hallucinations auditives et psychiques: prise, écho et communication de pensée; impulsions, inhibitions, hallucinations psycho-motrices. Tous ses actes sont commandés. On l'empêche de trouver du travail. On lui fait perdre ses places. Peu de systématisation du délire; perplexité sur l’origine et les auteurs de cette influence. Suggestion, magnétisme, hypnolisme ; début des troubles psychiques il y a deux ans (?) Interprétations rétrospectives jusque dans l'enfance. Désordre des actes ; hier a tiré des coups de révolver dans la rue, par terre, en riant, sur l’ordre d'une hallucination inspirative. Appoint alcoolique (2 litres de vin). Léger tremblement lingual, digital, palpébral. Pouls 56 ».
À Villejuif, le certilicat immédiat est ainsi libellé : « Psychose hallucinatoire chronique. Début par une longue période d'inquiétude et de perplexité. Allusions ; attitudes hostiles des camarades. Nombreuses interprétations
tions auditives. Voix, mélodies. Se figure être cuglobé dans un complot politique qu’il ne peut préciser. Sentiment d’être magnétisé. Secousses électriques dans les membres. Gaz lacrymogènes dans le jardin du Luxembourg » (DT Guiraud).
Actuellement, il ya peu de changement ds l'aspect clinique du malade. Il croit toujours être poursuivi par des policiers venus d'Italie. Il ignore pourquoi. Il les entend parler de lui. Ce sont des voix téléphonées ou des ventriloques. Ils le menacent de le faire battre ou tuer s’il ne leur obéit pas : « Si tu ne fais pas pour nous, pauvre toi ». Ils savent tout ce qu'il fait, tout ce qu’il dit. lis lui envoient des odeurs, des gaz. Ils l'électrisent et lui font du magnétisme. | é
Pas de signes neurologiques ment digital etlingual.
Examen du liquide céphalo-rachidien (1 décembre 1934) :
Albumine : 0,55.
Pandy : €.
Weichbrodt : 0.
Leuco : 2,6.
B.-W. et Meinicke : Hôkalite
Benjoin colloïdal : 00000, 02222, 10000.
à part un léger tremble-
Gobolines
OBsERVATION 6.
M. V..., 41 ans, imprimeur, est entré le 9 mars 1934 à l'Asile de Villejuif. Le début des troubles psychiques remonte, semble-t-il, à 1922. Le malade déjà pensionné pour « accès pernicieux palustres » a été réformé délinitivement à cette époque pour troubles mentaux. En 1924 le malade a été interné à Marseille puis à Leyme, où on
EU peu idées. Depuis un au et demi, Haflueuas NES