‹ La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache avec un exposé préliminaire de la situation politique du Bas-Canada, depuis la cessionChapitre 26 sur 90 · DÉCLARATION DE FRANÇOIS BINETTE · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE FRANÇOIS BINETTE

Le déclarant est un cultivateur fortuné. Il possède deux belles terres et est un homme très estimé.

Je, soussigné, certifie et corrobore une déclaration donnée le 24 avril 1877 V^ Antoine Poirier dit Desloges, et cela dans toute sa forme et teneur ; car, comme lui, j'étais l'un des défenseurs du camp de St-£ustache, le 14

(*) J'ai expédié ceUe requête à l'un des ministres canadiens-français de l'ex-g^uvemement McKenxie. Malheureusement, on m'a répondu qu'elle arrivait trop tard, et que le gouvernement ne pouvait s*en occuper.

Cependant, il n'est jamais trop tard pour faire le bien et réparer une injustice. — C. A. M. G.

de décembre 1837, et comme bien d'autres j'ai pris la faite devant l'attaque des troupes anglaises.

Comme hn, j'ai aussi entendu parier d'un parlementuie dOégaé par le général Colbome, mais qui fut maltnûté et mal reçu par les patriotes au lieu d'être écouté.

La seule arme que j'avais pour combattre et me défendre, le jour de la bataille, était une fourche à quatre pc»ntes ou quatre fourchons.

HoQ frère Maxime et moi, nous avions été amenés de ibice au camp par les émissaires de Girod et du Dr. ChénieTy qui menaçaient de ruiner nos propriétés et de nous tuer, si nous restions neutres et si nous ne prenions pas les armes.

J'afïinne, comme le dit Antoine Poirier dit Desloges, que les patriotes se livraient alors à toutes es{)èces d'excès çiieje ne puis relater. Et comme lui j'approuve la formation de la compagnie des volontaires du capitaine Qobensky, qui s'était formée dans le but de se protéger contre les folies et les pcsécutions des révoltés ; compagnie dans laquelle je m'enrôlerais aujourd'hui, si un second 1837 devait surgir.

Je me rappelle aussi fort bien que, deux jours avant la bataille du 14 de décembre, le Dr. Chénier m'a dit ainsi qu'à plusieurs de mes compagnons : " Vous n'avez rien " à craindre, car les patriotes du sud sont vainqueurs et " ils ont tué au-delà de six cents soldats anglais." Mais nous apercevions sur sa figure qu'il y avait une empreinte

de tristesse et d'abattement qui nous fit conjecturer quH ne savait comment répondre aux questions que nous lui faisions sur notre triste position ; d qii enfin il meniaii/

En terminant cette déclaration, je dois dire que je blâme et désapprouve on ne peut plus tous les cheft, spécialement ceux qui, comme Girod et le Dr Chénier, nous ont audacieusement trompés en nous conduisant follement à la boucherie.

En foi de quoi, j'ai signé la présente déclaration, en disant ma marque, en présence du révérend Messire Guyon et de M. J. F. Pellant, ce seizième jour du mob de février mil huit cent soixantedix-huit.

sa

François x Binette.

marque

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