LE MONDE
" Montréal, 27 février 1889.
" Le Club National de Montréal prépare pour samedi prochain une séance extraordinaire et éclatante pour chanter les patriotes de la révolte de
" On ferait mieux, à cette occasion, de relire aux jeunes gens qui forment partie de cette association, les paroles pleines de bon sens et de vérité de Monseigneur Lartigue -publiées à cette époque contre la révolte et en faveur du respect et de la soumission, que l'on 'doit au pouvoir établi."
LXXXXIII
CONCLUSION
Enfin, je terminerai cet appendice déjà trop long, en posant la question suivante aux hommes éclairés, désintéressés et honnêtes.
Celui qui ne fait que reproduire l'histoire, que citer des documents authentiques, afin de se défendre contre des agressions outrageantes et déplacées, est-il plus coupable que les historiens, que ceux qui les ont publiés et consignés dans les annales du pays ?
Non, car tout ce qui est tombé dans le domaine de l'histoire appartient à l'histoire dont les renseignements sont là, pour instruire, pour renseigner, pour faire connaître la vérité. Et celui qui s'écarte de cette maxime, de cette loi fondamentale, pour cacher des fautes qui l'atteignent, ne sera jamais un écrivain de quelque valeur, encore moins un historien, mais un faiseur d'histoires ! . . . .
Quanta moi j'ai raconté et reproduit l'histoire vraie avec tous les ménagements possibles, et cependant l'on m'en fait un crime ; mais pour répondre plus victorieusement encore à cette question, je citerai les autorités suivantes qui émanent de la plume d'hommes aussi savants que consciencieux :
" Comme historien, nous devons à nos lecteurs la vérité toute entière, sans prendre en considération les réputations qu'elle puisse blesser."
" Le fondement de l'histoire est la vérité, et ce n'est pas la rapporter fidèlement que d'en supprimer une partie .... C'est une espèce de mensonge que de ne dire la vérité qu'à demi."
Réfléchissons aussi, sur les paroles qui vont suivre, qui ont été prononcées par un grand évêque, au sujet d'un historien :
" Si cet historien censure vivement les hommes ou les choses dont il parle, c'est la faute des coupables, et non de l'historien ; il serait lui-même répréhensible, s'il dissimulait les mauvaises actions qui peuvent rendre les autres plus sages, et les détourner d'en commettre de pareilles "
Cependant que de choses, que de faits et que de récits authentiqués n'ai -je pas cachés et même supprimés, afin de ne pas blesser les sentiments do
plusieurs ?
Mais ce qu'il y a de plus étonnant, c'est qu'après tout cela, l'on veuille même faire approuver, aujourd'hui, des événements que l'on n'a pas connus, qui OTÉt été condamnés par des historiens contemporains
d'une époque fort reculée ; et que l'on veuille absolument s'insurger contre des auteurs, contre des éminences ecclésiastiques et civiles qui ont écrit la vérité et des faits qui se sont passés dans leur temps et sous leurs yeux ! . . . .
Avant de terminer, il me semble que j'ai bien le droit de dire avec un grand historien : Une grande erreur c'est de voidoir juger le passé avec les idées du présent. Spécialement avec l'esprit désordonné de parti ou avec ces doctrines trop avancées de libéralisme et de radicalisme, qui finissent toujours par troubler la raison, le jugement et le patriotisme des plus clairvoyants comme des plus sages.