C. A. M. Globenskv, Ecr
Cher Monsieur,
Vous désirez savoir ce que je pense des malheureux événements de 1837.
" Je crois qui si les habitants d'une partie du comté des Deux Montagnes eussent suivi les avis que feu M. Eugène Globensky et moi nous avions
doimésà nos co-paroissiens de St-Eustache, et auxquels j'ai fait allusion dans la lettre que je vous ai «dressée ces jours derniers, s'ils eussent écouté les «âges-représentations que notre ancien curé, Mesure Faquin, leur avait faites très souvent, beaucoup de vies humaines n'eussent pas été sacrifiées et bien d'autres malheurs ne f ussnent pas arrivés. Ce résultat désastreux aurait pu être évité, si on avait pris les moyens paisibles et constitutionnels pour redresser les abus dont on se plaignait
" Voilà les impressions que j'ai toujours eues sur les événements de cette époque de triste mémoire.
" Veuillez me croire, cher monsieur, avec la même considération.
" Votre dévoué serviteur,
" J. L. DE Bellefeuille.
" Une troisième lettre de M. de Bellefeuille :
" St-Eustache, 28 avril 1877.
•" C. A. M. Globensky, Ecr.
Cher Monsieur,
J'ai lu avec intérêt le petit pamphlet sur les malheureux événements arrivés en 1837 dans notre piux)isse.
C'est vers la première date de ce pamphlet, c'est- À-dire le 26 novembre 1837, que je suis parti de St. Eustache pour aller à Nicolet, et J'y suis revenu durant l'hiver suivant, de sorte que je n'ai pu être témoin de ces événements. Maisje crois que, d'après le rapport de beaucoup de personnes très dignes de foi et que j'ai questionnées, tous les faits rapportés
événements, sont très véridiqaes.
personne, à ma connaissance, n'a eu la contredire la véracité et l'auliienticité de oette brochure qui a été écrite par un hàûame franc» flin^ reux et animé des sentiments patriotôqpuB rt evali* géliques les plus purs.
Cet ouvrage de ce digne prAtre ert eektainement* très intéressant à plus dron titra dépendant^ quant à moi, je ne vois pas d'ombré diiis oè téUean mais une omission qui regarde f èa M. BagtBO Qlobensky, votre regretté omde, et votre tris hiimble serviteur.
Je veux parler d'un fait qui se rattaché à oeaévénements dont je vous ai parlé dans une leitare
Îrécédente, et que je veux accentuer davantage^ •e voici :
Vers le mois d'août ou septembre qui a précédé la catastrophe, j'allai trouver M. Eugène Globensky, un samedi, et lui dis à peu près les mots suivants : " Ne voyez-vous pas comme moi, M Olobensky» que le Dr Chénier et les autres chefs patriotes veulent entrcdner les habitants de cette paxoissedans une bien malheureuse rébellion. Alors, pourquoi vous et moi ne ferions-nous pas tous nos efforts pour empêcher un si grand malheur ? Faisons demain, dans ce but, des discours à la porte de l'église à l'issue de la messe. Peut-être réussironsnous à refroidir cet enthousiasme malsain qui s'empare de nos co paroissiens. Essayons de contrecair^'r tous les efforts que font nos chefs patriote» pour provoquer une rébellion." Et M. Globensky acquiesça à ma demande. Il me laissa parler le premier, je de\Tais dire plutôt lire mon petit discours, car je suis loin d être un orateur, et je mo défiais de ma mémoire
Le seul abr^é de mes paroles était celui-ci : Je voulais faire voir à mes auditeurs qu'il était clair que le Dr Chénier et les autres chefs patriote» visaient à une rébellion du peuple de cette province, et particulièrement du comté du Lac des Deux-Montagnes. Mais quelle imprudence dans ces démarches, leur disais-je ! Où sont vos officiers et soldats aguerris ? Où sont vos armes, etc. ?
Ensuite M. Eugène Globensky adressa aussi la parole au peuple assemblé à la porte de 1 église. Je crois que son discours était à peu près dans le même sens que le 'mien, mais certainement bien mieux dit et mieux fait.
Autant que ma mémoire peut me servir, nous n'avons pas été interrompus, et il me semble que les auditeurs «joutaient assez bien nos conseils.
Mais notre satisfaction fut de courte durée. Tandis que nous parlions, un courrier patriote se dépêcha d'aller avertir de l'affaire feu W . H. Scott, M.P.P. Ce bon patriote n'eut pas de peine à détruire tout le fruit de nos bons conseils.
Cependant il restait à M. Globensky et à moi la satisfaction d'avoir fait notre petit possible pour conjurer l'orage qui commenf;ait à gronder audessus de nos têtes.
Einfin, je regiette que M. l'abbé Paquin n'ait point fait mention des efforts que nous avons faits, dans cette circonstance difficile, pour ramener les gens à une attitude plus modérée et plus sage ; car^ s'il était nécessaire de faire connaître les coupables, il était bon aussi de mentionner les noms de ceux qui se sont appliqués à retenir leui*s co-paroissiens dans les bornes justes de la légalité et de la sagesse.
Je me hâte d'ajouter qu'il faut pardonner cette conduite à la mémoire de M. Scott, car, peu dejoui-s.
après, il a dû expier sa faute par mille pe
dont il a été l'objet de la part de ses ci-aevant *«iî«
patriotes.
Bien à vous,
J. L. DE Bellefeuille.**
Âpres 1837 les autorités militaires établirent à Saint-Eustache, en cas d'un nouveau soulèvement dans le comté des Deux-Montagnes et ses environs, une ganle nation*ile composée de la compagnie de num père, d'un corps <le cavalerie et d'une police composée de militaires des ti'oupes royales. Et voilà pourquoi mon oncle occupait en 1839, la charge importante et nécessaire de magistrat stipendiaire, car encore à cette date on redoutait une nouvelle rébellion et lenvahissement de noti-e territoirt* par les Américains.
On reproche a mon parent <l'avoîr occupé ce haut poste avec lionneur et dignité, dans l'intérêt de l'ordre et de la tranquillité publique : mais les quelques messieurs rouges et exaltés, conmie il en existiiit en 1837, peuvent-ils lui repi'ocher, dans laecomplissement de ses devoiis, d'avoir insulté, pei-sécuté. j)illé et maltraité ceux de ses adversaires politit^ies (|ui s'étaient rendus coupables de tels délits en 1 837 (
Ne sait-on pas qu'il émettait des ordres, des warrants pour faire faire des recherches, spécialement dans les p?iroi.sses voisines, pour faire remettre aux pi-opriétaires le butin pris après le désastn.^ soit aux Rebelles, soit aux Lovaux.
Ne sait-on pas (pie plusieurs rebelles, dont je pourrais citer les noms, venaient alors se jeter à si»s genoux, pour lui demander pardon des offenses
dont ils lavaient abreuvé et le prier de vouloir bien intercéder pour eux auprès des autorités militvires. Ce à quoi il acquiesça et toujours !
N en voila-t-il pas trop, pour mettre à néant tout ce que la noire calomnie pourrait inventer et débiter sur la mémoire de crion digne oncle ?
Et les Messieurs qui correspondent avec la Patrie contre moi, ne savent-ils pas que, lorsque mon oncle fut ch&ssé de sa demeure, c est le général en chef G . . . . qui eut laudace de s en constituer le maître, d en pi*endre possession et de tout mettre à contribution ? Cependant, ces Messieurs aurai^^nt voulu que mon parent fut chassé de sa demeure, comme un vil scélérat, parce qu'il prêchait la concorde, la paix, lobéissance à l'Eglise, à l'Etat, et qu'il n'eût pas la liberté, le courage de protéger sa famille et ses compatriotes persécutés, tant en 1837
3 n'en 1838 et 1839 ! C'est ce qu'on doit appeler e la politique radicale et bien avancée ! . . . .
En 1839 même, on craignait encore le retour de la rébellion avec ses hon*eurs, avec ses pei-sécutions et le complot anti-national de l'annexion aux Etats- Unis ! Et voilà pourquoi mon oncle fut obligé
de se rendre aux instances réitérées des autorités et de tous les citoyens paisibles et loyaux de son endroit, qui demandaient un protecteur, un magistrat revêtu de hauts pouvoirs, pour protéger Saint- Eustache comme ses environs, et pour faire appréhender les perturbateurs de l'ordre et de la tranquillité publique. Et aujourd'hui de petits démagogues, comme il en existait à ces dates de 37-38- 39, qui aftectent le patriotisme, viendront dire : c'est de l'espionnage ! . . . .
Pitié pour eux, grand Dieu ! . . . .
Et M. Lusignan avance avec une inqualifiable mauvaise foi que j'ai publié mon livre, non seulement pour venger la mémoire de mon père, mats
aussi pour faire de la réclame en faveur de l'un de mes onclea
Il faut avoir bien peu de respect de soî-mâme et de sa plume pour éôire une telle fausseté ; car» m. le nom de mon parent figure quelque part dans mon livre, c'est bien a mon insu, et ce n'est pas moi qui l'y ai mentionné.
M. l'abbé Paquin le complimente dans son journal historique. M. Joseph de Bellefeuille en parle ansid dans sc^s lettres. Les déclarants jparmi les rebelles ou les insurgés, narrent les consens sages qu'il leur donnait avant la catastrophe et le complimente Alors, est-ëe moi qui ai demandé à M. Paquin, à M. Bellefeuille et aux déclarants de mentionner son nom et ses actes ?
M. Lusignan sait bien le contraii'e de ce qu'il insinue malicieusement, mais il lui faut parler, il lui faut dire des injures en place d'arguments, pour défendre une mauvaise cause. . Il va fouiller dans les cendres d'un homme qui était l'essence même de la gentilhommerie, et il tire à boulets rouges sur lui, parce que, conime magisti-at, il a fait son devoir en aidant les autorités à détourner des complots, des conspirations- et à prévenir une seconde révolution anti-nationale, anti-religieuse.
Oh ! si M. Lusignan eût connu ou rencontré, une seule fois, mon vénéi-able parent, celui qui faisait honneur à ses compatriotes, celui qui était l'orgueil et le grand bienfaiteur de toute sa nombreuse famille, il n'eut jamais eu l'audace, l'impertinence radicale d'essayer à outrager sa belle réputation.
O homme exalté ! qui avez perdu la civilité des Sires de Lusignan. auxtiuels vous appartiendriez, disent ou allèguent vos amis, allez, allez donc consulter les quelques contemporains de mon parent, mêmes ses adversaires politiques qui .survivent encore, comme l'Honorabie Juge Bei*thelot et le
'Commandeur C. S. Cherrier, qui représentent la fine fleur de la haute société canadienne, qui Tout connu, •eux, intimement, et demandez leur si vous vous êtes <listingué en insultant sa mémoire ! Ayez ce courage et vous recevrez de ces hauts personnages une leçon d'éducation domestique, qui vous rappelera oue les Rois de Jérusalem et de Chypre ne vous ont jamais l^ué la mission dlnsulter impunément Assez sur ce sujet et n'en parlons plus.
En parlant de Chénier, M. Lusignan lui fait proférer la veille du combat du 14 de décembre, des paroles qu'il n'a jamais dites à cette date, et M. liUsignan a voulu sciemment faire mentir l'histoire. C'est le 3 de décembre, c-à-d 11 jours avant le combat, que le Dr Chénier répondit à M. l'abbé Faquin: "Qu'autant valait essayer de prendre la lune avec les dents que de chercher à ébranler sa résolution." Et M. Paouin ajoute : '* Malgré toute son opiniâtreté, cependant le Dr Chénier ne put surmonter une profonde émotion qui s'empara de lui, car de temps en temps de gi'osses lanhes s'échappaient de ses yeux et coulaient malgré ses efforts pour les retenir."
Le Dr Chénier croyait-il, à cette date du 3 de décembre, à l'arrivée de l'armée ennemie ? Non, absolument non, et je ne veux pas commenter ses paroles et ses larmes du moment, qui ont donné lieu à une belle amplification et à une falsification de <iate à M. Lusignan.
Que dit M. l'abbé Paquin, dans son journal histoxique, à la date du 10 décembre, c-à-d trois jours ;avant la bataille ? Lisons :
*" Tous ces malheureux étaient dans la sécurité la
plus complète et ne s'attendaient noUement à éiro attaqués dans leur camp. Lee èh^ auraient mAd de les entretenir dana leur errenr, en leur aastarant ^u'on n'oserait venir leur téire la guette^ xfiû leà insurgés du sud était victorieux sur ums lès pôiidaB^ et que ces soldats de St Martin n'étaient que dea volontaires auxquels on a fait endosser l'habit militaire pour efirayer lès habitanta Ils leur disaient chaque jour que, dès que les insurgés se montreraient, ils. remporteraient la victoire et prendraient- Montréal sans tirer un seul coup de f usiL Par ces contes et mille autres semblables, ils attiraient à leur camp un gnmdnc^brç., d'habitants, qui, ne redoutant aucun danger, veij^e^t jouir de la bcmne vie que le camp leur offrait ; car, pour les garder à St. Eustache, on les forgeait de viande et de boissons, et eh outre on donnait tous les jours à chaque homme une livre de bœuf qu'il pouvait envoyer à sa famille. Les soldats du nouveau camp s'habillaient et se chaussaient aussi par le pilla^, dévastantpour cela les magasins de tous les marcnands et en enlevant tout ce qui pouvait leur être utile. Outre tous ces avantages, l^s chefs promettaient encore à leurs soldats de leur donner bientôt le choix des
f)lus belles terres ; ils leur promettaient aussi Taboition des dîmes et des rentes seigneuriales.
" Ces promesses et la vie que l'on menait an camp avaient attiré un gi-and nombre d'habitants de Ste» Thérèse et de St. Jérôme."
Je répéterai encore aujourd'hui, ce que j'ai déjàécrit au sujet du Dr Chénier, tout en respectant sa mémoire.
L'admirateur de l'inconnu, des légendes, se reerote particulièrement parmi une certaine classe de la jeune génération, qui est très avide du surnaturel ç aussi, cet admirateur du prodigieux aime parfois iL
donner à certains faits plus d'importance qu'ils n eu ont en réalité, et il fera d'un mythe une montage. L'on dira : le Dr Chénier n a pas voulu se rendre et il est moiii en brave ! Je ne contesterai point cette assertion, quoiqu'il soit permis de croire que le Dr Chénier ne croyait point à l'approche de l'armée ennemie ; mais, en donnant même le bénéfice du doute, l'on voudra bien me permettre d'exposer le
Srincipe, que, puisqu'il n'est pas permis à un homme e s'ôter la vie, il lui est encore moins permis peu* un attachement opiniâtre à une folle résolution, de jouer avec la vie de ses compatriotes ou d'immoler ses frères à son orgeuil. Les héros, les braves, sont des hommes qui se distinguent par le jugement, par le grandeur d âme, par d'éclatantes actions ; spécialement par des exploits guerriers, par des victoires^ et qui marchent vaillamment dexant la mort pour détruire une redoute, une embuscade, afin de sauver une armée ou ceux que Ton a sous sa garde.
Le Dr Chénier pouvait être rangé pai*mi ces hommes d'élite, s'il l'eût voulu, car son devoir était facile et il lui était tout tracé. Lorsqu'il se vit en face d'une armée régulière à laquelle il ne pouvait résister, il devait à 1 instant hisser un drapeau blanc et courir devant les troupes, pour se constituer prisonnier et sauver les insurgés. Cet acte eut été celui d'un brave, d'un véritable héros et sa mémoire eut passé à la postérité.
Si le lecteur désire connaître toute l'étendue de ma pensée sur l'attitude coupable du Dr Chénier, il devra recourir à mon livre, n'ayant pas ici l'espace nécessaire à ce développement nécessaire et irrécusable.
M. Lusîgnan, l'homme de jugement par excellence et l'historien bien renseigné, cite M. rabbé Paquin^
Ë^ur établir que puisque les Loyaux de Saintustache avaient une majorité de 314, pourqiuoi
été le temps- patjur M. Olobensky de se mettre à la tàe des amis de Vàrdre et downer la chasse à ce patriote qui se conduisait si mal, seUm PaqvML
Je ne relèverai point le sans-gêne radiod avec lequel M. Lusignan parlé de M. labbé Faquin, c'est du grotesque ridicule, pour ne pas dire plus ! . . Mais je le prie de venir à la porte de l'église de Saint-Eustache, répéter de telles absences de raison et de respect envers un prêtre qui a été le bienfaiteur et 1 ami dévoué et constant de sa paroisse. 11 recevra des paroissiens une leçon qui le ramènera à une température plus calme et plus respectueuse. La biographie de M. l'Abbé Paqum se trouve à la fin de mon livre et j'y réfère le lecteur, afin qu'il puisse juger entre le grand apôtre et Tiinmense M. Lusignan, qui veut prouver que comme écrivain, il a ses hauts et ses bas
Arrivons maintenant à la remarque ineffable du grand tacticien, M. Lusignan, qui vaut à pni près celle de T. S. B. qui lui aussi se mêle de discuter l'altitude de Chénier à Saint-Eustache. Si ce M. T. S. B., est le héros de Saint-Charles, je l'acclame des deux mains, et je n'ai rien à répliquer
Oui, M. Lusignan, l'historien vérîdique, M. le censeur au jugement droit, Saint-Eustâche comptait une majorité de 314 Loyaux ; mais à part ceux qui ne pouvaient pas prendre une part active, afin de reprimer la fureur des forcenés qui arrivaient, comme le dit M. Paquin, des paroisses avoisinantes, croyez-vous que le petit nombre de Loyaux en état de se défendre, pouvait empêcher l'envahissement de tous ces insurgés qui s'élevèrent parfois à deux mille hommes ?
Le 8 de décembre, M. Paquin affirme dans son journal historique, qu'il y avait au moins 1,500
hommes au village, et à chaque instant il en arri vait de nouveaux, de tous côtés.
Avouez donc, M. Lusignan, que vous écrivez pour les badauds, et que vous avez l'intention de îaire prendre des vessies pour des lanternes.
Mon père a eu peur pour lui et sa compagnie, ajoute, M Lusignan, et pour appuyer ce petit mensonge, il ne cite qu'une partie ae l'alinéa du livre de M. Faquin que je vais reproduire avec d'autres documents qui vont démolir le verbiage échevelé du calomniateur.
La route prise par mon père et sa compagnie, était celle du chemin ordinaire, toujours suivie, pour atteindre soit Saint- Eustache, soit Saint-Martin; mais le commandant des troupes anglaises, trouvant cette route trop dangereuses, parce qu'il fallait franchir des bois où ses soldats pouvaient être attaqués, il prit un chemin détourné, beaucoup plus long, afin de se mettre à l'abri d'une surprise désastreuse.
Cependant, mon père et sa compagnics'y aventurèrent témérairement, et ils furent attaqués, comme on le verra plus loin. Et M. Lusignan ose dire qu'ils ont eu peur ! . . .
Mais laissons parler M. Faquin, et voici ce qu'il dit:
" La compagnie de volontaires de M. Globensky avait pris un chemin plus court de Saint-Martin à Saint-Eustache et arriva vis-à-vis Saint -Eustache avant les troupes dont la traverse avait beaucoup retardé la marche. M. Globensky fit arrêter ses hommes aux quatre fourches du chemin, résolu d'attendre que le reste de l'armée fût en vue avant de se mettre en marche pour traverser."
C'est cette dernière phrase de M. Faquin, qui a
inspiré M. Laaignan de dire qoe, mon pète et m compagnie ont eu peur, puisqu'ûs s'airfit&eiit à ee Ûeu dâignéi
Qui lui avait donné les ordres d'attendre mu: quatre fourches du chemin ? C'est feu W. IngUa, en sfm vivant Ecr., gentilhomme on ne peut plus considéré et respecté parmi la population française du comté des Deux-Montagnes» qui va répondre. D est un des f (mdateurs de la société d'agricultui^ dn comté des Deux-Montagnea Durant trente ans, il n'a cessé d'être directeur de cette société et il en a été le vice-président et le président Dans toutes circonstances, il a toujours fait preuve d'un zèle vraiment patriotique, spécialement pour protéger, pour défendre ragrieulture et cela dans les assemblées publiques comme partout ailleurs.
Il a été commissaire des Petites Causes, durant un grand nombre d'années.
Sa commission de juge de paix remontait à vingt ans et dans chacune de ces positions, il a toujours été reconnu et félicité pour son jugement droit et éclairé.
Enfin, il a toujoui*s été honoré de tous les honnoui-s et afin d en donner une grande preuve qu'il suffise de dire que durant trente années il porta le titre honorable et élevé de " Elder in the Presbyterian Clmrch."
Je prie donc le lecteur de lire attentivement la partie de déclaration qu'il a rédigée et que je repro^ duis textuellement de mon livre :
Lisez M. les détracteurs :
" On the day of the battle our company was ordered to take the direct and most dangerous road to attain St Eustache, while the main body took a différent and longer route, and to hait at Scers on the highland near the river bank opposite
ihe said village of St. Eustache, avd there to await further wders. In approaching said position we passed through a wood in which a party of the Insurgents were concealed. The ennemy's scouts falling back as we advaneed, carried full information oi the smalness of oor numbers to their leaders, who supposed we were ail they had to contend with. Their plan was to attack us in front from the village, while the concealed party would take os in rear, when they would hâve a good prospect of extermînating the whole party. Their plans were soon frustrated by the advance of the main body, who immediately commenced liring on the ' party crossing the ice or the river to attack us. It sent them to the right-about and they gave us no further trouble. Our friends in the woods hearing that something moi-e than they bargained for was going on, emerged from the wood carrj^ing their anns and making a " détour " to ptiss out of range of our muskets, running rapidly in the direction of the village. We recoiving no orders to attack them a part of the company felt hurt at their escaping. and asked to be allowed to fii'c. Capt. Globensky preremptorily forbade it, at which a retired officer of the i*egular force who was acting with us as a supernumt4-aiT, had a short but wanu altercation with Capt. Glolx^nsky on the subject, and tuming to the mon, asked any who wished to hâve a shot at the relnîls to follow him ; a portion of the men did so, and fîred, giving évident pain and dissatisfaction to our Captain. It gave us doubts as to the loyalty of Capt. Globensky, but I afterwards asceilained that his motive was simply a désire to spare the lives of his fellow-countrymen."
Faudrait-il reproduire tous les témoignages nombreux insérés dans mon livre, pour établir ce que
mon père a été en 1837, vis-à-vis même de ses persécuteurs ? Non, je dois y renvoyer le lecteur.
A propos des représailles qui ont été commises, le peu scrupuleux M. Lusignan a essayé de les reprocher aux volontaires de mon père. Son digne émule» M. David, a proféré la même calomnie.
Si mon père et sa compa^ie sont restés à Saint- Eustache, le lendemain de Ta bataille, au lieu d'accompagner la troupe anglaise et les volontaires étrangers à St- Benoit, c est pour les raisons suivantes :
lo Pour obéir à rautorité militaire qui connaissait mon père et qui savait que, comme citoyen <le St-Eustache, lui et ses volontaires, étaient les seuls capables de rétablir Tordre et de prévenir les représailles qui avaient été coniinises le jour même de la Imtaille, t^int par les troupes que par la population des paroi.^ses voisines et même de Montréal cjui suivait de près l'armée royale. ^."^jc
2o Parce que toute la population loyale^ et rebelle le désirait et craignait (jue la garde du village ne fut confiée à des étrangers.
3o Piirce que la coini)agnie de mon père ne pouvait craintlre de marcher sur St-Benoit, puisque les chefs étaient en fuite et qu*il n'y restait (jue quel- (jues malheureux bien décidés à se rendre.
4o Parce (jue la compagnie de mon père avait été formée, plutôt dans le Imt de protéger les familles persécutées (jue pom* combattre des insurgés complètement égarés.
Qu on lise donc ce que j'ai déjà répondu à ces attacjues inqualifiables, mensongères et répétées avec la plus insigne mauvaise foi.
Quand M. Paquin dit que quelques pièces d*ar-
ffenterie ont été rendues par des volontaires, V^ouait-il parler des volontaires de mon père ou d'autres, ou bien voulait-il dire que ces volontaires firent remettre ce que d'autres avaient en leur possession ? D'ailleurs, est il croyable que des volontaires catholiques auraient perpétré de tels actes î
M. l'abbé Paquin accuse-t-il la compagnie de mon père, en particulier, quand il parle des volontaire» en général.
Accuse-t-il les volontaires, quand il accuse le» habitants de Montréal, de la Côte . . . . , de St . . . . ,. de St . . . . et d'autres places qui enlevaient bout ce que les flammes avaient épargné, et lorsq'il- ajoute : "Combien ils seraient flétris, wsi je voulais livrer leurs noms au public ; ils sont Bretons et le diraisje, Canadiens-français aussi ! Choses inconnues dans nos mœurs ! Je dirai plus, quelques - uns sont patriotes ! "
Assez sur ces actes qui font croire à certain dicton : " Aux vaincjueurs les dépouilles."
En admetUxnt, pour un instruit, comme je l'ai déjà dit, qu'il y aurait eu quelques représailles de faites par quelques volontaires, portés à tirer vengeance ou à s'indemniser des injures, des dommages ou des vols que les rebelles leur avaient fait endurer avant la bataille, on ne pourrait vraiment pas en être bien surpris. Que l'on consulte attentivement et avec impartialité l'ouvrage histori(]ue de M. l'abbé Paquin, et l'on y verra que s'il y a eu des représailles, elles ont été provcxjuées par les outrages, par les vols et les avanies sans nombre que les loyaux et ces mêmes volontaires eurent à supporter de la part des insurgés.
Ensuite, il faut ne pas oublier, non plus, que parmi les volontaires, il s'en trouvait plus d'un dont
la cçlère ne pouvait être éteinte on qui était encore sous l'effet momentané d'une grande exaspération, et oui ne se rappelait que trop vivement les persécutions toutes récentes des reoelles.
Mais si réellement il y a eu quelques représailles de commises avant, durant et après la bataille, l'on ne doit pas injustement les repi'ocher aux volontaires de mon père ; car il y avait alors dans Saint- Ëustache d'autres compa^ies de volontaires, qu'il ne faut pas confondre ou juger de la même manièi-e, et, sans vouloir en accuser aucune, je puis dire qu'il serait très difficile de signaler les véritables auteurs des représailles.
Afin de prouver que quelquefois les jugements sont plus (jue téméraires, je posei-ai la question suivante :
Si la compagnie de mon père, à l'instar des troupes anglaises et des autres compagnies de volontaires, eût marché sur Saint-Benoit après le dés«istre de Saint-Eusteche, on l'eût donc accusée de tout ce que cette paroisse eut à essuyer ?
Comme on le voit, cette accusation eut été plus qu'injuste. D'ailleui-s, et comme le dit M. l'abbé Faquin, l'on ne doit pas plus accuser Sir John Colborne des excès qui furent commis à Saint-Benoît qu'il ne faut blâmer un général ou un capitaine pour les violences que des soldats peuvent commetti-e à leur insu, contre leur volonté et dans un moment d'effervescence.
Le fait seul que mon père ait eu la garde du village de Saint-Eustachc, prouve que sa compagnie de volontaires ne faisait point partie intégrante de l'armée, et de plus qu'il était digne d'occuper la position que Sir John Coltome lui avait confiée.
Alors, n'accusons donc personne en particulier, et jetons un voile sur les outrages, sur les excès commis par les rebelles comme sur les représailles qu'ils
provoquèrent ; car quel est celui des révoltés ou des insurgés qui pouri-ait dire que, avant et après la bataiUe, il n*y a pas eu compensation ? Assez sur ce triste sujet et n'en parlons plus.
Cependant, voilà des semaines et des semaines que 1 écrivain fécond, M. Lusignan, ou ses satellites, aiguisent, trempent leur plume dans Tencre et le fiel, pour insulter ma famille, et y ont-ils réussi ? Non, mais ils ont réussi à gagner un brevet de ... , qui les rehaussera pour toujours dans l'opinion publique.
Mon bouillant adversaire ajoute qu'en publiant mon livre, j'ai insulté tout le pays, tout un peuple.
Je réponds en premier lieu qu'il ne dit pas vrai, et je répète pour la millième fois que je n'ai pas même insulté les rebelles de 1837, pas plus dans mon livre que dans mes suppléments et mes lettres. J'ai cité l'histoire, voilà tout ; mais mes adversaires sans scrupule, voyant qu'ils ne peuvent pas plus attaquer mon livre que mes suppléments, ont recours au mensonge et allèguent que j'ai insulté les patrioteSy toute la nation, afin de choisir l'arme la plus déloyable et la plus odieuse pour se défendre. Aussi, ils sont jugés en haut lieu, et désapprouvés même par les libéraux qui se respectent et qui les qualifient comme ils le méritent.
H faut avoir une forte dose de prétention, pour proférer que j'ai insulté tout un peuple, parce que j'ai fait condamner le rébellion par l'histoire, par les sommités religieuses et laï(|ues comme par la très grande majorité du pays, qàii étaient opposées à une rébellion fomentée par quelques hommes seulement.
A Saint-Eustache, foyer de l'insurrection et où les chefs commandaient, combien y a-t-il eu de combattants ? Je réponds : Un seul ! et s'y attendait-
il 1 Non, «eux qtd lui £ , dKicat Bollcment, aux aus^ k taixe fé emap^àatea. I^e Butin raèiae de la bataille, ils n'y penssient pas ; ils étûent au camp pour »e divertir, oomme le pfoavent M. Paquin et les déclaifuits : la plupart a'eatre eux y avaient été amenés par les menaces^ par la contrainte, et les qaelqaeg-mis qui reatèrentot combattirent, malgré eux, ne s'atteiuaient nnllemunt à tine catastropha Cette triste vérité est pronvée et consignée dans mon livre.
Je ne parlemî point non plus de Saint-Denis, de Sûnt-Clûrles. L'histoire est là pour prouver combien ils étaient de combattantâ. En prenant même le mouvement irréfléchi de 1838, ne cfoitonpaadire que c'est la petite minorité du peuple qui a pris part aux deux révoltes, qui a souffle le feu de la i-ébel- Hon, de la discorde et d'une guerre civile ?
Oui, la rébellion de 1837-38, n'a été l'œuvre que de quelques chefs ambitieux qui, sous prétexte de demander de» réformes gouvemementa]eâ(dont quelques-unes étaient nécessaires, comme je l'ai déjà exprimé) \'oulaient commander et couvemer sous le drapeau républicain des Etats-Unia
Parmi ces quelques chefs ^;arés, momentanément, je veux le croire, n'y en a-t-il pas plusieurs oui plus tard ont condamné la rébellion, même sur 1 échafaud l. . . .
Et après tout cela, M. Lusignan avec ses quelques véridiquea confrères, qui sont, loin de représenter l'opinion publique, viendront dire que j'ai insulté toute une nation, parceque j'ai condamné, je le répète, la rébellion avec l'histoire, aveC lesenmmîtés religieuses et laïques et^a très grande majorité du pays.
II faut avoir, comme je le dis plus haut, une forte dose d'audace et de prétenticm, pour prétendis que ces qui;lques chefs avec les qauqoes hommes
qui les suivaient de ^é ou de force, représentaient tout le peuple canadien-français !
Et la population anglaise ainsi que les autres origines, qui étaient presque toutes opposées à la révolte, ne comptent donc point pour mes adversaires ? Et il les jettent pardessus bord !
Us sont ineffables, mes détracteurs ! . . . .
Et pourquoi cette guerre diaboliqne que Ion me fait?
Je n en veux pas, cependant, à ceux qui m*insultent, car je sais qu'ils me respectent plus (ju'ils ne le prétendent.
Ces messieurs m'ont fait une guerre dialx)lîquo, en 1875, pour m empêcher d'arriver aux Communes. Cependant, aussitôt après ma résignation, ils s'accordaient tous à dire dans tous les lieux, même dans leur journal, l'organe du parti libéral, cju'ils regrettaient cette résignation.
Je suis donc bien changé, depuis ce temps ! . . . .
Elst-ce parce que mon devoir de fils et de citoyen m'a obligé de venger la mémoire de mon père injustement attaqué et calonmiée par eux ?
Pour me défendre, ai -je insulté la mémoire des patriotes de 1837, que j'ai été obligé de condaiimer cependant, avec l'histoire en mains.
N'ai -je pas écrit dans mon supplément publié en septembre dernier, ce qui suit :
En résumé, que comprend l'ensemble de tout mon livre ?
Venger la mémoire de mon père, que M. David et d'autres ont eu l'indélicatesse d'attaquer injusment.
Pour me défendre, j'ai été contraint de jeter un coup-d'œil rétrospectif sur les premiers jours de la
domination anglaise, pois j'ai fait nn rëdt analjrti* que de Thistoire, sur les malheureux événements arrivés à Saint-Eustache en 1837. J'ai été même
parti ^
Faquin, qui sans doute feront de la peine en certains lieux, mais pouvais-je faire autrement ? Non, car M. Faquin avait été le témoin oculaire de cette triste épmiue, et en citant pour ma défense un témoignage aussi authentique, aussi loyal et aussi désintéressé, je ne pouvais prendre la lil)erté de mutiler sii narration historique. Comme historien, je n'avais pas le droit de changer un seul iota il'un ouvrage tonihé dans le domaine de l'histoire: je lai cité eomnie une autorité et j'ai dû le piihlier, même avec les fautes typogi-aphiques qu'il renferme.
Le seul privilège (jue je me suis attribué, a éU» celui dr retrancher ou de faire dispai'aître dans les déclarations «jui figurent dans uum livre, certains noms (jui auraient blessé quelcjues lecteui's trop mis en évidence.
Enfin, à (\m la faute, si j ai été obligé d'écrire, avec le plus de ménagement jx^ssible, cependant, l'histoire vrait» de 18.37 ^ A. M. David et à st\s imprudents amis. Néanmoins, Dieu le sait, je n'ai jamais eu l'inttMition d'atta<juer qui que ce..soit. En commentant, j'ai parlé connue historien, ayant pour appui et guide l'histoire contemporaine de 18:^. J'ai été nuMléré, je me suis retenu et je n'ai piis voulu désigner, à part le Dr Chénier, le granil coupable, aucun des acteui's et promoteui's actifs de la rébellion : car je tiens à respcHîter la mémoin^ d'autrui, comme je tien.s, je le répète, à faire resp«'ctt»r celle de mon père.
Au point de vue politique, ai-je approuvé les
eriefs vrais dont on se plaignait avant 1837 ? Non, je les ai blâmés comme j ai blâmé les instigateurs d'une rébellion aussi mal inspirée que mal organisée. Il existait des abus, c*est vi-ai, je le sais et il fallait adopter des moyens constitutionnels et pacifiques pour obtenir des améliorations dans le système gouvernemental ; mais persécuter ceux auxquels la sagesse conseillait de rester dans les bornes de la loi et de la constitution, c'était faire un acte condamnable et condamné alors et depuis ces jours de vertige populaire. En outre, je dois répéter que le clergé, la notabilité et la très-grande majorité du pays condamnait lannexion ou l'établissement en ce pays d'une république que M. Papineau et ses disciples, prêchaient ouvertement ainsi que le Dr R. Nelson, en 1838.
Recourir à la force dos armes, c'était pei'pétrer en sus un acte de folie ou (l'aberration impardonnable, qui a conduit des malheureux à la boucherie et qui a fait tomber quelques têtes, parce (|u'elles en avaient été la cause première.
Voilà en résumé, en substance, tout l'ensemble de mon ouvrage : ouvrage qui reflète l'opinion et les sentiments de presque tous mes compatriotes.
Que M. David .sache donc aussi (jue si, en 1837, j avais été d'âge à m'occuper de politique, j'aurais certainement demandé, moi aussi, des réformes c'est-à-dire des réformes nécessaires, justes et raisonnables ; mais pour en arriver là, je n'aurais pa^s mis le feu aux quatre coins du pays, je ne me serais jamais laissé entraîner à demander plus que je n'aurais dû solliciter, je me serais retranché dans le périmètre légal de la constitution et je me serais bien donné garde de souffler la tempête et de provoquer les horreurs d'une guerre civile !
Ne voulant point offrir aux lecteurs du réchauffé, des répétitions fastidieuses, je le prie de s'assurer,
fit
en lisant mon livre et mes sapplémenta» m. j'y ai
tenu un langage digne et en rapport avec la liistoriqne;
Alors, qae Ton respecte donc mes principes poli* tiques, qui sont aussi ceux de la majorité du pays et non ceux de mes quelques adversaires. Quant k' leurs convictions politiques, le veux les respecter» et mon indépendance politique ne l'a-t-elle pai» prouvé et exprimé maintes fois ?
Viendra un temps où Ton regrettera ce que li^ licence de la presse a pu inspirer d'écrire sou» l'effet momentané du mécontentement, de la colère^ qui sont mauvais conseillers.
Maintenant encore un mot sur mon père.
Aujourd'hui on lui fait un crime de s eti'e mis à la tête d'une compagnie de volontaires, dans un temps où l'on se portait à des violences et à des débordements inci*oyables. Quoique j'aie déjà prouvé que le clergé et la population paisible demandaient la formation de ces corps de volontaires, qui furent félicités après la rébellion par ce môme clergé, par toutes les autorités, même dans les mandements des évêques, je veux citer ce qu'en disait, eu 1837, un journal constitutionnel et canadien-français.
Voici, entr'autres choses, ce qu'il disait, sur la formation des compagnies de volontaires :
*' Dfis Corps de Volontaires: — Ils ont le pouvoir " d'augmenter leurs cadres de sous-officiers, ainsi " (}ue la force de chaque compagnie ; en sorte qu'il " y a place suffisante pour caser tous les amis de " l'ordre et composer une division nombreuse, capa- " ble d'en imposer aux perturbateurs." Plus loin,
il tioaie : '' qu'il iant se réunir en garde de volon- ^' tairea, pour établir des patrouilles et veiller à la -** sûreté commune, en se prêtant un commun appui"
Quatre jours après avoir parlé ainsi, le même joonial à la suite de paroles violentes adressées aux révolutionnaires du comté des Deux-Montagnes, annonce à ses lecteurs ce qui suit : " M. Maxime "^ Olobensky est venu en \411e, hier, et a obtenu de ** Son Ebccellence, le commendant en chef, la permis- ''mission de lever un corps de volontaires, pour " protéger cette partie du paye,"
Ce journal Canadien-français, savait, Ini, ce qui se passait à cette triste époque, et encourageait la compagnie de mon père à protéger les persécutés.
Que disait le Canadien, feuille patriote, mais qui condamnait la prise des armes ?
lisons quelques alinéas qu'il écrivait le 6 octobre 1837 : " La paix et Tordre se rétabliront peut-être prochainement ; les partis consentiront peut-être à reprendre les voies 4 e la raison et de la persuasion pour parvenir à leur fina"
Le 27 octobre, il publiait le premier alinéa qui va suivre et reproduisait le second : " Voici ce que dît le Courrier des Etats-Unis à Toccasiou des Fils de la Liberté," et des procédés récents du comité permanent des Deux-Montagnes. A Dieux ne plaise que nous nous associons à lappel de rigueurs que contiennent les remarques du (Jourrier ; mais nous les citons pour faire voir les impressions que produisent au dehors les procédés d une partie de nos compatriotes, et faire ouvrir les yeux a ces derniers, s'il en est encore temps."
Dans ce même numéro du 27 octobre 1837, le
Canadien s*élève avec indignation contre le Libéral,
Journal anarchique, qui insulte la religion catholique.
Le 27 de novembre 1837, le Canadien répriman-
dait M. D. R Viger'pbur avoir àpké la proclamatiod des magisixats, oui oondamnait la réb^on. L» PoptUaire loi réponoit dans les termes qui suivait : ** Il nous semble que le Canadien a mauvaise grAce, aujourd'hui, de tomber sur D. B. Viser, que la peur porte à se ranger parmi les amis de l'ordre ; jusqu'à ce jour le Canadien n'avait pas osé parler avec a4itant d'irrévérence d'un parent, d'un ami, d'un confident intime, du grand nomnie ; et nous croyonsnous rappeler : que lorsque nous accusions D. B. Viger d être un vieillard racUfaisamrt, dangereux, le Canadien nous répondait que nous insultions par nos violences ce que le pays comptait de plus respectacle ; nous ne rapportons point ceci comme un reproche, mais comme i une des contradictions dans lesquelles est souvent tombé notre collègue."
Cette pn)claination, condamnant la réliellîon, la taxant de Intfe a ussi parricide qit inégale, exhortant les habitants de rentrer dans lordi-e, et représentant à ces habitants qu'ils ont été trompés par (les hoinnu'K perfides qui les out ahandonnés et les ttbiuidtmveront encoi'e ait Tiwmen du danger, 'pa.r qui était-elle signée ?
Par les magistrats qui suivent :
D. B. Viger,
Pierre de Rocheblave,
L<^)uis Guy,
Edouard M. Leprohon,
Etienne Guy,
P. E. Leclerc,
W. B. Donegani,
Charles S. Rodier,
Alexis Lafraniboise,
Jules Quesnel,
Félix Soligny,
P. J. Lacroix,
H. E Baron.
Étaient-ils aussi des espions, ces autres magistoits ?
Le Canadien disait le 4 de décembre 1837 :
" Nous pouvons ajouter que nous recevons de diverses autres parties du pays les informations les plus rassurantes pour les amis de Tordre. Partout on sait faire la distinction entre la réforme et la révolution . . . . "
Dans une autre circonstance, il parle dans les termes qui suivent des compagnies de volontaires : " Volontaire : — La plus grande activité règne ici (à Québec) pour la formation de Compagnies de Volontaires. La Police a été encore augmentée, et armée de fusils."
Comment se fait-il qu'il annonçait la formation de ces corps volontaires, au lieu de les conspuer comme on le fait aujourdliui ?
Que disait aussi un autre journal constitutionnel dans ce temps de tourmente et où Ion ne pensait
2u'à rétablissement d une république au Canada ? lisons ; " Le captaine Mayne des royaux, est parti samedi pour organiser un corps de volontaires de 400 hommes à Carillon, et un autre de 200 à Vaudreuil." Il ajoute ensuite :
" Il se forme actuellement à Longueil, une compagnie de volontaires canadiens, qui doit être sous les ordres du major Guy. Il doit y avoir aussi dans ce village un détachement de cavalerie volontaire.
" Le capitaine Bélanger, de Saint-Martin, est venu en ville avec une requête de nombreux habitants de cette paroisse, offrant leurs services au gouvernement pour marcher quand et où il voudra." Saint- Martin s'est toujours distingué par sa loyauté."
A Nioolet, à Berthier, et dans maints endroits, on ofirait au gouvernement de former des corps volontairea
Les journaux constitutionnels, mon père, et tons les royalistes condamnaient et combattaient les funestes complots des annexionnistes, et ils ont en rriison.
Un autre journal canadien-français disait aussi à cette date de la rébellion :
" On assure que plusieurs bataillons de milice volontaire vont être mcorporés pour 5 ans. La destination de ces corps est de protéger les frontières et de résider dans quelques uns de ces villages les
f)lus rebelles. Nous pensons que ce serait uu excelent plan d'en stationner dans tous les principaux villages."
Que disait aussi Monseigneur Lartigue dans l'un *de ses mandements ? Lisons encore :
" Quelle misère, quelle désolation s'est répandue •dans plusieurs de nos campagnes, disait TEvêque de Montréal, depuis que le fléau de la guerre civile a ravagé cet heureux pays où régnaient l'abondance et la joie avec Tordre et la sûreté, avant que des brigands et des rebelles eussent, à force de sophismes et de mensonges, égaré une partie de la population de notre diocèse. Que nous reste-il de leurs belles promesses ? Est-ce le vœu de la majorité du pays, qui, néanmoins, selon leurs principes, doit tout régler dans un état, est-ce la volonté générale qui a dirigé les opérations des insurgés ? Vous trouviez-vous libres lorsqu'en vous menaçant de toutes sortes de vexations, de Tincendie, de la perte de tous vos biens, de la mort même, si vous ne vous soumettiez à leur eflrayant despotisme, ils forçaient plus de la
moitié du petit nombre qui a pris les armes contre notre Auguste Souveraine à marcher contre ses armées victorieuses.''
Pour faire voir combien la rébellion était condamnée avant et après les désordres, qu'on lise la circulaire suivante, adressée par Monseigneur de Montréal à tous les prêtres de son diocèse :
" Montréal. 6 Février 1838.
" Monsieur.
" Après vous être efforcé d'apaiser la divine justice par un office expiatoire, par des jeûnes, des prières publiques, pour tous les crinjes commis eu ce diocèse, pendant l'odieuse réVxillion de l'an passé contre le gouvernement établi dans cette province britanni-
aue, il convient aussi que nous rendions à la Provience du Seigneur de très humbles actions de grâces pour la prompte répression d'une révolte si menaçante, par les armes puissants de Sa Majesté, aiv^i que par V énergie de nés fidèles sujets qui, heureuse- Tnenty surpassent immensément en nombre lesliom- 'mes déloyaux ou égarés, et pi>ur la paix intérieure qui règne maintenant dans tout le Bas-Canada."
Le Canadien qui annonçait, en 1837, que mon
F ère allait commander une compagnie de volontaires, en a-tril blâmé dans le temps et même après la bataille du 14 de décembre 1837 ?
Les déclarants qui ont combattu contre lui et qui ont témoi^é en sa faveur, l'ont-il blâmé ?
Quand il faisait ouvrir les portes des prisons, les malheureux qui en sortaient l'ont-ils insulté ?
De plus, n'ai-je pas prouvé par maints déclarants que mon père, avait défendu à sa compagnie de tirer sur les Rebelles ?
Que dit le capitaine Ghoquet, dans sa dédaration à propos de la bataille da 14 de dëcemlnne ? Qoe Ton veuille lire :
" Ce dont je me souviens parfaitement, c'^ que '' lorsque le capitaine Qlobensky vit que l'église ** ainsi qu'une partie du village étaient en feu et que " les patriotes luyaient dans toutes les directions, il *' me dit alors : " Capitaine Choquet, je laisse ma " compa^ie sous votre commandement, avec ordre " de défendre à mes soldats de tirer un seui coup " de fitsU sur les fuyards, et quant à niai, ajouta- " t'ilyfai décidé de courir au village^ poiir arrêter " le feu et ext'mpter U mn^Huere des inHurf/eW Sur " ce, il traversa à travers les balles et la mitnùlle le " petit pont qui se trouve tout près du villacri*, afin ** d^aller protéger le village et ceux qui en avaient " grandement besoin."
Que dit aussi le Révérend Messire Guyon, curé actuel de Saint- Eustache, dans sa lettre publiée dans mon livre ?
" Je déclare aussi que, pas un citoyen de ma " paroisse ou de mon village n*a parlé en mal du " capitaine Glol>ensky, pour la part qu'il a prise ** aux troubles de 1837 ; au contraire, et moi c<mime " mes paroissiens, nous n'avons toujours eu à dé- " cerner que des louanges à ce vieux militaire, à ce *' vieux type de gentilhommerie, pour les services " qu'il a rendus aux malheureux insurgés <lu 14 ** (lécembre 1837, et pour avoir toujours été fidèle à ** son roi et à sa religion."
Mais tout cela^ne fait pas l'affaire des insulteurs à la mémoire de mon père, qui espéi-ai'ent que toutes ces attestations authentiques et élogieuses étaient
oubliées, afin de redoubler d audace dans leur atroce calomnie.
D après eux, ils avaient le droit, en 1875, d'insulter la mémoire dé mon père ; mais moi je n'ai pas celui de leur prouver qu'ils sont des calomniateurs, même en citant l'histoire et en la commentant avec le plus de ménc^ement possible ! . . . Pourtant ce sont des gens qui aiment à faire résonner les mots de LUjertéy Egalité, Fraternité f . . . Il faut être farceurs, pour soutenir une thèse au<asi grossière et du plus haut comique ! . . .
Ai-je cité de fausses autorités, de faux documents, et mes détracteurs peuvent-ils s'inscrire en faux :
lo. Contre l'histoire contemporaine de 1837, qui a condamné la rél)elli(m ?
2o. Contre les journaux canadiens-français du pays et des Etats-Unis, qui ont condamné la rébellion ?
So, Contre les mandements des Evêques. qui ont condamné la rébellion ^
4o. Contre les proclamations de la magistrature, qui ont condamné la rél Million ?
5o. Contre les dépositions des rebelles, des insurgés, des combattants, qui ont condamné leur rébellion ?
6o. Contre les aveux, les protestations de ceux qui sont montés sur Téchafaud et qui ont condamné leur rébellion ^
7o. Contre la lettre publiée par le Curé Chartier, l'âme et le soutien de la révolte dans le comté des Deux-Montagnes, qui eondanme la rébellion dans les termes les plus énergiques ?
8o. Contre l'ouvrage historique de l'Abbé Paquin?
9o. Contre la déclamtion de Paul Boileau, innurgé, combattant à Saint-Eustache, le 14 de décembre 1837, et condamnant la rél>ellion ?
lOo. Contre celle de Lue Girooaid» insorgé de Saini-Eustache ?
llo. Contre Joseph ceUe de Paieinent^ Ecr., juge de Faix, insurgé de Saint-Eustache ?
]r2o. Contre celle de A. Poirier dit Desloges, insurgé, combattant à Saint-Eustache ?
lâo. Contre celle de L. Langlois dit Traversey, inawiyé, combattant à Saint-Eustache ?
14o. Contre celle de F. Cabana, vnswrgé^ combattant à Saint-Eustache ?
15o. Contre celle de B. Langlois dit Traversey, insurgé, combattant à Saint-Eustache ?
16o. Contre celle de J.-Bte Bélanger, chef insurgé, combattant à Saint-Eustache ?
l7o. Contre celle de F. Binette, insurgé, combattant à Saint-Eustache ?
18o. Contre celle du Révd. Messire Guy on, curé actuel de Saint-Eustache ?
19o. Contre MM. Scott et Fêlé, chefs de Saint- Eustache, qui ont condamné la prise des armes ?
20o. Contre les lettres de J. C. Taché, Elcr., historien, chevalier de la Légion d'Honneur, appuyant et approuvant la publication de mon livre \
21o. Contre celle de M. TAbbé Tassé, appi-ou vaut et appuyant mon livre ?
22o. Contre celle du Révd. Messire Théberge, appuyant et approuvant mon livre ?
28o. Contre celle de M. TAbbé Verreau, grand et savant historien, appuyant et approuvant mon livre/
24o. Contre celle de Joseph de Bellefeuille Ecr., appuyant et approuvant mon livre ?
25o. Contre d'autres nombreuses lettres d'hommes très hauts placés dans l'Eglise et dans TÉtixt que je n'ai pas publiées, qui ont approuvé mon livre ?
26o. Contre celle du Révérend Messire Nantel, supérieur du collège de Sainte-Thérèse, appuyant et approuvant mon livre ?
27o. Contre celle de F. X. Valade, Ecr., ancien Inspecteur d*Écoles appuyant et approuvant mon livre ?
28o. Contre le chef 0*Callagnan, Taide de camp, le bras droit de M. Papineau et qui parle en même temps au nom de ce dernier, dans une lettre qu'il écrivait, en 1852, à Thistorien Gameau, et où il dit : " Si vous êtes pour blâmer le mouvement, blâmez alors ceux qui l'ont comploté et contrôlé, et qui doivent en être tenus responsables, dans l'histoire. "
Contre les journaux canadiens et anglais, qui ont appuyé mon livre et condamné la rébellion ?
Alors, pourquoi donc me faire à moi un crime d'avoir dit la vérité, en citant tous ces documents authentiques ? Et pourquoi les assassins de la mémoire de mon père, au lieu de m'assaillir comme des forbans, n'attaquent-ils pas l'histoire et tous ceux qui m'appuient et m'approuvent ?
Parcequ'ils n'osent point, parcequ'ils veulent donner le change à la minorité avec laquelle ils marchent en politique ; et parcequ'ils veulent l'établissement, en ce pays, d'une république que le clergé et la très grande majorité du pays repoussent de toute leur force.
Les nombreux soldats, les glorieux amis que le distingué M. David vient de lancer contre moi s'attendent-ils à atténuer ma victoire ? Croient-ils, ces Messieure. parce (|ue leui's parents ont pris part à la rébellion, de gré ou de force, et parce (|ue quelques-uns d'entre eux en ont été les victimes qu'ils vont faire approuver -ce que le clergé et la majorité du pays ont condanmé ? Croient-ils que ceux qui voulaient s'américaniser, qui voulaient une république et perdre l'autonomie de la province de Québec, qui voulait rester française de cœur et de race, ont montré plus de sagesse et de patriotisme que ceux qui s'opposèrent à ce funeste complot ?
-Les véritables patriotes ne sont-iis pas ceux qui
sont toujours restée dans la périmètre sage de légalité, qui voulaient eux aussi des réformes, des réformes justes et non le suicide de notre nati( nalité ?
Messieurs mes adversaires, je veux respecter mémoire de vos pères, je veux déplorer la mort de ceux qui sont tombés sur un champ de bataille, durant une guerre civile aussi mal organisée que^ mal inspirée ! Mais vous me permettrez bien de^ vous demander: qui l'a fomentée cette honteuse» guerre civile ? Ce sont vos pères ou leurs chefs» n'est-ce pas ?
Et après cela, vous avez le courage de venir m*atta(|uer, m'insultor parce que mon père n a p»is voulu iiiarcluîr avec eux, et parcequ'il a fait son devoir /
Vous êtes anTi(»xionnistes, républicains, libéraux et YifnkreK Sovez-le, si le c(eur vous en dit.
Quant à moi, je suis royaliste, ami de l'ordre, de l'autorité religieuse et civile, en tin je suis opposé à vos fins constantes et cachées!. . Alors (jue peuvent me faire votre inî écarlate, vos petits coups d'épingle, vos menées sourdes et artiticieuses, pour faire approuver ce (jui est condamné et pour faire réussir des aspirations qui n'ont cours que dans votrt^ atmosphère politique !
Mais enfin, croyez vous bonnement, vous Messieurs, qui acclamez le régime répuWieain, que vos grossières tirades auront l'effet de m'émouvoir et qu'à l'aide de vos écrits de* haut ton, vous allez giîser toutes les têtes, vous allez gagner un brevet de gentilhommerie et que vous ferez oublier que mon livre a été appuyé et approuvé par les plus grandes autorités religieuses et laïques du pays ?
Parlez tant que vous voudrez de mes titres, de mes qualités de gentilhomme, de mon aristocratie, du Plateau des Chênes dont la porte et le cœur
sont ouverts à tous ceux qui se respectent. Méprisez, au figuré s'entend, si vous le voulez, ma naissance, ma famille ; mais elle est quelque chose cette famille et vous n'y trouverez pas des bassesses, des idées malsaines, des principes faisandés et c'est ailleurs qu'il vous faudra fouiller ! . . .
Je comprends que les révolutionnaires, qui sont tous les mêmes, qui soupirent sans cease après l'annexion aux Etats-Unis, qui anticipent toujours un bouleversement général, doivent condamner, sans doute, et avec ddpit et ragç l'attitude ferme et loyale de ceux qui voulaient maintenir la paix, qui voulaient protéger leurs compatriotes outragés comme leurs sentiments nationrux et religieux, et qui enfin ne voulaient point devenir les esclaves, les victimes des Yankees / . . .
Conséquemment, les injures de ces républicains avancés, que la colère aveugle, ne peuvent m'atteindre ! . . . L#eurs éclal)oussures, la Ijoue qu'ils semblent pétrir avec tant de plaisir ; en un motce tout limoneux (ju'ils paraissent sécréter avec tant de satisfaction, quoique je ne puisvse y croire, ne peut rejaillir que sur la face de ces hommes immenses, qui s'oublient, qui ne comptent point parmi la majorité du pays, que je prends en gi*ande pitié et auxquels je vais faife la révérence, cette fois, pour tout de bon.
Enfin, M. Lusignan doit être assuré que je* ne m'occuperai plus d'une meute enragée dont il fait si noblement partie, que certains veneurs émérites ont eu la >)ravoure de lancer sur mes talons, et que le grand maître David encourage de toute sa vaillante ardeur. Je comprends que j'ai eu tort de répondre à tous ces Messieurs, qui me chantent noise et sottises, mais je ne retomberai plus dans un tel écart, dans un tel oubli de moi-même.
Obligé de répondre à M. David, qui m'a causé
asse2 de troublci aasez de désagréments et qui afini par prendre la fuite, je ne me donnerai pins la peine de répondre au ramassis d'injures et de lieux communs que SCS soldats de nouvelle et glorieuse fabri' que s'empressent de m'adresser à tour de rôle. Si encore ils apportaient un appoint de bonne raison, si on citait des documents historiques pour me combattre. Mais rien: des insultes, du haut fai^ sandé, et puis dix adversaires, pour frapper sur un seul homme I . . . Que c'est beau, que c'est grand, que
c'est noble ! Allez-y, Messieurs, auétez encore
une levée de nouveaux soldats, bonaisse2. hurlez tous ensemble sous le fouet du maître qui vous commande, et vous aurez hieri mérité du parti écarlate et de la Société David -Cyprien.