‹ La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache avec un exposé préliminaire de la situation politique du Bas-Canada, depuis la cessionChapitre 53 sur 90 · C. A. M. Globensky Esqr · texte numérisé non relu

C. A. M. Globensky Esqr

St Eustache.

Dear Sir,

In your telegrara o( to day.

y ou request to be înformed of the circumstances connected with the death of Dr Chénier. The facts arc thèse. On the evening after the battle some of the St Eustache volonteers found the body quite dead in the cemetery, in a ditch which I think leads from the church to the river. They brought the body to Addison's back yard (Addison's tavem had been con verted into an hospital for the wounded prison ers.; As soon as I heard of the body being there it was ordered to be brought inside, where it was laid on the counter of the bar-room, which was then closed up and the body entirely concealed from the public view. As soon as possible we notified his friends, asking them to take away the body, but so great was the panir wich existed that for more than two day*;. I

thiak, no one would acknowledge any connections widi the deceased. At last, J. B. Laviolette I think it was> came and took the body and had it intexred.

It îs intirely false to say that any indignities were inflicted on the body. I was in médical charge of the hoqMtaJ, and had any such occurred, I must hâve IcDOvn or heard of it. I understand that a ^* post mortem ^ had been made by the military surgeons in my abcmce» and that the heart was foond perforated by a gim shot, which caused death, but, I hâve reason to beKeve that this '^ post mortem '* was conducted with ail the privacy and décorum usually observed on such occasions. There was no public show of the heart, and as for the body, it was shut up in Addison's bar-room, as much concealed from observation as if it had been laid out in any room in a private house. I was too well acquainted with the deceased when alive, to passively see any indignities offered to his remains.

The above may be relied on as the tact of the matter, and should you require any further information in my power to give, I will be most happy to do so.

Believe me,

Dear Sir

Yours very truly

Dr. J. BowiE.

Voici maintenant Textraitd'un article publié par le Populaire dont j'ai déjà parlé :

" J. O. Chénier : -^VAmi du Peuple'' a dernièrement annoncé que le coupable et malheureux chef qui trouva k mort à l'affaire de Benoit de (Saint-Eostache), îaX ouvert, et qu^on lui arracha le cœur, comme à mntiattse. Nous avons été invités a rectifier cette erreur, qoi tendrait à fiûre croire que sir John Colbome, ou les

vaillantes troupes servant sous ses ordres^ auraient exécuté la loi martiale sur le cadavre. d'un homme que ses actions accusaient, mais qui n'avait point encore été régulièrement jugé. Chénier, après avoir combattu dans Téglise, au milieu des hommes qu'il y avait entraînés, et avec lesquels il avait juré de mourir, vojrant .que sa troupe serait bientôt écrasée sous les ruines de l'édifice, sauta par l'une des fenêtres dans le cimetière et ce fut en touchant à terre qu'il reçut le coup de feu dont il mourut instantanément. Il en reçut plusieurs encore, mais qui ne présentaient rien de dangereux. Le corps ftit relevé par les ordres du Dr Famden, chirurgien en chef, qui le fit transporter à l'ambulance. Là on examina ses blessures et l'on voulut reconnaître quelle avait été la cause du trépas, car la principale balle ne paraissait pas avoir dû amener ce funeste résultat. Le Dr McGregor, comme cela se pratique ordinairement, fit une incision, par laquelle il s*édifia que la balle avait divisé la veine-porte et que la mort était due aune hémorragie intérieure. Nous devons dire aussi qu'il est faux que le cadavre ait été horriblement mutilé, ni fendu en quatre, comme le Canat/ûn Va, dit ^ en reproduisant l'extrait d'un papier dont chaque parole est un mensonge.

Nous devons dire cependant que VAmi du Peuple s est empressé de démentir tous les faits qu'il avait rapportés, aussitôt (ju* il a su que les renseignements qui lui avaient été fournis étaient contraires à la vérité. Ce que noiLS venons de dire est pour répandre davantage la publication des faits, et non pour accuser notre collègue. "

Comme on le voit, M. David se trompe du tout au tout lorsqu'il déclare, sur la foi *' des anciens, " que r Ami du Peuple ou le Populaire avait admis que le corps de Chénier avait été profané. Mais glissons sur cette /((?^^r<f erreur de M.|David, et lisons un dernier document.

C'est une lettre publiée par VAmi du PeupUy ensuite reproduite par le Canadien le 5 janvier 1838 :

*^ Nous nous faisons un vrai plaisir d'insérer la lettre suivante du Chirurgien du régiment des Royaux ; elle est la meilleure réponse aux faux bruits qui ont circulé.

•* Montréal; 28 décembre iSSy.

^' Monsieur,

^' Dans une narration de la récente affaire de St. Eustache qui a paru dans votre journal d^hier, il est dit qu'un chirurgien de la troupe employé dans l'occasion avait ouvert le corps du Dr Chénier, avait arraché le cœur et l'avait mis sur un plat, et exposé aux regards d'une multitude de peuple qui paraissait avide de contempler cette horrible curiosité.

^'Comme le plus ancien chirurgien de cette expédition, permettez-moi de vous assurer que ce ne fut pas le cas. Le corps fut ouvert simplement pour découvur la direction qu'avait suivie la balle ; aucune partie des entrailles ne fut en aucune manière enlevée, et ses restes ne furent nullement outÉigés.

'* Au contraire, moi-môme j'aidai à placer le corps dans un appartement reculé, non seulement pour empêcher qu'il fût exp>osé inutilement, mais aussi dans la vue de l'éloigner des regards d'un nombre de Canadiens blessés, couchés dans la même chambre, et ensuite je suggérai à un curé présent combien il serait convenable de l'enterrer.

" Je suis monsieur,

" Votre obéissant serviteur,

*' J. FARNDEN, ** Chirurgien du Rig, des R&yauxr

En face de ce témoignage rendu par Ilumiiiie le plus compétent et le mieux posé pour coimattre la vérité, ie doute est-il encore permis à une personne de bonne foi ? Non, évidemment.

D'un côté, nous avons les déclarations de deux individus dont r autorité est assurément contestable; nous avons des on-dit, des cancans de la première heure, des nouvelles colportées par des gens plus ou moins surexcités, et publiés tout de suite par les journaux de l'époque, comme cela se pratique aujourd'hui même où nous avons toutes les peines du monde à connaître la vérité sur une simple bagarre d'une lutte électorale. Voyons d'un œil calme la situation. Une bataille se livre à Saint-£ustache ; les rebelles sont taillés en pièces, ils fuient affolés de toutes parts, pendant que l'incendie fait ses ravages; on recueille les morts et les blessés : parmi les morts se trouve le chef Chénier, et les chirurgiens anglais font le lendemain une autopsie. En fallait-il plus pour donner cours à la rumeur qu'on avait mutilé et profané son cadavre ? Au milieu de cette effervescence des esprits, de l'affolement des vaincus et des représailles des vainqueurs, il n'est pas étonnant que Ton ait porté cette accusation et qu'elle ait été crue même par des personnes sérieuses. Nous voyons des méprises semblables, quoique moins graves, en temps ordinaire.

D'un autre côté, nous avons les témoignages d'hommes sincères, honnêtes et désintéressés, et enfin celui du chirurgien même présent à l'autopsie. Ce chirurgien avait une position et une réputation à sauvegarder ; il est impossible d'imaginer l'ombre d'un

motif qui aurait pu le porter à dire en cette circonstance autre chose que la vérité, et cette vérité il Ta sans doute constatée dans ses rapports au quartier général comme il Ta fait dans les journaux du pays. N^en déplaise à M. David, son témoignage vaut plus que celui d'un Benoit et d'un Ouellette.

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