‹ La rébellion de 1837 à Saint-eustacheChapitre 99 sur 102 · A LA MÉMOIRE DE NOS MARTYRS POLI- " TIQUES DE · texte numérisé non relu

A LA MÉMOIRE DE NOS MARTYRS POLI- " TIQUES DE

" La Société St-Jean-Baptiste de la Pointe St- Charles a fait un bel acte de patriotisme samedi matin.

" Elle a fait chanter un service funèbre pour l'aîné de ces grands patriotes qui montaient à l'échafaud le 21 décembre 1838 pour le rachat de nos libertés politi(|ues. Nous aurions aimé à voir, samedi matin, les bons Canadiens-français de nos campagnes et de nos villes, réunis dans leurs églises respectives afin de prier un instant pour ces braves, pour ces héros qui méritent bien i{ue l'on songe à eux de temps à autre.

" Cette idée patriotique d'offrir des prières pour l'âme de DeLorimier, Hindelang et leurs compagnons a germé chez une population ouvrière et elle témoigne de ses sentiments nationaux. Nous sommes heureux du bel exemple qu'elle a donné."

" Nous n'entendons pas blâmer ceux qui prient pour les morts, même lorsque leur vie n'a pas été

exemplaire ; mais s'il est bon de prier pour eux, il ne l'est pas d'en faire l'apologie ou l'apothéose. Nous ne pourrions donc croire, si nous ne le voyions écrit, qu'on se soit permis de dénaturer la vérité jusqu'à dire de ces révolutionnaires que ce sont : " de grands patriotes qui montaient à l'échafaud . . . " pour le rachat de nos libertés politiques."

" Tout le monde sait que ces faux patriotes n'ont pas racheté nos libertés, qu'ils n'ont même rien racheté du tout, et qu'ils n'ont fait que du mal à leur pays, qu'ils ont couvert de ruines, de désolations et de misères.

" Monseigneur Lartigue, qui était canadien, et qui avait pour le moins autant de patriotisme que le rédacteur de L'Etendard n'a pas qualifié les rebelles du titre de grands ^^oAriotes. Au contraire. Et cependant, personne ne lui niera, croyons-nou.s, le jugement et les grâces d'état requises, pour apprécier sainement les événements de cette époque, et leur caractère de moralité. - — —

L' Etendard, ayant répondu vertement, pour nier sa participation à l'article incriminé, le Trijiavien lui réplique non moins sévèrement ; mais, encore une fois, je le répète, je dégage ma responsabilité, et je ne reproduis le journal accusateur que pour démontrer que la presse conservatrice condamne le mouvement de 1887-38.

Je ne reproduirai qu'un çxtrait de la réplique du Trijiavien, ne voulant point faire part au lecteur des gros mots et des pavés que se sont lancés ces deux adversaires redoutables.

Voici un extrait de la réplique du Trifliivien, publié le 12 du même mois c'est-à-dire en janvier 1889:

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