DÉCLARATION DE WM. GREER
I, the undersigned, déclare that in 1837, I took part in the company of Captain Maximilien Globensky as one of his volunteers ; company that was formed and recruited among the respectable and easy class of our cultivators.
This detachment of volunteers of which the majority was composed of French Canadians, had been formed so as to protect themselves against the persécutions and humiliations that the Rebels exercised towards the Loyal Subjects.
As the partisans of the revolters of 1837 attacked Mr.
C. A. M. Globensky in speaking of the troubles of that epoch and in reproaching the part his father took, in putting himself at the head of a company in which I was myself, I must through respect for the truth and at the memory of my commander, show the puplic the attitude of our Captain and that of our volunteers during and after the battle of St. Eustache.
I will not relate again ail the enumerated facts mentioned in the déclarations of Captain Choquet and Mr.
D. McXaughton, for I would uselessly repeat that which they hâve already spoken of.
I only wish to protest against those who unjustly at-
tacked the memory of Captain Globensky and of his volunteers. I do not fear to say that amongst the companies that marched with the royal troops, ours particularly distinguished itself by its modération, by its haste to protect the revolters against the English soldiers that wanted to revenge the death of Lieutenant Weir ; and also against certain companies of volunteers that wanted to make use of reprisais and revenge themselves against the rebels, because they had violated the right of the property and because they had persecuted the loyals when thèse were at their mercy or in their power.
I also affirm that it is false to say that Dr Chenier's heart was carried in triumph at the top of the bayonets in the streets of St. Eustache and that his body was profaned and mutilated. I can contradict this false rumour, for our Company did not stir from the village and it was the only one that did not march towards St. Benoit, having remained in the village St. Eustache to maintain peace and protect the prisoners. Moreover, I must add that it was I who after the battle found Dr Chenier's body lying in the cemetery and at the place mentioned in François Cabana's déclaration, and immedùitely I made it known to the officers of the army ; also that his remains were carried in Addison's Hôtel where they were exposed with deceney and kept with respect.
Yes, before terminating my déclaration I repeat it, it was wrong, yes very wrong, to attack captain Globensky's memory, concerning the troubles of 1837 and this for many reasons.
r' Because circumstances obliged this old military to act so.
2" Because if this officer had not been at the head of our Company to contain and prevent it to use of reprisais towards the rebels, we would hâve today to déplore many misfortunes and loss of lives.
3° Because captain Globensky always protected the revolters and to proove this assertion, I will hasten to support and corroborate ail that which has been said in Mr Inglis's déclaration, concerning the imprisonment of Mr M. Seers, and the positive recommandation made by captain Globensky, which was not to use arms, and I know perfectly this fact, for I was the one that went with M. Inglis to exécute the order to make M. Seers a prisonner.
Another fact of protection towards the patriots by Captain Globensky of which I was a witness is the following : Several volunteers having expressed the désire to atiack a group of rebels, Captain Globensky opposed himself energically to it saying, that he forbade his Company to ki.l thèse unfortunate ; but captain B. who was incorporated with the volunteers rebelled himself and appealed to those who sympathised with him and for a moment some of the volunteers left the ranks to fight the rebels. They fired on them at the great discontent of our captain, but he was happy to verify that this badly directed discharge had not reached any of the rebels who as soon took flight and disap- I^eared.
4^ Because the open and spontaneous sympathy of Captain Globensky for the revolted French-canadians^ in wishing to protect them, at my kiiowledge, raised the displeasure of several volonteers who even said that their commander was himself a real rebel. But, I, hke rnany others later on, recognized that Captain Globensky had been unjustlyjudged ; he sawthathts fellow-country-men were driven to the rébellion and that they could only be murdered, and although a sincère Loyal he desired to protect them.
I am proud to say that before, during and after 1837^ I was much esteemed by this gentleman who has ahvays been considered by every one for his affability, his noble and gênerons feelings,
William Gréer.
St-Eustache, 26th day of december 1877.
La déclaration qui va suivre est celle d'un cultivateur très à l'aise qui en outre fait un commerce conside'rable sur les produits, sur les animaux ; et c'tst un homme respectable et jouissant de la plus belle réputation.
DÉCLARATION DE GUILLAUME BRAVER r>IT ST. PIERRE.
Je, soussigné, déclare que, en 1837, j'étais incorporé dans la compagnie des volontaires du capitaine Globensky } compagnie qui a été formée spécialement parmi les Canadiens-français de notre paroisse, afin de nous
protéger et de protéger la population paisible et loyale de l'endroit contre les persécutions et les insultes inqualifiables des révoltés ou des insurgés, qui formaient à cette date le camp de la rébellion de St-Eustache.
Je déclare avec orgueil que notre compagnie, au lieu de faire du mal à ceux qui nous avaient fait endurer maintes avanies et persécutions parce que nous ne voulions pas nous rebeller, ne leur a fait en retour que du bien, et cela, en les protégeant durant et après la la bataille du 14 décembre 1837.
De plus, j'affirme que, au meilleur de ma connaissance, pas un seul coup de fusil n'a été tiré par notre compagnie durant la bataille du 14 décembre 1837 ; car l'on aurait outrepassé les ordres de notre commandant.
Je déclare en sus, avec messieurs McGillis, Proulx, ïnglis, Sauvé et autres, que le récit fait par un nommé Félix Payriard dit Bourguignon, et publié dans le journal LOpinian Publique du 14 de février 1878, est un récit absurde et mensonger auquel nulle personne sensée ne doit ajouter foi ou attacher de l'importance.
Ayant été de garde, durant une nuit, devant le corps ou les dépouilles du Dr Cbénier, je dois en savoir quelque chose et je dis que Félix Payriard dit Bourguignon rruent effrontément lorsqu'il dit que " Le Dr Chénier aurait combattu les troupes anglaises à sa sortie de l'église et qu'après avoir été blessé mortellement, son corps aurait été mutilé, et qu'enfin, son cœur aurait été arraché de sa poitrine et promené au bout des baïonnettes des soldats,"
Il faut être bien menteur ou plutôt bien innocent pour fabriquer ou répéter de tels mensonges ; car la troupe royale comme les volontaires ainsi que les insurgés savent qu'aussitôt que le Dr. Chénier eut laissé l'église, ce fut non pour combattre mais pour se sauver et s'aller cacher, dans le cimetière où il fut immédiatement tué par un seul coup de feu.
J'ai vu, et plusieurs fois, le corps du Dr. Chénier lorsqu'il était exposé sur le comptoir de l'hôtel Addison, et je corrobore absolument tout ce qui a été dit dans la déclaration donnée le 27 de décembre dernier {1879) par mon compagnon d'armes, M. Basile Sauvé dit Laplante, par laquelle il réfute ce que le notoire Félix Payriard dit Bourguignon a malicieusement ou innocemment rapporté ou inventé, à propos de la mutilation des dépouilles du Dr. Chénier.
Comme sentinelle auprès des restes du Dr. Chénier qui étaient décemment exposés, je n'ai aucune hésitation à dire que personne n'a pensé à les insulter ou à les faire insulter. D'ailleurs, personne d'entre nous n'eût voulu tolérer une telle infamie ou profanation.
J'ajouterai et sans vouloir me décerner des louanges que comme sentinelle et aide dans l'hôtel Addison, hôtel qui était converti en infirmerie ou hôpital, j'ai rendu de grands services aux insurgés blessés, en allégeant autant que possible leurs blessures et leurs souffrances.
J'affirme aussi que les insurgés qui furent faits prisonniers le furent presque tous le jour même de la bataille, et qu'ils passèrent dans le village avant que le corps du
Dr. Chénier fût transporté à l'hôtel Addison, vu que ce corps ne fut trouvé dans le cimetière que dans la soirée, c'est-à-dire lorsqu'il faisait noir et vers les six heures.
J'affirme aussi que les insurgés qui furent faits prisonniers ne s'arrêtèrent point dans le village et qu'ils furent aussitôt incarcérés. Et j'affirme de plus que aucun insurgé, après la bataille, n'eût voulu commettre la folie de venir au village, car il eut été arrêté à Tinstant ; conséquemment, ce pauvre Payriard brode et ment follement, lorsqu'il fait interpeller les révoltés par les soldats ou par les volontaires.
I. Je dis enfin qu'il faut être bien injuste et ne pas être honnête homme pour accuser le capitaine Globensky et sa compagnie d'avoir pris part aux événements de 1837 : car si ceux qui accusent aujourd'hui eussent été à notre place ils eussent non-seulement pris les armes pour se défendre,mais ils eussent usé de représailles en combattant et en exerçant des vengances contre les insurgés qui, quelque temps auparavant, nous avaient odieusement maltraités et persécutés.
Voilà ce que ces accusateurs gratuits et injustes eussent sans doute fait, tandis qu'il est prouvé que sans l'intervention de notre commandant et la soumission de ses volontaires à exécuter ses ordres, le jour néfaste du 14 de décembre 1837 eût eu à enregistrer ou à compter un bien plus grand nombre de malheurs, un bien plus grand nombre de victimes ; enfin, tout le village eût été livré au pillage et réduit en cendres.
En foi de quoi j'ai signé la présente déclaration, en fesant ma marque, en présence de M. le Dr V. Perrault et de M. William Henry Scott, ce vingt-neuvième jour du mois de janvier mil huit cent quatre-vingt
sa Guillaume X Braver dit St, Pierre.
marque
Dr. V. Perrault, ) ^ ,
W. H. Scott. ^ t^"^°'"^-
l ter
La déclaration suivante a été donnée par M. Néré Choquette, fils du brave capitaine Choquette, l'un des déclarants dans cet ouvrage. Je dis brave, parce que sa bravoure était proverbiale dans St. Eustache, et que personne ne l'a jamais fait reculer d'une semelle. Cette famille des Choquette est une des premières familles de St. Eustache. Elle est alliée à la famille des Masson, de St. Benoît, et la mère du Dr Luc Masson et de M, Damien Masson était la sœur du capt. Choquette. Cependant, ces alliés ou ces parents qui s'aimaient beaucoup, nourrissaient une politique bien différente en 1837. Les deux MM. Masson figuraient au premier rang parmi les révoltés, tandis que les Choquette figuraient au premier rang parmi les loyaux et les volontaires.
M. Néré Choquette est donc le cousin germain des MM. Masson, et du docteur Luc qui fut exilé aux Bermudes.
Ce déclarant est un homme distingué. Il est à la tête du riche patrimoine que son père lui a légué, et il jouit >de la réputation d'un véritable gentilhomme.
DÉCLARATION DE M. NÉRÉ CROQUETTE.
Je, soussigné, fils du capitaine Basile Choquette qui a pris une part active aux événements de 1837, déclare que, à cette époque, j'étais comme mon père un loyal sujet de Sa Majesté et qu'à cette date comme aujourd'hui, j'ai toujours condamné le soulèvement comme la rébellion d'un petit nombre des habitants de notre paroisse contre les autorités gouvernementales ; car les reproches vrais ou supposés que les fauteurs de la révolte reprochaient au gouvernement de cette époque, devaient être combattus, selon moi, non par la force des armes, mais par des moyens légaux et constitutionnels.
Le 14 de décembre 1837, je faisais mouvoir un moulin à farine sis au sud de la Petite Rivière du Chêne et où j'eus maille à partir avec les rebelles ou les insurgés, parce que mon père et moi nous étions loyaux et opposés à la violence ou à la prise des armes.
Après la bataille du 14 de décembre 1837, nous avions encore de fortes appréhensions sur un nouveau soulèvement qui était fomenté dans le pays et préparé par les rebelles réfugiés aux Etats-Unis. Nous savions que quelques chefs réfugiés dans la républiciue qui nous avoisine, sollicitaient fortement les Américains de leur .aider à envahir le Canada et qu'en récompense notre
pays serait annexé à leur république. Craignant une telle conspiration, et comme la très grande majorité de St. Eustache était opposée à cet envahissement comme à l'annexion où à l'indépendance du Canada avec les Etats-Unis, il fut décidé que, pour aider à faire échouer un tel complot, nous devions former un corps de cavalerie et prendre les armes. Aussi, ce cor|)S de cavalerie fut immédiatement organisé, et M. W. Leclerc, domicilié au village de St. Eustache, en fut constitué le ca|.itaine.
Ce corps de cavalerie, dans lequel j'étais sergent, était composé presqu'entièrement de Canadien-Français recrutés dans la paroisse de St. E^ustache. Il fut incorporé par les autorités militaires et mis sous la surveillance du Capitaine Maxim ilien Globensky, qui, dans le même temps, avait la garde du village avec sa compagnie de volontaires et un petit détachement de la troupe royale.
Ce corps de cavakrie, soutenu et payé par le gouvernement ou les autorités militaires, stationnait au village St. Eustache et ne fut remercié ou licencié avec les volontaires du Capitaine Globensky que après onze mois de devoir et de service, c'est-à-dire lorsque les tentatives de soulèvement en ce pays et l'envahissement du côté des Américains et qui arrivèrent en i'838, furent complètement étouffés.
A l'instar de tous les loyaux et de tous les insurgés qui ont donné des déclarations sur 1837, je certifie comme eux que le Capitaine Globensky avec sa compagnie, au lieu d'user de représailles et de sévérité envers les rebelles, ne leur a rendu au contraire que de très
grands services, spécialement après la bataille ou les jours qui la suivirent, vu que j'en ai été le témoin oculaire.
Avant de terminer cette déclaration, je dois dire avec plusieurs autres déclarants, comme Messieurs McGillis, Proulx, Inglis, Sauvé et autres, que celui qui raconte malicieusement ou follement que le corps et le cœur du docteur Chénier auraient été mutilés et profanés, profère un mensonge ignoble ; car j'ai vu le corps du Dr Chénier qui était exposé décemment dans l'hôtel Addisson, et le récit fait par un nommé Félix Payriard dit Bourguignon sur la mutilation et la profanation des dépouilles par les troupes ou les volontaires, est un récit fantastique et imaginaire que personne ne doit croire.
De plus, je dois ajouter que mon père qui a assisté à la bataille du 14 de décembre 1837, m'a formellement dit ainsi qu'à un grand nombre de personnes, et cela en plusieurs occasions, que le docteur Chénier n'a jamais combattu les troupes après être sorti de l'église, et qu'il a été tué par un seul coup de feu lorsqu'il eut sauté dans le cimetière de St. Eustache d'où il essayait à se sauver.
En foi de quoi j'ai signé la présente déclaration, ce
vingt-huitième jour du mois de janvier, mil huit cent
quatre-vingt.
(Signé) NÉRÉ Choquette.
Si je le voulais, je pourrais faire un volume avec les déclarations des loyalistes de St-Eustache, qui vivent
encore et qui témoigneraient hautement en faveur de mon père ; mais ce serait un travail superflu, fostidieuxt et je ne veux citer entre autres déclarations que la suivante, vu qu'elle se rattache à un fait particulier qui en sus est prouvé par un autre déclarant, et qui montre ce qu'a été mon père en 1837.
M- Thomas Brunet, le premier déclarant, est possesseur d'un bel établissement agricole, et c'est un cultivateur aussi à l'aise que bien considéré dans St-Eustache. C'est en outre un homme d'un jugement rare et il est renommé par son esprit vif et naturel comme pour ses reparties promptes et fines. Voici sa déciaration :