AVANT-PROPOS
Quelle est U cause qui a pu provoquer chez moi ridée d'écrire les mémoires qui vont suivre ?
Je n'y aurais jamais songé, si je n'avais pas été attaqué et frappé dans mes affections !... Mais personne ne doit ignorer, au moins dans cette partie du pays, que, en 1875, j'ai été on ne peut plus maltraite par certains écrivains animés d*un zèle pissionné et outré i>our leur parti ; et pourquoi ? Parce que je commettais alors le crinu de me laisser élire, contre mon gré, le député du comté des Dcux-Monta^nes i>our la Chambre des Communes.
N'ayant rien à me reprocher personnellement, mes opposants crurent faire un acte de haute vaillance en m 'attaquant dans la mémoire de mon ])cre, et cela à propos de la part qu'il a prise aux événements de 1S37.
Puisque, après quarante ans du fait accompli, le fanatisme 'politique a la délicatesse d'aller fouiller jusrjuc
dans la tombe» afin d'essayer à y trouver une pâture ou un sujet de critique, je veux une fois pour toutes y mettre le hola ! Je veux enlever aux journalistes trop partisans le plaisir de faire de l'histoire de fantaisie.
Après m^avoir attaqué injustement, on attaquerait sans doute plus tard mes enÊuits» qui, comme moi, sont solidaires et fiers des actes de mon père. CoQsé(|uemment, je ne puis plus permettre que Ton travestisse un passé que Ton n'a pas connu et que Ton s'écarte des principes sacrés de la vérité, pour me déconsidérer et déconsidérer ma famille dans l'opinion publique.