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fection de tout le monde, par leur patience et leur facilité à écouter les demandes et les raisons de tous ceux qui vinrent s'adresser à eux. Une annonce fut faite pour avertir les habitans de remettre leurs armes, en leur promettant que ces armes leur seraient rendues, sitôt que la paix et la tranquillité seraient rétablies et que la crise présente serait passée. Aussitôt après cette annonce, les armes furent apportées en grand nombre. On demanda aussi le serment de fidélité et tout le monde, sans exception, s'empressa de le prêter entre les mains de M. Eugène Globensky, magistrat et juge de paix de St-Eustache.
M. Grififin et M. Ormsby, pendant leur séjour à la Rivière du Chêne, reçurent plusieurs fois des marques de l'estime qu'on leur portait. Ils en partirent vers le milieu du mois de février dernier. Les citoyens du village ayant appris la nouvelle de leur départ, firent aussitôt signer des adresses pour leur témoigner le regret qu'ils avaient de les voir obligés de quitter St-Eustache, les féliciter de l'exactitude avec laquelle ils avaient rempli leur devoir, et pour les remercier des services importants qu'ils avaient rendus à la paroisse. Beaucoup d'effets pris et enlevés pendant les désordres qui avaient eu lieu, furent rendus aux véritables propriétaires par les ordres et les soins de M. le lient. Griffin. Il est vrai qu'il en est resté encore beaucoup entre des mains étrangères, mais c'est parce que les pillards prirent des mesures pour les soustraire aux recherches qui en furent faites. M. Griffin se rendit jusqu'à St-Benoît, Ste-Scholastique et St-Jérôme pour y rendre les mêmes services qu'à St-Eustache, et mérita partout les mêmes éloges. Lorsque ces deux officiers quittèrent St-Eustache, la tranquillité y était parfaitement rétablie.
Nous ne devons pas oublier ici de parler de M. Chs. L. Dumont, seigneur et juge de paix, ainsi que de M. Eugène Globensky, aussi magistrat et juge de paix de la Rivière du Chêne. Ces deux messieurs contribuèrent à rétablir l'ordre et la tranquillité, et méritent certainement des éloges pour tous les services qu'ils ont rendus à leurs
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compatriotes dans cette occasion. M. Leclère, magistrat de Montréal, doit aussi avoir sa part de la gratitude des habitans de St-Eustache.
On a souvent prétendu que la majorité des habitans de la paroisse de St-Eustache avait toujours été loyale et attachée au gouvernement de Sa Majesté, c'est ce qui était marqué surtout dans une requête adressée à Son Excellence Sir John Colborne; c'est pourquoi avant de terminer ce petit journal, nous allons donner quelques certificats authentiques qui le prouvent bien clairement. Le premier vient de M. Griffin, lieutenant du 32e régiment, qui a résidé assez longtemps à la Rivière du Chêne, oix il a eu toutes sortes de renseignements, pour en parler avec connaissance de cause, dans les relations fréquentes qu'il a été obligé d'avoir avec les habitans. Nous produisons d'abord la lettre qu'il écrivit en réponse à M. Paquin à cette occasion, puis le certificat lui-même :
" Mon cher monsieur le curé,
" J'ai eu le plaisir de recevoir votre lettre du 16 cou- " rant, et je vous envoie ci-inclus le certificat de ce que " je me trouve autorisé de déclarer de la loyauté de vos " paroissiens.
" Je me souviendrai toujours avec beaucoup derecon- " naissance des marques d'amitié et de civilité que j'ai " reçues de mes amis de St-Eustache, pendant tout le " temps de mon séjour dans ce village, et particulière- " ment de leur adresse au moment de mon départ ; et " si mes devoirs me rappelaient jamais dans cette paroisse, " je serais bien heureux.
" Ayez la bonté de saluer tous mes amis de ma part et " croyez-moi,
" Mon cher curé,
" Votre ami,
" F. E. Griffin, " Lient. 32e Rég " Montréal, 17 février 1838."
" P. S. — J'ai écrit le certificat en anglais, si vous l'ai- *' mez mieux en français, écrivez-moi.
" After a résidence of nearly two months in the Village " of St-Eustache, during which time I had every oppor- " tunity of learning the political opinion and conduct of *' the people of the Village and Parish, it is my firm " opinion and belief that a large proportion of the " inhabitants (particularly those of the Village) hâve ever " been loyal ; and that the Village was taken possession <' of by the Rebels of St-Benoît, Ste-Scholastique andSt- «* Jérôme, and made the seat of their opérations, as much «' to punish the loyal inhabitants of it, as from other causes.
(Signed) " F. E. Griffin,
" Lient. 32d Regt.
" Montréal, lyth February 1838."
Le second certificat que nous avons à produire est de M. Mercier, curé de St. -Martin, du capitaine Bélanger, de deux Messieurs Parizeau de la même paroisse, très connus par leur loyauté. Il est conçu en ces termes : —
" Nous soussignés, certifions que nous avons vu un * grand nombre d'habitans de St-Eustache, au moins " trois cents cinquante à quatre cents, répandus dans " notre paroisse, fuyant la rébellion que les gens de St- " Jérôme, de St-Benoît, de Ste-Scholastique et quelques " rebelles de St-Eustache exerçaient dans le village de *' St-Eustache. Outre un certain nombre de citoyens de " cette pai-oisse retirés à Montréal, nous avons vu les " capitaines Eustache Cheval, Julien Choquet, Maxime " Globensky et Gabriel Lefebvre commandant des volon- " taires de leur paroisse et d'autre part.
(Signé) F. R. Mercier, ptre
" St-Martin, 18 mars 1838.
F. P. Parizeau, Louis Bélanger capt.
Joseph Parizeal.
Nous pourrions citer encore plusieurs autres certifi, cats sur la même matière, mais nous nous bornons à ceux-ci, parce que nous les croyons plus que suffisants, Nous ne nous permettrons aucune réflexion après des preuves aussi claires : il suffit de dire que la loyauté de la majorité des habitans de St-Eustache est suffisamment prouvée pour qu'on ne la révoque pas en doute. Néanmoins nous allons ajouter à ces preuves, en donnant le retour des capitaines de milice de St-Eustache.