L'ETENDARD
** L'Etendard est entré dans une grande colère,
parce que nous avons reprodnit l'enthousiaste apologie qu'il a faite des révolutionnaires de 37 et 38, qu'il appelait coniplaisaniment "de grands patrio- " tes, des héros, des inartvrs oui s'étaient sacritié» '■ pour le rai^iiit de nos um-iies politi^m-s." et que niiUM i'en avriii^ IiltiiLié. Il nous traite de '' cal*>ni- " ni&teur, de journal qui jette tja venki, d'tagàtxB *' torr, orangiste, etc., etc.
"Toute cette colère, toutes œsînjnres ne prouTÔnt qu'une dioee, c'est c|tie le rédacteur de l'Ètmdard n'a pas de boBoes raiscmB et qn'il n'est pas poli.
"Hais le curieux de la chose, c'est. lazeuae qall donne pour son immomle apologie. Pour se disculper, il n'a rien trouvé de mieux à nous dire, si ce u'est que l'article incriminé ne faisait pas partie de son éditorial, et qu'il a été publié dans les colonnes de son journal, destinées aux nouvelles."
Le 27 de février dernier, 1889, le journal Le Monde publiait ce qui suit :
'■ Montréal, 27 février 1889.
" Le CZwi NatioTud de Montréal prépare pour samedi prochain une séance extraordinaire et éclatante pour chanter les patriotes de la révolte de
" On ferait mieux, à cette occasion, de relire aux jeunes gens qui forment partie de cette association. les paroles pleines de bon sens et de vérité de Monseigneur Lartigue publiées à cette époque contre la révolte et en faveur du respect et de la soumissim. que l'on doit au pouvoir établi."
LILXXXIII
CONCLUSION
Eniin, je terminerai cet appendice déjà trop long, en pK)sant la question suivante aux hommes éclairés, désintéressés et honnêtes.
Celui qui ne fait que reproduire Thistoire, que citer des documents authentiques, afin de se défendre contre des agressions outrageantes et déplacées, est-il plus coupable que les historiens, que ceux qui les ont publiés et consignés dans les annales du pays?
Non, car tout ce qui est tombé dans le domaine de rhistoire appartient à l'histoire dont les renseignements sont là, pour instruire, pour renseigner, pour faire connaître la vérité. Et celui qui s'écarte de cette maxime, de cette loi fondamentale, pour cacher des fautes qui l'atteignent, ne sera jamais un écrivain de quelque valeur, encore moins. un hist#rien, mais un faiseur d'histoires ! . . . .
Quant à moi j'ai raconté et reproduit l'histoire vraie avec tous les ménagements possibles, et cependant l'on m'en fait un crime ; mais pour répondre plus victorieusement encore à cçtte question, je citerai les autorités suivantes qui émanent de la plume d'hommes aussi savants que consciencieux :
" Comme historien, nous devons à nos lecteurs la vérité toute entièi-e, siuis praidre en considération Igs réputations qu'elle puisse blesser."
" Le fondeuit-nt rio l'hint^irp est la x'érité, et ce n'est pas la rapporter tidèleuitnt que d'en supprimer une partie .... C'est une espèce de mensonge que de ne dire la vérité qu'à demi."
ifl^hissons anssi. ,sur les paroles qui vont suivre. qui ont été pnmoaeééH pur on grand érAqoe, «a sujet d'un historien :
" Si cet historien censure vivement les hommes ou les choses dont il parle, c'est la faute des coupables, et non de l'historien ; il serait lui-même répréhensible, s'il dissimulât les mauvaises actions qui peuvent rendre les autres plus satires, et les détourner d'en commettre de pareilles "
Cependant que de choses, que de faits et que de récits authentiqués n'ai-je pas cachés et même supprimés, a6n de ne pas blesser les sentimenta de plusieurs ? '
Mais ce qu'il y a de plus étonnant, c'est qu'aj»^ tout cela, l'on veuille même faire approuver, aujourd'hui, des événements que l'on n'a pas connus, qji out été condamnés par des historiens contemporains
d'une époque fort reculée ; et que Ton veuille absolument s'insurger contre des auteurs, contre des érainences ecclésiastiques et civiles qui ont écrit la vérité et des faits qui se sont passés dans leur temps et sous leurs yeux ! . . . .
Avant de terminer, il me semble que j ai bien le droit de dire avec un grand historien : Uve grande erreur ceat de vouloir juger le passé avec les idées du présent. Spécialement avec Tesprit désordonné de parti ou avec ces doctrines trop avancées de libéralisme et de radicalisme, qui finissent toujours par troubler la raison, le jugement et le patriotisme des plus clairvoyants comme des plus sages.